Luc 10, 12
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Voyez Matth. 10, 15 et le commentaire. - Je vous le dis est solennel. - En ce jour là désigne le
jour formidable du jugement messianique. - Il y aura moins de rigueur pour Sodome… Sodome, en effet,
malgré ses vices épouvantables, n'aura pas abusé d'autant de grâces, n'ayant pas reçu d'aussi vives lumières
que les cités au milieu desquelles a retenti la prédication de l'Évangile.
Le royaume de Dieu approche pour le bonheur de ceux qui reçoivent les Apôtres, mais il approche aussi pour la perte de ceux qui les repoussent: « Sachez cependant que le royaume de Dieu est proche»; c'est comme l'avènement d'un roi qui vient pour punir les uns et récompenser les autres, c'est pourquoi il ajoute: « Je vous le dis, il y aura en ce jour moins de rigueur pour Sodome que pour cette ville ».
Et cependant les habitants de Sodome, bien qu'hospitaliers au milieu des désordres de la chair et de l'esprit, n'ont jamais reçu des hôtes comme étaient les Apôtres; car si Loth a conservé ses yeux et ses oreilles pures ( 2P 2,7 ), nous ne voyons pas cependant qu'il ait rien enseigné, ou qu'il ait fait quelque prodige.
En effet, les aliments qui soutiennent l'existence de l'ouvrier, sont une partie de son salaire, elle est pour le travail de la prédication un commencement de la récompense qui recevra toute sa perfection dans les cieux de la contemplation de la vérité. Remarquons que pour une seule et même oeuvre, nous recevons deux récompenses, l'une dans cette vie, qui est la voie; et l'autre dans la patrie, après la résurrection. Or, l'effet de la récompense que nous recevons ici-bas, doit être de nous faire tendre avec plus de force et de courage vers la récompense éternelle. Le vrai prédicateur ne doit donc pas prêcher dans l'intention d'obtenir ici-bas sa récompense, mais recevoir cette récompense comme soutien de sa prédication. Car celui qui annonce la parole sainte pour obtenir des louanges ou quelque avantage temporel, se prive par là même de la récompense éternelle.
L'évangile qui vient d'être lu nous invite à nous interroger sur la moisson dont le Seigneur a dit: La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson (Lc 10,2). Alors, aux douze disciples auxquels il avait donné le nom d'Apôtres, il en adjoignit soixante-douze autres. Puis il les envoya tous, comme ses paroles l'indiquent, à une moisson déjà préparée.
Quelle était donc cette moisson? Certainement pas la moisson des païens, puisque chez eux rien n'avait été semé. Il nous faut donc l'entendre du peuple juif. C'est pour cette moisson-là qu'est venu le maître de la moisson, et il y a envoyé ses moissonneurs. Quant aux païens, il leur a envoyé des semeurs, non des moissonneurs. Sachons donc que la moisson était faite chez les Juifs et les semailles chez les païens. Le Seigneur avait choisi ses Apôtres dans cette moisson, où le grain était mûr et prêt à être coupé, car les prophètes l'y avaient semé. Quel plaisir de parcourir du regard la terre que Dieu cultive! Quel délice de contempler ses dons et les ouvriers qui travaillent dans son champ!
Vous pouvez y observer deux moissons, l'une qui est en cours, l'autre, encore à faire; celle-ci chez les païens, celle-là chez les Juifs. Prouvons ce que nous venons de dire en nous appuyant simplement sur la divine Écriture, celle du maître de la moisson. Voici. Nous savons qu'il est dit dans le passage que nous venons d'entendre: La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Il est bien dans mon propos de vous montrer que la moisson a rapport aux peuples parmi lesquels les prophètes ont prêché. Ce sont eux en effet qui étaient les semeurs, afin que les Apôtres puissent être les moissonneurs. <> Pour germer et grandir, le blé avait dû être semé par les prophètes; arrivé à maturité, il attendait que les Apôtres viennent le moissonner. <> Le Seigneur n'a-t-il pas déclaré alors à ses disciples: Vous dites que l'été est encore loin. Levez les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson (Jn 4,35). Il a dit encore: D'autres ont pris de la peine, et vous, vous profitez de leurs travaux (Jn 4,38). Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et les prophètes ont pris de la peine. Ils ont peiné pour semer le grain. A son avènement, le Seigneur a trouvé la moisson mûre. Et il a envoyé les moissonneurs avec la faux de l'Évangile.
Les prédicateurs de l'Évangile ne saluent personne en chemin. Ils ne veulent rien faire d'autre qu'annoncer la Bonne Nouvelle par amour de leurs frères. Qu'ils entrent dans les maisons et qu'ils disent: Paix à cette maison (Lc 10,5). Ils ne se bornent pas à en parler, mais ils répandent la paix dont ils sont remplis. Ils proclament la paix et la possèdent. Celui qui est rempli de paix salue en disant: Paix à cette maison. S'il y a là un ami de la paix, la paix du messager ira reposer sur lui (Lc 10,6).
Quelle était donc cette moisson? Certainement pas la moisson des païens, puisque chez eux rien n'avait été semé. Il nous faut donc l'entendre du peuple juif. C'est pour cette moisson-là qu'est venu le maître de la moisson, et il y a envoyé ses moissonneurs. Quant aux païens, il leur a envoyé des semeurs, non des moissonneurs. Sachons donc que la moisson était faite chez les Juifs et les semailles chez les païens. Le Seigneur avait choisi ses Apôtres dans cette moisson, où le grain était mûr et prêt à être coupé, car les prophètes l'y avaient semé. Quel plaisir de parcourir du regard la terre que Dieu cultive! Quel délice de contempler ses dons et les ouvriers qui travaillent dans son champ!
Vous pouvez y observer deux moissons, l'une qui est en cours, l'autre, encore à faire; celle-ci chez les païens, celle-là chez les Juifs. Prouvons ce que nous venons de dire en nous appuyant simplement sur la divine Écriture, celle du maître de la moisson. Voici. Nous savons qu'il est dit dans le passage que nous venons d'entendre: La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Il est bien dans mon propos de vous montrer que la moisson a rapport aux peuples parmi lesquels les prophètes ont prêché. Ce sont eux en effet qui étaient les semeurs, afin que les Apôtres puissent être les moissonneurs. <> Pour germer et grandir, le blé avait dû être semé par les prophètes; arrivé à maturité, il attendait que les Apôtres viennent le moissonner. <> Le Seigneur n'a-t-il pas déclaré alors à ses disciples: Vous dites que l'été est encore loin. Levez les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson (Jn 4,35). Il a dit encore: D'autres ont pris de la peine, et vous, vous profitez de leurs travaux (Jn 4,38). Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et les prophètes ont pris de la peine. Ils ont peiné pour semer le grain. A son avènement, le Seigneur a trouvé la moisson mûre. Et il a envoyé les moissonneurs avec la faux de l'Évangile.
Les prédicateurs de l'Évangile ne saluent personne en chemin. Ils ne veulent rien faire d'autre qu'annoncer la Bonne Nouvelle par amour de leurs frères. Qu'ils entrent dans les maisons et qu'ils disent: Paix à cette maison (Lc 10,5). Ils ne se bornent pas à en parler, mais ils répandent la paix dont ils sont remplis. Ils proclament la paix et la possèdent. Celui qui est rempli de paix salue en disant: Paix à cette maison. S'il y a là un ami de la paix, la paix du messager ira reposer sur lui (Lc 10,6).
Le Sauveur dit: «Le royaume de Dieu approche », non pour signifier qu'il s'écoulera peu de temps jusqu'à ce qu'il arrive; car le royaume de Dieu ne vient pas de manière à être remarqué ( Lc 17,20 ), mais pour nous faire connaître la disposition des hommes au royaume de Dieu qui est en puissance dans ceux qui ont embrassé la foi, et en réalité dans ceux qui méprisent la vie du corps pour ne vivre que de la vie de l'âme, et qui peuvent dire: « Je vis, ce n'est pas moi, mais c'est Jésus-Christ qui vit en moi ». ( Ga 2,20 ).
Voilà pourquoi le pontife la donne à toute l'Église par ces paroles: «La paix soit avec vous !» Or, cette paix, que les saints demandent pour nous, n'est pas seulement la paix des hommes entre eux, mais la paix avec nous-mêmes. Car bien souvent, nous portons la guerre au dedans de nous-mêmes, nous sommes en proie à une agitation qui ne vient point des autres hommes, et nous sentons les mauvais désirs s'insurger contre nous.
Le Sauveur prévient cette objection: Mais je dépense tout ce que je possède, pour nourrir ces étrangers, et il veut que celui qu'il vous envoie, vous offre en entrant le don incomparable de la paix, pour vous faire comprendre que vous recevez beaucoup plus que vous ne donnez. - Tite. Ou bien, on peut encore regarder ces paroles comme la suite de ce qui précède, c'est-à-dire: Vous n'êtes pas établis pour juger ceux qui sont dignes ou indignes, mangez et buvez ce qu'on vous présente; mais laissez-moi le discernement de ceux qui vous reçoivent, à moins, cependant, que vous ne sachiez parfaitement vous-mêmes qu'il ne se trouve dans cette maison aucun enfant de la paix; car vous devriez alors la quitter.
Voyez quelle est la dignité des Apôtres, ce ne sont point des grâces sensibles (c'est-à-dire des biens terrestres) qu'ils doivent répandre, comme Moïse et les prophètes, mais des grâces toute nouvelles et vraiment admirables, c'est-à-dire le royaume de Dieu.
En effet, même dans la ville de Sodome, les anges trouvèrent l'hospitalité, et Loth fut jugé digne de les recevoir ( Gn 19,1-21 ). Si donc en entrant dans une ville, les Apôtres ne trouvent pas un seul habitant qui veuille les recevoir, comment le sort de cette ville ne serait-il pas plus triste que celui de Sodome? Le Sauveur leur enseignait encore par ces paroles à embrasser avec courage la vie de pauvreté; car une ville, une maison, un bourg ne peuvent exister, qu'à la condition de renfermer quelque serviteur fidèle connu de Dieu. La ville de Sodome elle-même n'eût pu exister, si Loth ne l'eût habitée, et à peine en fut-il sorti, qu'elle fut soudainement réduite en cendres.