Jean 9, 15

À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. »

À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. »
Louis-Claude Fillion
Ils lui demandèrent donc aussi... On comprend que, pour porter un jugement plus sûr, les Pharisiens voulussent avoir une connaissance personnelle des faits : voilà pourquoi, ne se contentant point du rapport des voisins, ils interrogent l'infirme lui-même. - Comment il avait retrouvé la vue. C'est le mode du prodige qui attire tout d'abord l'attention de ces hommes pointilleux. Ils supposaient sans doute, d'après les événements antérieurs (Cf. Joan. v. 9 et ss.), que Jésus avait traité librement leurs prescriptions relatives au sabbat et qu'ils pourraient s'en prévaloir contre lui. - Il leur dit... Le mendiant recommence sa petite histoire du v. 11 ; mais il est remarquable qu'il la rend encore plus concise, car il ne raconte cette fois ni que Jésus a fait lui -même la boue appliquées ensuite sur ses yeux (il m’a mis de la boue... ; μον ἐπὶ τοὺς ὀφθαλμούς des meilleurs mss., et non ἐπὶ τοὺς ὀφθαλμοὺς μου de la Recepta, paraît être la vraie leçon), ni qu'il l'a envoyé se laver à Siloé (et je me suis lavé). Il trouve étrange, évidemment, qu'on le presse ainsi de questions sur le fait le plus simple. Comparez le v. 27, où son impatience éclate totalement. L'équivalent grec de je vois est ici βλέπω et non ἀνέδλεψα.
Saint Jean Chrysostome
Les Juifs donc, en demandant où était Jésus, avaient le dessein de le conduire aux pharisiens, mais n'ayant pu le trouver, ils leur amènent l'aveugle : « Alors ils amenèrent aux pharisiens celui qui avait été aveugle, pour le presser par de nouvelles et plus vives questions. » C'est pour cela que l'Evangéliste fait cette remarque : « Or, c'était le jour du sabbat que Jésus détrempa ainsi de la terre, » etc. Il voulait ainsi nous faire connaître les mauvaises dispositions du leur âme, et la cause pour laquelle ils le cherchaient, c'est-à-dire, pour trouver l'occasion de la perdre, et détruire l'impression produite par ce miracle par la prétendue violation de la loi, ce qui ressort évidemment des questions qu'ils lui adressent : « Les pharisiens lui demandèrent donc aussi comment il avait recouvré la vue. » Voyez comment l'aveugle répond sans se troubler; quand le peuple l'interrogeait, il n'avait aucun danger à craindre, il ne fallait pas un grand courage pour dire la vérité ; mais ce qui est vraiment admirable, c'est que bien qu'ayant tout à craindre de la haine des pharisiens, il ne songe ni à nier le fait, ni à dire le contraire de ce qu'il a déclaré précédemment : « Il leur dit : Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. » Il abrège ici sa réponse, parce qu'il parle à des hommes qui connaissaient déjà le fait. Il ne leur dit pas le nom de celui qui lui a donné cet ordre, il ne rapporte pas les paroles que Jésus lui a adressées : « Allez, et lavez-vous ; » il va tout de suite au fait : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. » Ils éprouvèrent donc le contraire de ce qu'ils espéraient, ils l'amenèrent dans l'intention de lui faire nier le fait de sa guérison, et ils en acquirent une certitude beaucoup plus grande.