Jean 9, 32
Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
La démonstration du mendiant guéri forme un parfait syllogisme. Nous avons eu la
majeure au v. 31 : Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais seulement ceux qui l'honorent et accomplissent sa
volonté. Voici maintenant la mineure : or il a exaucé Jésus, comme le prouve le miracle inouï qui vient d'être
accompli en moi. La conclusion est au v. 33 : Donc Jésus est l'ami de Dieu et nullement un pécheur. - Jamais.
La locution ἐϰ τοῦ αἰῶνος n'apparaît qu'en cet endroit des livres sacrés ; mais nous trouvons ailleurs
ἀπʹαἰῶνος (Luc. 1. 70 ; Act. 3, 21 et 15, 18) et ἀπὸ τῶν αἰώνων (Col. 1, 26). - On n’a entendu dire... Nulle
part l'Ancien Testament ne signale de guérison d'aveugles, à plus forte raison d'aveugles de naissance. Le
mendiant fait ressortir par ce détail la grandeur du prodige dont il avait lui-même été l'objet.
C'est-à-dire que ce que vous voyez de vos yeux vous paraît moins véritable que ce que vous avez entendu dire ; en effet ce que vous dites savoir, vous le tenez de vos ancêtres. Mais n'est-il pas bien plus digne de foi, celui qui vous a prouvé qu'il venait de Dieu par des miracles, dont vous n'avez pas seulement entendu parler, mais que vous avez vus de vos propres yeux ? C'est ce que leur répond cet homme : « Il est vraiment surprenant que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux. » Il ne cesse de leur rappeler ce miracle, parce qu'ils ne pouvaient en contester la réalité, et qu'il portait avec lui sa conviction ; et comme ils avaient déclaré qu'un pécheur ne pouvait opérer de semblables prodiges, il s'appuie sur cet aveu, et leur remet en mémoire leurs propres paroles : « Nous savons, leur dit-il, que Dieu n'exauce point les pécheurs ; » c'est-à-dire, vous et moi nous sommes d'accord sur ce point.
Et, remarquez que les paroles qui précèdent : « S'il est un pécheur, je ne sais, » n'expriment pas un doute de la part de cet homme ; car ici, non-seulement il le justifie de tout péché, mais il montre combien il est agréable à Dieu. « Mais celui qui l'honore, et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce ; » ainsi il ne suffît pas de connaître Dieu, il faut encore accomplir sa volonté. «Voyez encore comme il relève le miracle dont il vient d'être l'objet : « Jamais on n'a ouï dire que personne ait ouvert les yeux à un aveugle-né. » C'est-à-dire : Si vous reconnaissez que Dieu n'exauce point les pécheurs, et que cet homme cependant ait fait un miracle comme jamais aucun homme n'en a fait, il est évident que la puissance en vertu de laquelle il a fait ce miracle est supérieure à toute puissance humaine : « Si cet homme n'était pas de Dieu, ajouta-t-il, il ne pourrait rien faire. »