Jean 8, 42
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé.
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé.
Et pourtant Jésus doit la détruire encore, de même qu’il a renversé la première. La preuve très
catégorique qu’ils ne sont pas les fils de Dieu, c’est qu’ils ne l’aiment point, lui qui est le « Fils de Dieu » par
antonomase. Cf. 15, 23 ; 1 Joan. 5, 1. - Vous m’aimeriez : il leur serait impossible de n’avoir pas ce sentiment
au plus profond de leur cœur, car l’amour règne entre les enfants d’un même père (c’est de Dieu que je suis
sorti). - Je suis sorti et … venu Dans le grec, « je suis sorti et je viens ». Locution solennelle, qu’on ne
retrouve qu’une autre fois dans la bible, 16, 28. Le premier verbe exprime l’origine divine de Jésus-Christ ;
le second, son apparition historique en tant qu’Homme-Dieu. S. Augustin en donne un très beau
commentaire : « Il en est donc venu comme Dieu, comme son égal, comme son Fils unique, comme Verbe du
Père ; et le Verbe est venu vers nous ; parce qu’il s’est fait chair pour habiter parmi nous. Son avènement,
c’est son humanité ; sa permanence ; c’est sa divinité », Traité sur S. Jean, 42, 8. - Je ne suis pas… Jésus
explique plus complètement sa venue mystérieuse en ce monde : elle est divine tout aussi bien que sa nature,
car ce n’est pas de lui-même qu’il est venu. - C’est lui qui m’a envoyé. Notre-Seigneur se présentait donc à la
fois comme le Fils et comme l’ambassadeur du Très-Haut.
Mais que dites-vous ? Vous avez Dieu pour père, et vous faites un crime au Christ de tenir ce langage ? Et cependant un grand nombre d'entre eux étaient nés de la fornication, car les unions illicites étaient fréquentes chez les Juifs. Le Sauveur, toutefois, ne leur en fait point un reproche, mais il s'attache à leur prouver qu'ils ne sont point de Dieu : « Jésus leur dit donc : Si Dieu était votre père, vous m'aimeriez certainement, parce que je suis sorti de Dieu, et que je viens de sa part. »
Je pense que le Sauveur s'exprime de la sorte pour blâmer la conduite de ceux qui venaient de leur propre autorité, sans être envoyés par le Père, et dont Jérémie disait : « Je ne les envoyais point, et ils couraient d'eux-mêmes. » (Jr 21, 23.) Mais comme les partisans des deux natures appuient leur erreur sur ces paroles, nous pouvons leur demander sous forme d'objection : Paul, sans doute, haïssait Jésus, lorsqu'il persécutait l'Eglise de Dieu ? Et voilà pourquoi le Seigneur lui disait : « Pourquoi me persécutez-vous ? » Si donc nous devons admettre la vérité de cette proposition : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez certainement, » il faut admettre également la vérité de cette autre proposition : « Si vous ne m'aimiez pas, Dieu ne serait pas votre Père. » Il fut donc un temps où Paul n'aimait pas Jésus, il fut un temps où Dieu n'était pas le père de Paul, Paul ne fut donc jamais enfant de Dieu par nature, mais il est devenu par la suite enfant de Dieu. Or, quand devient-on le fils de Dieu, si ce n'est quand on observe ses commandements ?