Jean 8, 37
Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
Jésus revient à l’objection de
ses interlocuteurs (verset 33), pour la réfuter encore d’une autre manière. Laissant de côté les notions
corrélatives de liberté et d’esclavage dont il avait fait un si frappant usage (versets 31-36), il passe à l’idée
connexe de filiation. Par une série d’arguments irréfutables, il démontre aux Juifs de plus en plus irrités que,
bien loin d’être les enfants d’Abraham et de Dieu, ils sont au contraire les fils du démon, versets 37-47. - Je
sais que vous êtes la descendance d’Abraham. Le grec porte « postérité d’Abraham », comme au verset 33.
Jésus leur concède ce privilège, mais uniquement sous le rapport extérieur, et dans le sens étroit auquel ils
s’arrêtaient eux-mêmes. Soit, vous êtes, historiquement et naturellement, les descendants d’Abraham ; mais
vous n’êtes pas plus que cela. « Pour être postérité d’Abraham, ils n’en sont pas tous les enfants », Rom. 9, 7.
- Mais… Le Sauveur fait immédiatement une grave restriction. La preuve que vous n’êtes pas les vrais fils d’Abraham, c’est que vous cherchez à me faire mourir. Cf. 7, 1, 25, 30, 32, etc. Et Jésus indique le motif de
leur haine cruelle et homicide : parce que ma parole ne trouve pas d’entrée en vous. Littéralement : « ma
parole ne prend pas en vous », comme nous disons en français ; mais la locution équivalente du grec a plus
de force encore, le verbe signifiant plutôt « pénétrer ». Donc, « mon langage ne fait pas de progrès en vous ».
La divine doctrine est en effet un germe déposé dans les cœurs, pour qu’il y croisse à la façon du sénevé dont
Notre Seigneur Jésus-Christ raconte ailleurs l’intéressante histoire.
Nôtre-Seigneur ajoute ces paroles pour réprimer leur arrogance et les empêcher de dire : « Nous n'avons point de péché. » Il s'abstient de relever les autres crimes de leur vie, il les prend sur le fait et leur met sous les yeux l'acte coupable qu'ils voulaient consommer. Il leur enlève peu à peu l'honneur de cette parenté et leur apprend à ne point tant s'en glorifier, car ce sont les œuvres surtout qui établissent la véritable parenté, de même que ce sont les œuvres qui font les hommes libres ou esclaves. Et pour leur ôter tonte excuse de dire qu'ils agissaient en cela avec justice, le Sauveur leur fait connaître la cause de leurs desseins coupables : « Parce que ma parole ne prend point en vous. »
Nôtre-Seigneur ne dit pas : Vous ne prenez pas ma parole, mais : « Ma parole ne prend point en vous, » pour montrer la hauteur des vérités qu'il enseigne. Mais ils pouvaient lui dire : Où est la justice de votre réponse, si vous parlez de vous-même ? Il se hâte donc d'ajouter : « Ce que j'ai vu dans mon Père, je le dis, » non-seulement j'ai la même nature, mais la même vérité que lui.