Luc 11, 54

ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.

ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.
Louis-Claude Fillion
Ce résultat fut un redoublement de haine de la part des Pharisiens et des Scribes. S. Luc décrit à merveille, en un tableau plein de vie, les efforts qu'ils tentèrent sur-le-champ pour arracher à Jésus quelque paroles imprudente, qui leur permettrait de le citer devant les tribunaux juifs ou romains et d'accélérer sa perte. Dans le texte grec, tous les mots qui suivent sont d'une grande énergie. - A le presser : une pression vive et hostile, qui consista en toute sorte de questions insidieuses posées coup sur coup à Notre-Seigneur, de manière à l'obliger à parler sans préparation et à répondre de travers, s'il était possible.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Or, chaque fois qu'un docteur pratique ce qu'il enseigne, il allége le fardeau pour ses disciples, en se donnant lui-même pour exemple, mais quand il ne fait rien de ce qu'il enseigne, le fardeau leur paraît lourd et insupportable, puisque le docteur lui-même refuse de le porter.

En effet, lorsque plusieurs hommes se réunissent pour accabler un seul homme d'un grand nombre de questions de différente nature, il ne peut répondre à tous à la fois, et les insensés l'accusent d'hésitation ou d'ignorance. Tel était le piége qu'ils lui tendaient dans leur malice, mais ils cherchaient en outre à l'accabler, c'est-à-dire, à l'exciter à dire quelque chose qui leur donnât lieu de le condamner. «Lui tendant des pièges, et cherchant à surprendre quelque parole de sa bouche pour l'accuser». Après avoir dit qu'ils voulaient l'accabler, l'Évangéliste ajoute qu'ils voulaient surprendre ou arracher quelque parole de sa bouche. En effet, ils l'interrogeaient, tantôt sur la loi, pour l'accuser de blasphème contre Moïse; tantôt sur César, pour l'accuser d'être un conspirateur et un ennemi de la majesté de César.
Saint Bède le Vénérable
Ils méritaient bien de s'entendre reprocher qu'ils ne voulaient pas même toucher du bout du doigt le fardeau de la loi, c'est-à-dire qu'ils n'en observaient pas même les moindres prescriptions, puisque contrairement aux exemples de leurs pères, ils prétendaient observer et faire observer la loi sans la foi et la grâce de Jésus-Christ.

Qu'elle est misérable la conscience qui se croit offensée de la parole de Dieu qu'elle entend, et qui voit toujours sa condamnation dans les châtiments dont les méchants sont menacés !
Saint Grégoire le Grand
On donne encore une autre cause de la mort de Zacharie, lorsqu'eut lieu le massacre des innocents; Jean-Baptiste devait être mis à mort avec les enfants de son âge, mais Elisabeth s'enfuit dans le désert pour arracher son fils à une mort certaine, et alors les satellites d'Hérode ne trouvant ni Elisabeth ni l'enfant, tournèrent leur rage contre Zacharie, et le massacrèrent pendant qu'il remplissait dans le temple les fonctions de son ministère.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Le mot presser, insister veut dire faire des instances, ou menacer, ou faire violence. Ils se mirent aussi à l'interrompre en lui adressant une multitude de questions: «Et ils commencèrent à l'accabler d'une multitude de questions».
Saint Augustin
La clef de la science est encore l'humilité de Jésus-Christ, que les docteurs de la loi ne voulurent ni comprendre par eux-mêmes, ni laisser comprendre aux autres.

Saint Matthieu place ce discours de Notre-Seigneur lorsqu'il fut entré dans la ville de Jérusalem, tandis que d'après saint Luc, Notre-Seigneur se dirigeait alors vers Jérusalem. Je pense donc que Notre-Seigneur fit deux discours semblables, dont l'un a été rapporté par saint Matthieu, et l'autre par saint Luc.
Saint Jean Chrysostome
D'ailleurs s'il prédit aux Juifs des châtiments plus sévères, c'est en toute justice, car ils ont surpassé les crimes des autres peuples, et n'ont été convertis par aucun des exemples des siècles passés; mais la vue des crimes et des châtiments de leurs pères, loin de les rendre meilleurs, ne les a pas empêchés de se livrer aux mêmes crimes. Le Sauveur ne veut donc pas dire ici qu'ils seront châtiés pour les crimes des autres.
Saint Grégoire de Nysse
Nous en voyons ainsi beaucoup qui, juges sévères pour les pécheurs, et faibles athlètes pour les combats de la vertu; tout à la fois législateurs impitoyables, et observateurs négligents, ils refusent même de s'approcher de la vertu pour essayer de la pratiquer, tandis qu'ils l'exigent sans pitié de ceux qui leur sont soumis.
Saint Basile le Grand
Cette parole «Malheur»,qui annonce d'intolérables douleurs, s'applique bien à ceux qui devaient être bientôt livrés mi plus redoutable supplice.