Luc 1, 15

car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;

car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;
Catéchisme de l'Église catholique
" Parut un homme envoyé de Dieu. Il se nommait Jean " (Jn 1, 6). Jean est " rempli de l’Esprit Saint, dès le sein de sa mère " (Lc 1, 15. 41) par le Christ lui-même que la Vierge Marie venait de concevoir de l’Esprit Saint. La " visitation " de Marie à Élisabeth est ainsi devenue " visite de Dieu à son peuple " (Lc 1, 68).

En Marie, l’Esprit Saint manifeste le Fils du Père devenu Fils de la Vierge. Elle est le Buisson ardent de la Théophanie définitive : comblée de l’Esprit Saint, elle montre le Verbe dans l’humilité de sa chair et c’est aux Pauvres (cf. Lc 1, 15-19) et aux prémices des nations (cf. Mt 2, 11) qu’elle Le fait connaître.
Fulcran Vigouroux
Il ne boira ni vin ni cervoise, comme les Nazaréens, voir Nombres, 6, 3. La cervoise indique une liqueur enivrante faite avec des fruits doux autres que le raisin.
Louis-Claude Fillion
Comme le montre la particule car, l'ange va maintenant indiquer les causes de cette joie universelle. Il le fait à trois points de vue : 1° par rapport à la nature intime, au caractère moral de l'enfant de bénédiction qui vient d'être promis à Zacharie, 2° par rapport à l'influence qu'il exercera sur les autres hommes, 3° par rapport à son emploi en tant que Précurseur du Messie. 1° Nature morale de l'enfant, v. 15. S. Jean sera grand ; mais, ce qui vaut mieux, il sera grand devant le Seigneur, c'est-à-dire qu'il possédera la véritable grandeur. « Est ici signifiée la singularité de la grandeur : que le Seigneur le rendra grand » Luc de Bruges. En effet, être grand devant Dieu, ce n'est pas jouir des honneurs terrestres, mais c'est posséder la vertu, la sainteté à un degré éminent, et nous savons combien Jean-Baptiste a été grand sous ce rapport. L'accomplissement de cette prédiction de l'ange peut se résumer dans les paroles prononcées plus tard par Notre-Seigneur Jésus-Christ, Matth. 11, 11 : « parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a pas paru de plus grand que Jean-Baptiste ». La grandeur spirituelle de l'enfant sera manifestée par deux signes, l'un extérieur, l'autre intérieur. Extérieurement, il mènera la vie parfaite, qui consiste toujours, chez tous les peuples et à toutes les époques, dans la mortification des sens, dans un régime austère ; il sera donc jusqu'à un certain point un Nazir perpétuel (par opposition au Nazaréat temporaire. Voyez le mot Naziraeus dans Otho, Lexic. Rabbin.), à la façon de Samson, Jud. 13, 4, de Samuel, 1 Reg. 1, 11, et des Réchabites, Jer. 35, 6 et ss. Le mot cervoise désigne toutes les liqueurs enivrantes autres que le vin, la bière par exemple, l'hydromel et plusieurs espèces de cidre ou de boissons fermentées dont les Orientaux ont toujours fait leurs délices. Cfr. Pline, Hist. Nat. 14, 19. S. Jérôme, Epist. ad Nepot., donne aussi d'intéressants détails à ce sujet : « Sicera, dans la langue hébraïque, signifie toute potion qui peut enivrer, qu’elle soit faite avec du blé, avec du sucre de pomme, des rayons de miel cuit, une potion barbare, ou les fruits des palmiers réduits en liqueur, ou formant un liquide épais et coloré après cuisson. ». - Intérieurement, S. Jean aura une marque bien plus excellente encore de sa grandeur : il recevra dans leur plénitude les dons de l'Esprit divin, car telle est la force de cette formule toutes les fois qu'elle est employée dans les écrits bibliques. Les mots suivants, « dès le sein de sa mère », indiquent le moment auquel commencera cette effusion merveilleuse de l'Esprit Saint : elle aura lieu dès avant la naissance du Précurseur, dans la circonstance racontée plus bas, v. 41, et se continuera durant toute sa vie. Cf. S. Ambr. Expos. in Luc. 1, 33 ; Orig. Hom. 4 in Luc.
Grégoire Palamas
Si la mort des saints mérite d'être honorée, et si la mémoire des justes se célèbre par des louanges, combien plus devons-nous entourer d'éloges le souvenir de Jean, qui occupe la place la plus éminente parmi les saints et les justes! Il a tressailli de joie avant de naître, il a marché devant le Verbe de Dieu incarné pour nous et a proclamé sa présence. Le Verbe, à son tour, a glorifié Jean et a attesté qu'il était plus grand que les prophètes, les saints et les justes depuis le commencement du monde.

Toute la vie, en effet, du plus grand parmi tous les enfants des femmes, est le miracle des miracles. Outre la vie entière de Jean, prophète dès avant sa naissance et le plus grand des prophètes, c'est aussi tout ce qui a rapport avec lui bien avant sa naissance et après sa mort, qui surpasse tous les miracles. En effet, les divines prédictions que des prophètes inspirés par Dieu ont faites à son sujet, le décrivent non comme un homme mais comme un ange, comme un flambeau étincelant, comme l'étoile du matin diffusant la lumière divine - car il précède le soleil de justice -, et comme la voix du Verbe de Dieu lui-même. Or qu'y a-t-il de plus proche du Verbe de Dieu, et qui s'apparente plus à lui que la voix de Dieu?

Lorsque le moment de sa conception approche, ce n'est pas un homme mais un ange qui descend du ciel pour mettre fin à la stérilité de Zacharie et d'Elisabeth: il promet que ceux qui ont été inféconds depuis leur jeunesse donneront naissance, dans leur extrême vieillesse, à un enfant; il prédit que la naissance de cet enfant sera la cause d'une grande joie, car elle annoncera le salut de tous les hommes.

Car il sera grand, dit-il, devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance; il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu, il marchera avec l'esprit et la puissance d'Elie (Lc 1,15-17). Jean, en effet, sera vierge comme lui, et il habitera au désert plus que lui, et il reprendra les rois et les reines qui agiront à l'encontre de la loi. Mais il l'emportera sur Elie, surtout pour la raison qu'il sera le précurseur de Dieu car, est-il dit, il marchera devant le Seigneur.

Comme le monde n'était pas digne de lui, Jean a vécu continuellement dans les déserts depuis son plus jeune âge, y menant une vie privée de confort, exempte de soucis et toute de simplicité. <> Il vivait pour Dieu seul, attentif à Dieu seul, trouvant sa joie en Dieu. Il vivait donc en un endroit écarté sur la terre, comme il est dit: Il alla vivre au désert jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël (Lc, 1,80).

De même donc qu'en ce temps-là, le Seigneur, mû par son ineffable amour envers nous, descendit du ciel pour nous qui étions tous impies, de même, à cette époque, Jean sortit du désert pour nous, afin d'aider à la réalisation de ce dessein d'amour. Car, pour servir le Dieu de bonté dans son abaissement extraordinaire vers les hommes qui étaient alors plongés dans l'abîme du mal, il fallait un homme d'une vertu insurpassable comme lui. C'est ainsi, en effet, qu'il attirerait à lui ceux qui le verraient, comme de fait il les a attirés, et qu'il les entraînerait merveilleusement à la suite de l'homme remarquable qu'il était, en manifestant par sa façon de vivre sa supériorité sur tous. Le message qu'il proclamait était en accord avec la vie qu'il menait, car il promettait le Royaume des cieux, il brandissait la menace du feu qui ne s'éteint pas et enseignait que le Christ est le Roi des cieux.
Saint Bède le Vénérable
Le mot cervoise signifie ivresse, et les Hébreux s'en servent pour désigner toute boisson qui peut enivrer, qu'elle soit extraite de pommes, de grains ou d'une autre matière. Or, la loi (Nb 6, 5) prescrivait aux Nazaréens de s'abstenir de vin et de toute liqueur enivrante pendant tout le temps de leur consécration; c'est pourquoi Jean et d'autres, favorisés d'une semblable grâce, se sont interdit pour toujours ces boissons, afin de demeurer toujours nazaréens, c'est-à-dire saints. Il n'est pas convenable, en effet, de s'enivrer de vin, quand on désire être rempli de l'effusion de l'Esprit saint. Aussi celui qui renonce à cette ivresse, mérite que la grâce du Saint-Esprit se répande en abondance dans son âme, «Il sera rempli de l'Esprit saint», ajoute l'Évangéliste.
Saint Ambroise
Après avoir annoncé que la naissance de Jean serait pour plusieurs un sujet de joie, l'ange prédit la grandeur de sa vertu: «Il sera grand devant le Seigneur», etc. Il n'est point ici question de la grandeur du corps, mais de la grandeur de l'âme. Or, devant Dieu, la grandeur de l'âme n'est autre que la grandeur de la vertu.

Jean n'a point reculé les frontières d'un empire, il n'a point moissonné de lauriers à la suite d'une glorieuse victoire; mais il a fait plus, il a prêché dans le désert, il a foulé aux pieds les délices du monde, et la mollesse des plaisirs des sens par l'étonnante austérité de sa vie. «Il ne boira, dit l'ange, ni vin, ni aucune liqueur enivrante.