Luc 1, 43

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Catéchisme de l'Église catholique
Très souvent, dans les Évangiles, des personnes s’adressent à Jésus en l’appelant " Seigneur ". Ce titre exprime le respect et la confiance de ceux qui s’approchent de Jésus et qui attendent de lui secours et guérison (cf. Mt 8, 2 ; 14, 30 ; 15, 22 ; e.a.). Sous la motion de l’Esprit Saint, il exprime la reconnaissance du mystère divin de Jésus (cf. Lc 1, 43 ; 2, 11). Dans la rencontre avec Jésus ressuscité, il devient adoration : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " (Jn 20, 28). Il prend alors une connotation d’amour et d’affection qui va rester le propre de la tradition chrétienne : " C’est le Seigneur ! " (Jn 21, 7).

Appelée dans les Évangiles " la mère de Jésus " (Jn 2, 1 ; 19, 25 ; cf. Mt 13, 55), Marie est acclamée, sous l’impulsion de l’Esprit, dès avant la naissance de son fils, comme " la mère de mon Seigneur " (Lc 1, 43). En effet, Celui qu’elle a conçu comme homme du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son Fils selon la chair, n’est autre que le Fils éternel du Père, la deuxième Personne de la Sainte Trinité. L’Église confesse que Marie est vraiment Mère de Dieu (Theotokos) (cf. DS 251).

" Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous... " Avec Elisabeth nous nous émerveillons : " Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? " (Lc 1, 43). Parce qu’elle nous donne Jésus son fils, Marie est la mère de Dieu et notre mère ; nous pouvons lui confier tous nos soucis et nos demandes : elle prie pour nous comme elle a prié pour elle-même : " Qu’il me soit fait selon ta parole " (Lc 1, 38). En nous confiant à sa prière nous nous abandonnons avec elle à la volonté de Dieu : " Que ta volonté soit faite ".
Louis-Claude Fillion
On l'a vu par le verset précédent, Elisabeth sait tout. On comprend donc que tout à coup elle s'interrompe afin d'exprimer son étonnement, sa reconnaissance, au sujet d'une visite si honorable pour elle. Comment ai-je mérité une pareille condescendance ? La mère de mon Seigneur chez moi ! Du reste, la façon entrecoupée dont parle Elisabeth est vraiment remarquable. Elle passe d'une idée à l'autre à chaque verset ; ses phrases ne se suivent pas parfaitement. Mais que cela est naturel et vrai : Tel est bien le langage de l'émotion, de la surprise et de l'enthousiasme. - « Parmi les paroles d'Elisabeth, dit Olshause, Biblischer Commentar, h. l., il faut remarquer la mère de mon Seigneur. Nous ne pourrons jamais expliquer ce titre de Seigneur appliqué à un enfant qu n'est pas encore né, à moins de supposer qu'Elisabeth, éclairée par l'Esprit-Saint, reconnut la nature divine du Messie, tandis qu'elle saluait Marie comme sa mère. Ce passage est donc parallèle au v. 17, et Seigneur y correspond à Jéhova. » Plusieurs autres commentateurs protestants (Brown, Alford, etc.) raisonnent, et bien justement, de la même manière. Il n'y a pas à douter en effet que cette expression ne signifie en cet endroit Mère de mon Dieu.
Saint Maxime de Turin
Mes frères, les règles qui président à notre liturgie et à nos prières nous prescrivent de fêter aujourd'hui dans la joie la naissance de Jean Baptiste.

Dieu l'avait d'avance destiné à venir publier la joie des hommes et l'allégresse des cieux. De sa bouche, le monde a entendu tomber les paroles admirables qui annonçaient la présence de notre Rédempteur, l'Agneau de Dieu. Alors que ses parents avaient perdu tout espoir d'obtenir une descendance, l'ange, messager indiscutable d'un si grand mystère, l'envoya pour servir de témoin au Seigneur avant même que de naître.

Qui, devant cette naissance entourée de sollicitude divine, n'aurait pas assez de sagesse pour considérer Jean comme l'annonciateur des divins mystères? En vertu de la grâce particulière qui lui avait été accordée, il remplit d'une joie éternelle le sein de sa mère, quand elle le portait en elle et qu'il n'était pas encore reconnu comme son fils. Et cette mère bienheureuse ressentit les joies de la maternité avant même d'avoir mis au monde son enfant.

Dans l'évangile, on lit, en effet, ces paroles qu'Elisabeth dit à Marie: Lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi (Lc 1,44). Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? (Lc 1,43). Il n'est pas étonnant, mes bien-aimés, que cette femme très âgée ait bénéficié du don de prescience, puisqu'elle devait mettre au monde le héraut du Dieu très-haut. Et sa stérilité lui valut un accroissement de gloire lorsqu'après sa longue attente de la maternité, elle eut la faveur de donner naissance à un fils et, par là, de recevoir l'hommage de toutes les générations suivantes.

Tandis que, dans sa vieillesse, elle s'affligeait de ne pas avoir donné d'enfant à son mari, elle mit soudain au monde son fils, qui était aussi le messager du salut éternel pour le monde enti er. Et un messager tel que, dès avant sa naissance, il exerça le privilège de son ministère futur quand il répandit de son esprit prophétique par les paroles de sa mère. Puis, par la puissance du nom que l'ange lui avait donné d'avance, il ouvrit la bouche de son père fermée par l'incrédulité. Lorsqu'en effet Zacharie était devenu muet, ce n'était pas pour le rester mais pour recouvrer divinement l'usage de la parole et confirmer par un signe venu du ciel que son fils était un prophète. Voilà pourquoi, en effet, le prêtre qui parlait à tout le peuple devint muet. Cela étant de notoriété publique, tout le peuple fut donc averti de la mystérieuse et sainte naissance de Jean et personne n'osa lui refuser sa confiance. Car pour avoir mis en doute l'annonce de sa naissance prochaine, son père avait été puni en devenant muet.

Or, l'évangile dit de Jean: Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage (Jn 1,8), pour que tous croient par lui (Jn 1,7). Il n'était certes pas la Lumière, mais il était tout entier dans la lumière, celui qui a mérité de rendre témoignage à la Lumière véritable.

Célébrons donc, mes frères, dans une joie parfaite, la naissance du bienheureux Jean et rendons-lui hommage, car il fut le premier à reconnaître et à révéler la Lumière éternelle et céleste qui est venue dissiper les ténèbres du monde.