Luc 12, 9

Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.

Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
Louis-Claude Fillion
Troisième leçon, vv. 8-12 : Gardez soigneusement la foi, même au milieu des persécutions. La transition est bien marquée par ces lignes d'un récent commentateur : « La profession de l'Évangile peut coûter cher aux disciples sans doute ; mais, s'ils y persévèrent, elle leur assure une récompense magnifique ». Quelle récompense en effet que de s'entendre proclamer chrétien fidèle par Jésus lui-même, devant toute les phalanges angéliques, c'est-à-dire au jugement général auquel les anges assisteront ! Toutefois, à la récompense est opposée un châtiment terrible, qui atteindra les lâches apostats. Une nuance délicate, propre à la rédaction de S. Luc, mérite d'être notée. Plus haut, Notre-Seigneur Jésus-Christ avait promis de reconnaître lui-même, en présence des anges, ceux qui l'auraient courageusement reconnu et confessé devant les hommes ; maintenant qu'il s'agit d'une condamnation épouvantable, il évite de se mettre personnellement en scène, et il dit d'une manière générale : sera renié. Voyez sur ces deux versets Matth. 10, 32, 33 et le commentaire.
Saint Jean Chrysostome
Il est encore d'autres manières de renier Jésus-Christ, que saint Paul énumère, lorsqu'il dit: «Ils font profession du connaître Dieu, mais ils le renoncent par leurs actions», ( Tt 1, 16) et encore: «Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et particulièrement de ceux de sa maison, il a renoncé à la foi, et il est pire qu'un infidèle», (1Co 2, 5).Puisqu'il y a plusieurs manières de renier Jésus-Christ, il est évident qu'il y a autant de manières de le confesser, et celui qui aura confessé le Sauveur de ces différentes manières, entendra cette voix si consolante de Jésus-Christ, rendant un glorieux témoignage à tous ceux qui l'auront confessé. Considérez ici la propriété des expressions, dans le texte grec, on lit: «Quiconque aura confessé en moi», ce qui veut dire que ce n'est point par les forces naturelles, mais à l'aide de la grâce de Dieu, qu'on peut confesser Jésus-Christ. Mais pour celui qui nie, il ne dit point: Celui qui aura nié en moi; mais: «Celui qui m'aura renié», car celui qui le nie est privé de la grâce; il ne laisse pas toutefois d'être coupable, parce qu'il est cause de cette privation de la grâce, et que c'est par sa propre faute qu'elle lui fait défaut.
Eusèbe de Césarée
Or, qu'y aura-t-il de plus glorieux que de voir le Fils unique, le Verbe de Dieu, rendant témoignage au jour du jugement, et donnant dans son amour une récompense sensible du témoignage qui lui a été rendu sur la terre, à l'âme qu'il aura jugée digne de cette récompense? Car il ne restera pas en dehors de cette âme, mais il lui rendra témoignage en habitant au milieu d'elle et en l'inondant de sa lumière. Après avoir fortifié ses Apôtres par la douce espérance d'aussi magnifiques promesses, il les affermit encore par des menaces non moins effrayantes: «Mais celui qui m'aura renié devant les hommes, sera renié devant les anges de Dieu».