Jean 8, 58
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Seule l’identité divine de la personne de Jésus peut justifier une exigence aussi absolue que celle-ci : " Celui qui n’est pas avec moi est contre moi " (Mt 12, 30) ; de même quand Il dit qu’il y a en Lui " plus que Jonas, (...) plus que Salomon " (Mt 12, 41-42), " plus que le Temple " (Mt 12, 6) ; quand Il rappelle à son sujet que David a appelé le Messie son Seigneur (cf. Mt 12, 36. 37), quand Il affirme : " Avant qu’Abraham fut, Je Suis " (Jn 8, 58) ; et même : " Le Père et moi nous sommes un " (Jn 10, 30).
Avant qu’Abraham eût été fait. La traduction ordinaire : Avant qu’Abraham fût, est, selon la remarque judicieuse de Bossuet, tout à fait inexacte, puisque l’être d’Abraham et celui de Jésus-Christ n’étaient ni les mêmes en soi ni expliqués par le même mot. Ajoutons que le grec, comme la Vulgate, emploie pour Abraham le verbe être fait, et pour Jésus-Christ, être, exister.
En vérité, en vérité, je vous le dis. C’est pour la troisième fois que nous lisons ces mots depuis le
verset 31 (Cf. versets 33 et 51) ; ils avaient rarement introduit une affirmation aussi solennelle, aussi
décisive. - Avant qu’Abraham fût. Littéralement en grec « avant qu’il devînt », avant sa naissance. - Je suis.
Changement remarquable d’expressions et de temps. “Reconnaissez le Créateur, et discernez la créature”, dit
admirablement S. Augustin. Il y a en effet dans ces mots si simples toute la différence qui sépare Dieu de
l’homme. Il fut un temps où Abraham n’existait pas ; un jour, il « devint », il naquit. Rien de semblable pour
Notre Seigneur Jésus-Christ : il « est » d’une manière permanente, éternelle ; donc il est Dieu. Cf. 1, 1, 6.
Voyez au Ps. 89, 2, une antithèse identique : « Avant que naissent les montagnes, que tu enfantes la terre et le
monde, de toujours à toujours, toi, tu es Dieu ». N’ajoutons rien, la parole de Jésus est aussi claire que
possible, et son auditoire en saisit toute la portée.
Notre Sauveur les détourné avec douceur de ces pensées qui n'avaient pour objet que sa chair, et cherche à les élever jusqu'à la contemplation de sa divinité : « Jésus leur répondit : En vérité, en vérité , je vous le dis, avant qu'Abraham fût fait, moi je suis, » paroles qui ne peuvent convenir qu'à sa divinité ; car le mot avantembrasse tout le temps passé, et le mot je suis, le présent, or comme la divinité ne connaît ni passé ni futur, mais qu'elle est continuellement au présent, Nôtre-Seigneur ne dit pas : Avant Abraham j'étais, mais : « Avant Abraham je suis, » selon ces paroles de Dieu à Moïse : « Je suis celui qui suis. » (Ex 3) Celui donc qui s'est rapproché de nous en nous manifestant sa présence, et qui s'en est séparé en suivant le. cours ordinaire de la vie, a existé avant comme après Abraham.