Jean 8, 39
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham.
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham.
Ils lui répondirent (les meilleurs documents
ajoutent « lui »). Ils ont compris que Jésus a parlé d’un père différent d’Abraham ; mais, n’ayant pas d’autre
réponse à donner, ils se contentent de réitérer leur première assertion (verset 33), en insistant sur leur
glorieuse origine : Notre père, c’est Abraham. - Jésus leur dit. Le Sauveur aussi revient sur son affirmation
antérieure (verset 37), pour la développer et la mieux démontrer. Sa parole revêt ici la forme d’un vrai
syllogisme, dont le verset 39 contient la majeure, et le verset 40 la mineure. Les enfants d’Abraham doivent
agir comme ce saint patriarche ; or, vous cherchez à me donner la mort, ce qu’Abraham n’eût jamais fait… -
Si vous êtes fils d’Abraham (plus haut, versets 33 et 37, nous lisions « semen : semence »), faites les œuvres
d’Abraham. Tel père, tel fils ! C’est du moins ce qui devrait être, quand le père est si recommandable
qu’Abraham l’avait été. Jésus rappelle aux Juifs ce principe moral, pour en tirer une triste conclusion.
C'est-à-dire, vous prouvez justement que vous n'êtes pas les enfants d'Abraham, parce qui; vous faites des œuvres contraires à celles qu'a faites Abraham.
Mais le Sauveur leur enlève ce moyen de défense comme n'étant point fondé sur la vérité : « Jésus leur dit : Si vous êtes les enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham. »
On peut encore donner une autre explication fondée sur le texte grec : « Je sais que vous êtes de la race, ou littéralement de la semence d'Abraham. » Pour rendre cette explication plus claire, voyons d'abord la différence qui existe entre la semence destinée à former le corps et l'enfant. Il est évident d'abord que la semence a en elle-même toutes les raisons constitutives de celui dont elle est la semence, bien qu'elles soient encore à l'état d'inaction et de repos. Mais après la transformation de cette semence et son action particulière sur la matière qui lui est présentée par la femme, l'enfant, au moyen de l'alimentation qu'il reçoit, prend lui-même la forme de celui qui l'a engendré. Quant au corps, tout enfant vient nécessairement d'une semence, mais toute semence ne se transforme pas en enfant. Mais puisque c'est par les œuvres que l'on juge quels sont ceux qui méritent d'être considérés comme la race, comme la semence d'Abraham, voyons si ce ne serait pas au moyen de certaines semences intellectuelles répandues dans les âmes qu'on pourrait reconnaître ceux qui sont de la race d'Abraham. Tous les hommes ne sont donc pas la semence d'Abraham, parce que tous n'ont pas ces semences intellectuelles infuses dans leurs âmes. Il faut que celui qui est la semence d'Abraham, devienne aussi son fils en prenant sa ressemblance. Or, il peut arriver que par suite de sa négligence ou de son inaction, il détruise en lui cette précieuse semence. Quant à ceux à qui Nôtre-Seigneur s'adressait, toute espérance n'était pas encore détruite, Jésus savait qu'ils étaient encore la semence d'Abraham, et qu'ils n'avaient pas encore perdu le pouvoir de devenir enfants d'Abraham. C'est pourquoi il leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham. » S'ils avaient voulu laisser croître cette précieuse semence jusqu'à son parfait développement, ils auraient compris la parole de Jésus. Mais comme ils ne sont point parvenus à être les enfants d'Abraham, ils ne peuvent comprendre cette parole, et ils cherchent à la détruire et comme à la briser, parce qu'ils n'en comprennent point la grandeur. Si donc quelqu'un d'entre vous est la semence d'Abraham, et qu'il ne comprenne pas encore le Verbe de Dieu, qu'il se garde bien de chercher à mettre le Verbe à mort, mais qu'il se transforme en fils d'Abraham, et alors il pourra comprendre le Fils de Dieu. Il en est qui se bornent à choisir une seule des œuvres d'Abraham, celle que l'Apôtre relève en ces termes : « Abraham crut à la parole de Dieu, et sa foi lui fut imputée à justice. » Mais si, comme ils le prétendent, la foi est la seule œuvre nécessaire, pourquoi le Sauveur n'a-t-il pas dit au singulier : « Faites l'œuvre d'Abraham, » mais au pluriel : « Faites les œuvres d'Abraham » ? Ces paroles sont l'équivalent de celles-ci : Faites toutes les œuvres d'Abraham, en prenant toutefois la vie d'Abraham dans le sens allégorique et ses actions dans un sens spirituel. En effet, celui qui veut devenir le fils d'Abraham, ne doit point, à l'exemple d'Abraham, prendre ses servantes pour épouses, ni après la mort de sa femme en épouser une autre dans sa vieillesse.