Jean 8, 41

Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »

Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
Louis-Claude Fillion
Vous est également très accentué : vous qui prétendez être les fils d’Abraham, mais qui ne l’êtes pas en réalité. - Faites les œuvres de votre père. Leur vrai père, en effet, c’est le démon, comme Jésus l’a déjà insinué, verset 38, et comme il va le déclarer plus formellement encore, verset 44. - Ils lui dirent. (dans les versions autres que א, B, L, T : ils lui dirent donc). Ils parlent avec une indignation croissante, car ils soupçonnent maintenant quel est le père dont l’on prétend qu’ils descendent au moral. Eux aussi, ils se mettent à tenir un langage figuré, et ils ne revendiquent plus seulement Abraham, mais Dieu lui-même, pour père. - Nous ne sommes pas nés de la prostitution… Il n’existe pas le plus léger motif de supposer qu’il y avait, sous cette vive dénégation, une accusation tacite et ignoble lancée contre Notre Seigneur Jésus-Christ. Le secret de sa naissance miraculeuse avait été admirablement gardé, et tout le monde lui donnait S. Joseph pour père (Cf. Luc. 4, 22 et parall.) ; plus tard seulement, quand ils eurent entendu parler de son incarnation, les Juifs inventèrent cette grossière injure qu’ils ont si souvent répétée. Cf. Origène, Contr. Cels. 1, 32. D’après le contexte, les interlocuteurs de Jésus prennent ici prostitution comme synonyme d’idolâtrie, acception que ce mot a si fréquemment dans l’Ancien Testament. Cf. Ex. 34, 15-16 ; Lev. 17, 7 ; Jud. 2, 17 ; 4 Reg. 9, 22 ; Ps. 72, 27 ; Is. 1, 21 ; Jer. 3, 1, 9, 20 ; Ezech. 16, 15, et surtout Os. 2, 4, 5. - Nous avons un seul père, Dieu. Dans le grec, avec l’article, l’unique vrai Dieu. Noble prétention, et fondée jusqu’à un certain point, ainsi que le prouvent les passages Deut. 32, 6 ; Is. 23, 9 ; 64, 8 ; Mal. 2, 19, où Dieu daigne lui-même s’appeler le père d’Israël.
Alcuin d'York
C'est qu'en effet, celui qui est la vérité, avait été engendré par le Père, car pour lui entendre du Père, n'est autre qu'être engendré de Dieu le Père.
Saint Augustin
Les Juifs se proclamaient libres, parce qu'ils étaient les enfants d'Abraham. Que répond le Sauveur à cette prétention ? « Je sais que vous êtes enfants d'Abraham, » c'est-à-dire, je sais que vous êtes les descendants d'Abraham par la chair, mais non par la foi du cœur, et c'est pour cela qu'il ajoute : « Mais vous cherchez à me faire mourir. »

C'est-à-dire, elle ne prend point votre cœur, parce qu'il ne la reçoit pas. La parole de Dieu est pour les fidèles ce qu'est l'hameçon pour le poisson, il prend l'hameçon lorsqu'il est pris, et ici aucun mal n'est fait à ceux qui sont pris de la sorte, car c'est pour leur salut et non pour leur, perte qu'on les prend.

Nôtre-Seigneur veut leur faire comprendre que son Père est Dieu : J'ai vu la vérité, leur dit-il ; je dis la vérité, parce que je suis la vérité. Si donc le Seigneur dit la vérité qu'il a vue dans son Père, il s'est vu lui-même, il s'affirme lui-même, parce qu'il est lui-même la vérité du Père.

Ils semblent lui dire : Quel reproche pouvez-vous faire à Abraham ? Et veulent-ils l'exciter à dire du mal d'Abraham pour y trouver eux-mêmes l'occasion d'exécuter leur dessein ?

Et cependant il leur a dit plus haut : Je sais que vous êtes les enfants d'Abraham, il ne met donc point en doute leur origine, mais il condamne leur conduite. Leur chair descendait d'Abraham, mais leur vie n'en venait pas.

Il ne leur dit pas encore quel est leur père.
Saint Jean Chrysostome
Une autre version porte : « Faites ce que vous avez vu dans votre père. » C'est-à-dire, de même que je montre mon Père par mes paroles et par la vérité de mes œuvres, montrez vous-mêmes Abraham par vos œuvres. 

Son dessein, en leur parlant de la sorte, est de détruire en eux ces sentiments de vaine gloire, que leur inspire leur parenté avec Abraham, et de bien les persuader de placer l'espérance de leur salut, non point dans une parenté toute naturelle, mais dans la parenté fondée sur l'adoption spirituelle, parce, qu'en effet ce qui les empêchait de venir à Jésus-Christ, c’est qu'ils pensaient que cette parenté avec Abraham suffisait pour le salut.
Origène
Ces paroles prouvent que le Sauveur a vu par lui-même ce qui était dans le Père, taudis que les hommes à qui la vérité est révélée, ne la voient point par eux-mêmes.

Il ne nomme pas encore leur Père, il a parlé plus haut d'Abraham, mais il va leur parler d'un autre père, c'est-à-dire du démon, dont ils sont enfants, non pas en tant qu'hommes, mais en tant qu'ils sont livrés au mal. C'est ce mal qu'ils commettent, que le Seigneur reprend et condamne en eux.

Mais, me dira-t-on, c'est bien in utilement qu'on fait un mérite à Abraham de n'avoir point fait ce qu'il n'aurait pu faire de son temps, car le Christ n'était pas né du temps d'Abraham ? Nous répondons qu'au temps même d'Abraham il y avait des hommes qui annonçaient la vérité qu'ils avaient entendue de Dieu, et que certainement Abraham ne chercha point à les mettre à mort. Il faut se rappeler, en effet, que l'avènement spirituel de Jésus a toujours été présent pour les saints, d'où je conclus que tout homme qui après sa régénération et les grâces célestes qu'il a reçues, retombe dans le péché, crucifie de nouveau le Fils de Dieu par les crimes dans lesquels il retombe. Ce que n'a pas fuit Abraham.