Jean 9, 17
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »
Ils dirent donc de nouveau... Après ce petit épisode,
ils reviennent au mendiant, dans l'espoir d'obtenir de lui quelques informations nouvelles. - Toi : ils appuient
sur ce pronom ; toi qui dois être renseigné là-dessus mieux que tout autre, quelle est ton opinion
personnelle ? - La suite de la phrase (que dis tu de celui) est exprimée d'une façon assez extraordinaire dans
le texte grec : τὶ λέγεις περἱ αυτοῦ, ὅτι ἤνοιξέ...; littéral. : « que dis-tu de lui, parce qu'il t'a ouvert les yeux ?
» c-à-d. : quelle conclusion tires-tu de là à son sujet ? - C’est un prophète (προφήτης ἐστίν). Sans hésiter, il
affirme, comme autrefois la Samaritaine, que Jésus est un prophète et, à ce titre, doué du pouvoir d'opérer des miracles. Ce mendiant est admirable de bon sens et de courage ; il saura bientôt le prouver mieux encore.
Voyez comme leur question est pleine de bienveillance ; ils ne lui demandent pas : Que dites-vous de celui qui n'observe pas la loi du sabbat ? Ils ne rappellent que le miracle qu'il a opéré, mais : « Comment vous a-t-il ouvert les yeux ? » Ils semblent exciter le zèle de cet homme, et lui dire : Il est votre bienfaiteur, et c'est un devoir pour vous de proclamer ses bienfaits.
Il est donc en cela la figure des catéchumènes qui ont bien la foi eu Jésus-Christ, mais qui ne le connaissent pas encore parfaitement, parce qu'ils ne sont pas encore purifiés.
En effet, ses yeux ouverts avaient changé sa physionomie : « Mais lui disait : C'est moi, » c'est la voix de la reconnaissance qui veut se mettre à couvert du reproche d'ingratitude.
Le voici devenu prédicateur de la grâce, il évangélise et confesse Jésus-Christ. Mais tandis que cette aveugle confesse ainsi la vérité, le cœur des impies se resserrait, parce qu'ils n'avaient pas dans le cœur les yeux qui brillaient sur sa figure : « Et ils lui dirent : Où est cet homme ? »
Ce n'étaient pas tous, mais quelques-uns seulement, car déjà il y en avait parmi eux qui recevaient l'onction. Ceux donc qui ne voyaient pas encore et qui n'avaient pas reçu la grâce de l'onction, disaient : « Cet homme n'est point de Dieu, puisqu'il n'observe point le sabbat. » Au contraire, il en était le plus fidèle observateur, lui qui était sans péché, car l'observation spirituelle du sabbat, c'est de n'avoir aucun péché, et c'est l'avertissement que Dieu nous donne quand il nous recommande l'observation de la loi du sabbat : « Vous ne ferez aucune œuvre servile. » Qu'est-ce qu'un œuvre servile ? le Seigneur lui-même vous l'apprend : « Tout homme qui commet le péché est esclave du péché ; » (Jn 7) or, les pharisiens tout en observant extérieurement la loi du sabbat, la violaient spirituellement.
Jésus-Christ était le jour qui sépare la lumière des ténèbres.
Ou bien peut-être ils cherchaient une occasion de calomnier cet homme et de le chasser de la synagogue, mais il continua de dire avec courage tout ce qu'il pensait : « Il répondit : C'est un prophète. » Il avait déjà reçu l'onction du cœur, mais il ne reconnaît pas encore Jésus pour le Fils de Dieu. Cependant il ne ment pas, car Nôtre-Seigneur a dit, en parlant de lui-même : « Aucun prophète n'est sans honneur, si ce n'est dans sa patrie. » (Lc 4)
Ceux qui avaient osé dire : Un pécheur ne peut faire de tels prodiges, voulant fermer la bouche à leurs contradicteurs, fout avancer au milieu d'eux celui qui avait éprouvé les heureux effets de la puissance de Jésus-Christ, pour éviter tout reproche de flatterie: « Ils dirent donc de nouveau à l'aveugle : Et vous, que dites-vous de celui qui vous a ouvert les yeux ? »