Luc 1, 35
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Le Fils unique du Père en étant conçu comme homme dans le sein de la Vierge Marie est " Christ ", c’est-à-dire oint par l’Esprit Saint (cf. Mt 1, 20 ; Lc 1, 35), dès le début de son existence humaine, même si sa manifestation n’a lieu que progressivement : aux bergers (cf. Lc 2, 8-20), aux mages (cf. Mt 2, 1-12), à Jean-Baptiste (cf. Jn 1, 31-34), aux disciples (cf. Jn 2, 11). Toute la vie de Jésus-Christ manifestera donc " comment Dieu l’a oint d’Esprit et de puissance " (Ac 10, 38).
La nuée et la lumière. Ces deux symboles sont inséparables dans les manifestations de l’Esprit Saint. Dès les théophanies de l’Ancien Testament, la Nuée, tantôt obscure, tantôt lumineuse, révèle le Dieu vivant et sauveur, en voilant la transcendance de sa Gloire : avec Moïse sur la montagne du Sinaï (cf. Ex 24, 15-18), à la Tente de Réunion (cf. Ex 33, 9-10) et durant la marche au désert (cf. Ex 40, 36-38 ; 1 Co 10, 1-2) ; avec Salomon lors de la dédicace du Temple (cf. 1 R 8, 10-12). Or ces figures sont accomplies par le Christ dans l’Esprit Saint. C’est Celui-ci qui vient sur la Vierge Marie et la prend " sous son ombre " pour qu’elle conçoive et enfante Jésus (Lc 1, 35). Sur la montagne de la Transfiguration, c’est lui qui " survient dans la nuée qui prend sous son ombre " Jésus, Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean, et " de la nuée sort une voix qui dit : ‘Celui-ci est mon Fils, mon Élu, écoutez-le’ " (Lc 9, 34-35). C’est enfin la même Nuée qui " dérobe Jésus aux yeux " des disciples le jour de l’Ascension (Ac 1, 9) et qui le révélera Fils de l’homme dans sa Gloire au Jour de son Avènement (cf. Lc 21, 27).
En un sens, Marie a exercé sa foi eucharistique avant même l'institution de l'Eucharistie, par le fait même qu'elle a offert son sein virginal pour l'incarnation du Verbe de Dieu. Tandis que l'Eucharistie renvoie à la passion et à la résurrection, elle se situe simultanément en continuité de l'Incarnation. À l'Annonciation, Marie a conçu le Fils de Dieu dans la vérité même physique du corps et du sang, anticipant en elle ce qui dans une certaine mesure se réalise sacramentellement en tout croyant qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, le corps et le sang du Seigneur.
Il existe donc une analogie profonde entre le fiat par lequel Marie répond aux paroles de l'Ange et l'amen que chaque fidèle prononce quand il reçoit le corps du Seigneur. À Marie, il fut demandé de croire que celui qu'elle concevait « par l'action de l'Esprit Saint » était le « Fils de Dieu » (cf. Lc 1, 30-35). Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que, dans le Mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin.
« Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45): dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un « tabernacle » – le premier « tabernacle » de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Élisabeth, « irradiant » quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie. Et le regard extasié de Marie, contemplant le visage du Christ qui vient de naître et le serrant dans ses bras, n'est-il pas le modèle d'amour inégalable qui doit inspirer chacune de nos communions eucharistiques?
Il existe donc une analogie profonde entre le fiat par lequel Marie répond aux paroles de l'Ange et l'amen que chaque fidèle prononce quand il reçoit le corps du Seigneur. À Marie, il fut demandé de croire que celui qu'elle concevait « par l'action de l'Esprit Saint » était le « Fils de Dieu » (cf. Lc 1, 30-35). Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que, dans le Mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin.
« Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45): dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un « tabernacle » – le premier « tabernacle » de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Élisabeth, « irradiant » quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie. Et le regard extasié de Marie, contemplant le visage du Christ qui vient de naître et le serrant dans ses bras, n'est-il pas le modèle d'amour inégalable qui doit inspirer chacune de nos communions eucharistiques?
Le messager divin le dit: «Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut» (Lc 1, 30-32). Et quand la Vierge troublée par cette salutation extraordinaire, demande: «Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?», elle reçoit de l'ange la confirmation et l'explication des paroles antérieures. Gabriel lui dit: «L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu» (Lc 1, 35).
Par conséquent, on peut aussi comparer la foi de Marie à celle d'Abraham que l'Apôtre appelle «notre père dans la foi» (cf. Rm 4, 12). Dans l'économie du salut révélée par Dieu, la foi d'Abraham représente le commencement de l'Ancienne Alliance; la foi de Marie à l'Annonciation inaugure la Nouvelle Alliance. Comme Abraham, «espérant contre toute espérance, crut et devint ainsi père d'une multitude de peuples» (cf. Rm 4, 18), de même Marie, au moment de l'Annonciation, après avoir dit sa condition de vierge («Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?»), crut que par la puissance du Très-Haut, par l'Esprit Saint, elle allait devenir la Mère du Fils de Dieu suivant la révélation de l'ange: «L'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu» (Lc 1, 35).
Gabriel s'empresse de répondre à la demande si légitime de Marie. Qu'elle se tranquillise au sujet de
la dignité maternelle qui lui a été proposée, car la chair et le sang n'y auront aucune part : c'est l'Esprit Saint
qui produira divinement en elle le corps du Verbe incarné. Telle est la substance des explications qu'il lui
donne. - L'Esprit-Saint surviendra en vous. Au commencement du monde, Gen. 1, l'Esprit de Dieu était
descendu sur la nature encore informe, et l'avait prédisposée aux transformations admirables qu'elle devait
ensuite subir : de même, le germe de vie déposé dans le sein de Marie devait être le fruit de son opération
mystérieuse. - Et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. « Nous remarquons dans la réponse de
l'ange le parallélisme qui est toujours, chez les Hébreux, l'expression de l'exaltation du sentiment et le
caractère du style poétique. L'ange aborde le plus saint des mystères ; sa parole devient un chant », Godet, h.
l. La phrase exprime donc tout à fait la même idée que la précédente, il n'y a de différence que dans les
termes. La « vertu » (l'énergie créatrice et toute puissante du Seigneur) équivaut à l'Esprit-Saint et représente
la troisième personne de la Sainte Trinité. « Vous couvrira de son ombre » est synonyme de « surviendra en
vous », mais avec une belle image en sus, pour fortifier la pensée. On a pourtant interprété de manières bien
diverses cette ombre dont la Vertu du Très-Haut devait couvrir Marie pour la rendre mère du Christ : peut
être, en comptant bien, trouverait-on plus de quinze explications différentes émises dans le cours des siècles.
Voyez Cornelius à Lapide, hoc. Loco. Suivant l'opinion qui est très communément admise de nos jours, il y a
dans la métaphore de l'ombre une allusion aux théophanies de l'Ancien Testament, c'est-à-dire aux
manifestations de la substance divine sous la forme d'une nuée qui recouvrait l'arche d'alliance. En tout cas,
le langage humain ne pouvait pas désigner en termes plus clairs et plus chastes le mystère admirable qui
allait bientôt s'accomplir. Marie, comme le chante l'Église, réunira sur sa tête les deux plus belles couronnes
de ce monde, la dignité d'une mère et la pureté d'une vierge. - C’est pourquoi le fruit saint.. Conçu par
l'opération du Saint Esprit, le fils de Marie sera nécessairement lui-même une chose sainte ; il sera nécessairement aussi le Fils de Dieu, et le monde entier le reconnaître comme tel (voyez le v. 32 et
l'explication). Rien n'est plus rigoureux que cette double déduction de l'ange.
Mes bien-aimés, réjouissons-nous dans le Seigneur. Quand bien même notre action de grâce ne serait pas aussi grande qu'elle devrait être, remercions notre Créateur, du moins autant que nous le pouvons, avec son aide. Ainsi, la grâce qu'il nous donne à profusion ne nous trouvera pas ingrats.
Nous fêtons aujourd'hui, en effet, l'admirable conception de Jésus par la Vierge. Nous célébrons le commencement de notre rédemption et annonçons le dessein de Dieu formé avec bonté et puissance. Car si le Seigneur de l'univers était venu à la recherche de ses serviteurs en fuite, pour les juger et non pour leur montrer sa bonté, il ne se serait jamais revêtu de cette fragile enveloppe de limon dans laquelle il a pu souffrir avec nous et pour nous.
Aux païens cela paraît, pour reprendre les paroles de saint Paul, de la faiblesse et de la folie (cf. 1Co 1,23-25), car ils se fondent sur les raisonnements de la vaine philosophie et jugent du Créateur d'après les lois de la création. Est-il plus grande oeuvre de puissance que de faire concevoir la Vierge, à rencontre des lois de la nature? Et, après avoir pris notre chair, de ramener une nature mortelle à la gloire de l'immortalité en passant par la mort? C'est pourquoi l'Apôtre dit: La faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme (1Co 1,25)
Aujourd'hui le sein de la Vierge devient la porte du ciel par laquelle Dieu descend chez les hommes pour les faire monter au ciel. La très bienheureuse Vierge, sûre de n'avoir jamais connu d'homme, s'étonne d'entendre qu'elle va mettre au monde un fils. Cependant l'ange l'encourage et lui apprend ce qui lui a valu de voir s'accom plir en elle une chose naturellement impossible chez les autres femmes, et par quelle puissance cela se fera. Il dit: Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès du Seigneur (Lc 1,30). C'est comme s'il disait: "Ce que je t'annonce n'est pas de l'ordre de la nature, mais le don d'une grâce sans pareille." Aussi ajoute-t-il: L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre (Lc 1,35).
Elle seule a mérité d'être choisie pour que, de son corps immaculé, soit façonné le corps immaculé de celui qui, dès avant le temps, était prédestiné à être le Fils de Dieu dans la Puissance. Voilà pourquoi l'ange dit encore à la très bienheureuse Vierge: L'être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Lc 1,35). Vraiment, celui qui allait s'offrir pour la sanctification des pécheurs devait être saint.
Frères très chers, la conception virginale renferme en elle-même un grand et admirable mystère, car par elle l'acte de notre condamnation pour désobéissance est détruit, Dieu et l'homme sont réunis, et les deux, à savoir le Christ et l'Église, ne font qu'une seule chair.
La chambre de cette union fut, en quelque sorte, le sein virginal duquel, après neuf mois, selon la loi de la nature, le Christ sortit comme un époux sortant de sa chambre, en compagnie de son épouse, c'est-à-dire de la chair qui est la nôtre. Il dressa sa tente, c'est-à-dire la chair assumée, au soleil (Ps 18,5-6) puisqu'aussi bien il rendit visible à tous sa propre chair par laquelle il vaincrait l'Adversaire.
Frères bien-aimés, méditons assidûment ces mystères. Goûtons, à la mesure de l'immense désir de notre coeur, l'inestimable bonté de Dieu, en considérant tous les biens célestes qui nous sont promis. Ainsi, les réalités terrestres qui paraissent désirables à des coeurs aveugles et cupides ne nous empêcheront pas de remporter, au bout de notre course, le prix attaché à notre vocation divine. <> Conformons-nous à celui qui, en venant sur la terre, nous a proposé sa vie comme règle de l'existence chrétienne. Lors de sa première venue, il a voulu nous remodeler intérieurement à son image, et c'est encore lui qui, à sa seconde venue, transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux (Ph 3,21), Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.
Nous fêtons aujourd'hui, en effet, l'admirable conception de Jésus par la Vierge. Nous célébrons le commencement de notre rédemption et annonçons le dessein de Dieu formé avec bonté et puissance. Car si le Seigneur de l'univers était venu à la recherche de ses serviteurs en fuite, pour les juger et non pour leur montrer sa bonté, il ne se serait jamais revêtu de cette fragile enveloppe de limon dans laquelle il a pu souffrir avec nous et pour nous.
Aux païens cela paraît, pour reprendre les paroles de saint Paul, de la faiblesse et de la folie (cf. 1Co 1,23-25), car ils se fondent sur les raisonnements de la vaine philosophie et jugent du Créateur d'après les lois de la création. Est-il plus grande oeuvre de puissance que de faire concevoir la Vierge, à rencontre des lois de la nature? Et, après avoir pris notre chair, de ramener une nature mortelle à la gloire de l'immortalité en passant par la mort? C'est pourquoi l'Apôtre dit: La faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme (1Co 1,25)
Aujourd'hui le sein de la Vierge devient la porte du ciel par laquelle Dieu descend chez les hommes pour les faire monter au ciel. La très bienheureuse Vierge, sûre de n'avoir jamais connu d'homme, s'étonne d'entendre qu'elle va mettre au monde un fils. Cependant l'ange l'encourage et lui apprend ce qui lui a valu de voir s'accom plir en elle une chose naturellement impossible chez les autres femmes, et par quelle puissance cela se fera. Il dit: Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès du Seigneur (Lc 1,30). C'est comme s'il disait: "Ce que je t'annonce n'est pas de l'ordre de la nature, mais le don d'une grâce sans pareille." Aussi ajoute-t-il: L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre (Lc 1,35).
Elle seule a mérité d'être choisie pour que, de son corps immaculé, soit façonné le corps immaculé de celui qui, dès avant le temps, était prédestiné à être le Fils de Dieu dans la Puissance. Voilà pourquoi l'ange dit encore à la très bienheureuse Vierge: L'être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Lc 1,35). Vraiment, celui qui allait s'offrir pour la sanctification des pécheurs devait être saint.
Frères très chers, la conception virginale renferme en elle-même un grand et admirable mystère, car par elle l'acte de notre condamnation pour désobéissance est détruit, Dieu et l'homme sont réunis, et les deux, à savoir le Christ et l'Église, ne font qu'une seule chair.
La chambre de cette union fut, en quelque sorte, le sein virginal duquel, après neuf mois, selon la loi de la nature, le Christ sortit comme un époux sortant de sa chambre, en compagnie de son épouse, c'est-à-dire de la chair qui est la nôtre. Il dressa sa tente, c'est-à-dire la chair assumée, au soleil (Ps 18,5-6) puisqu'aussi bien il rendit visible à tous sa propre chair par laquelle il vaincrait l'Adversaire.
Frères bien-aimés, méditons assidûment ces mystères. Goûtons, à la mesure de l'immense désir de notre coeur, l'inestimable bonté de Dieu, en considérant tous les biens célestes qui nous sont promis. Ainsi, les réalités terrestres qui paraissent désirables à des coeurs aveugles et cupides ne nous empêcheront pas de remporter, au bout de notre course, le prix attaché à notre vocation divine. <> Conformons-nous à celui qui, en venant sur la terre, nous a proposé sa vie comme règle de l'existence chrétienne. Lors de sa première venue, il a voulu nous remodeler intérieurement à son image, et c'est encore lui qui, à sa seconde venue, transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux (Ph 3,21), Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.
Considérez comment l'ange, parlant à Marie, fait intervenir toute la Trinité, en mentionnant distinctement l'Esprit saint, le Verbe et le Très-Haut; car la Trinité est indivisible.
Considérez comment l'ange lève le doute de la Vierge, et lui explique la chaste union et l'enfantement ineffable qui doit la suivre: «Et l'ange lui répondit: L'Esprit saint surviendra en vous», etc.
Ce n'est donc point par le concours de l'homme que vous n'avez jamais connu, que vous concevrez, mais par l'opération de l'Esprit saint dont vous serez toute remplie, et vous demeurerez inaccessible aux ardeurs de la concupiscence, parce que le Saint-Esprit vous couvrira de son ombre.
Ces paroles: «Vous couvrira de son ombre», signifient les deux natures du Dieu incarné; car l'ombre est le résultat de la lumière et de l'interposition d'un corps. Or, le Seigneur est lumière par sa divinité, et comme cette lumière incorporelle devait se revêtir d'un corps dans le sein de Marie, l'ange lui dit avec raison: «La vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre», c'est-à-dire le corps de l'humanité qui est en vous, recevra la lumière incorporelle de la divinité. Ces paroles peuvent aussi s'entendre des consolations célestes que Dieu devait répandre dans son âme.
L'ange déclare que Jésus sera saint dès sa naissance, mais d'une sainteté toute différente de la nôtre. En effet, nous pouvons acquérir la sainteté; mais nous ne la possédons pas dès notre naissance, enchaînés que nous sommes dans les liens d'une nature sujette à la corruption, ce qui nous fait dire avec le prophète ( Ps 50): «Voilà que j'ai été conçu dans l'iniquité», etc. Celui-là seul est véritablement saint, dont la conception n'est pas la suite d'une union charnelle; qui n'est point autre dans son humanité, autre dans sa divinité, comme le rêvent les hérétiques, qui n'a point commencé par être simplement un homme dans sa conception, dans sa naissance, et mérité ensuite de devenir Dieu; mais qui, aussitôt que l'ange eut parlé, et que l'Esprit saint fut survenu, fut le Verbe descendu dans le sein de Marie, et immédiatement le Verbe fait chair dans ses chastes entrailles. C'est ce que prouvent les paroles suivantes: «Il sera appelé le Fils de Dieu».
Considérez encore les paroles de cette Vierge si pure. L'ange lui prédit qu'elle enfantera, elle s'attache à sa virginité, la conservation de sa chasteté est à ses yeux d'un plus grand prix que l'apparition miraculeuse de l'ange. Aussi entendez-la dire: «Je ne connais point d'homme».
Bienheureux ce corps qui, par suite de l'incomparable pureté de Marie, a mérité d'être intimement uni à l'Esprit saint; dans les autres, à peine si une âme pure mérite la présence de ce divin esprit; ici c'est la chair elle-même qui devient son tabernacle.
Ces tables de notre nature que le péché avait brisées, le vrai législateur les taille et les façonne de nouveau avec notre terre; il prend, sans union charnelle, un corps capable d'être uni à sa divinité, et que le doigt de Dieu lui-même a sculpté, c'est-à-dire l'Esprit saint qui est survenu dans la Vierge.
«Et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre». La vertu du Très-Haut c'est le Christ lui-même qui est formé dans le sein de Marie par la venue de l'Esprit saint.
«La vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre». L'ombre d'un corps est produite par un objet préexistant, et reçoit de lui sa forme, ainsi les preuves de la divinité de son Fils éclateront dans la vertu miraculeuse de sa génération. Car de même que la matière corporelle qui est en nous, possède une vertu vivifiante qui sert à former l'homme; ainsi la vertu du Très-Haut, par l'opération de l'Esprit vivificateur, a pris dans le corps virginal de Marie la partie de matière qui devait servir à former l'homme nouveau. C'est ce qu'indi quent les paroles suivantes: «C'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous, sera appelé le Fils de Dieu».
Voilà pourquoi saint Paul dit: Dieu a envoyé son Fils né d'une femme, il ne dit point par le moyen d'une femme, mais d'une femme; car cette expression: par une femme aurait pu donner l'idée d'une génération qui ne serait qu'un passage, tandis que ces paroles: né d'une femme établissent clairement l'identité de nature entre le fils et la mère.
Le mot connaître est susceptible de plusieurs sens. On appelle connaissance, la science de Dieu notre créateur, la notion que nous avons de ses perfections et des voies qui mènent à lui, l'observation de ses commandements, et aussi les rapports des époux entre eux, et c'est dans ce dernier sens qu'il faut l'entendre ici.
Nous faisons profession de croire que le corps du Sauveur, formé des éléments matériels de la nature humaine, a été un véritable corps, de même nature que le nôtre; car Marie est notre soeur, puisque tous, comme elle, nous sommes descendus d'Adam.