Luc 14, 11
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »
Car quiconque s’élève… Nous retrouvons ailleurs (18, 14 ; Matth. 23, 12) ce même adage solennel. Il correspond
à un décret providentiel dont l'expérience prouve la fidèle exécution. Même le paganisme en avait entrevu la
vérité ; témoin ce mot si juste échappé à Ésope, un jour qu'on lui avait demandé quelle était l'occupation des
dieux : « Abaisser les superbes, relever les humbles ». Les Rabbins disent aussi : « Saint Benoît exalte celui
qui s’abaisse lui-même, et il rabaisse celui qui s’exalte ». Et les hommes, précisément parce qu'ils sont tous
orgueilleux, aiment comme Dieu à élever les humbles et à rabaisser les superbes.
Cependant celui qui se pousse lui-même aux honneurs, ne jouit pas d'une estime durable et universelle; tandis que les uns semblent l'honorer, les autres le déchirent, et souvent ceux qui affectent de le traiter avec plus de distinction.
Après avoir montré par ce fait si simple comment les orgueilleux étaient abaissés, et comment les humbles sont exaltés, il fait suivre cet exemple d'une leçon plus importante, et proclame cette maxime générale: «Car quiconque s'élèvera sera humilié, et quiconque s'humilie sera exalté», paroles qui doivent s'entendre de la règle suivie par la justice de Dieu et non de la conduite ordinaire des hommes, qui accordent souvent les honneurs à ceux qui les désirent, et qui laissent les humbles dans l'obscurité.
Prendre la dernière place dans les repas, est chose louable pour tous, mais vouloir s'en emparer avec obstination est une action digne de blâme, parce qu'elle trouble l'ordre et devient une cause de tumulte, et une contestation soulevée à ce sujet vous rend semblables à ceux qui se disputent la première place. Nous devons donc laisser au maître du festin, comme l'observe Notre-Seigneur, le soin de placer ses convives. C'est ainsi que nous nous supporterons mutuellement en toute patience et en toute charité, nous traitant les uns les autres avec déférence selon l'ordre, et fuyant toute vaine gloire et toute ostentation. Nous ne chercherons pas non plus à pratiquer une humilité affectée au prix de vives contestations, mais nous paraîtrons humbles surtout par la condescendance mutuelle et par la patience. Car l'amour de la contestation et de la dispute est un plus grand signe d'orgueil que de s'asseoir à la première place, quand on ne la prend que par obéissance.