Jean 8, 31
Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
Il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumières sur le chemin de notre foi, ils l’éclairent et le rendent sûr. Inversement, si notre vie est droite, notre intelligence et notre cœur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi (cf. Jn 8, 31-32).
Jésus disait donc… Malgré l’avis contraire de divers commentateurs, nous ne voyons pas de raison suffisante pour admettre ici un changement de temps ou de
lieux. C’est la suite d’un seul et même épisode. Cf. versets 2 et 12 . - Aux Juifs qui avaient cru en lui.
Quoique légère, cette modification de la formule est significative, car c’est l’indice d’une foi moins
énergique. Cf. verset 30. Notez en outre le nom de Juifs donné à des hommes devenus croyants ; on ne
trouve nulle part ailleurs cette association qui équivaut presque, dans le quatrième évangile, à « une
contradiction dans les termes » (Plummer), puisque les croyants sont des amis de Jésus, tandis que, pour S.
Jean, les « juifs » sont habituellement ses adversaires les plus acharnés. Du reste, dans toute la suite de
l’entretien, ces Juifs devenus fidèles traitent Jésus en ennemi. Ils différaient donc des beaucoup mentionnés
au verset précédent. En réalité ils avaient commencé à croire, mais ils retenaient encore la plupart de leurs
anciens préjugés ; ils étaient tout ensemble des chrétiens et des Juifs, et c’est ce que l’évangile a ainsi
délicatement exprimé. Notre Seigneur Jésus-Christ essaie d’élever plus haut leur foi ; mais elle fléchit
presque aussitôt et se brise, ne pouvant supporter l’épreuve à laquelle il la soumettait. - Si vous demeurez…
La conjonction grecque indique que Jésus veut leur imposer une condition. Leur foi n’était qu’à son début,
et, en cette matière, « il ne suffit pas de commencer » (Bengel) car tout dépend de la persévérance. A une
émotion passagère le divin Maître oppose donc ce qu’il appelle d’une manière énergique et pittoresque
« demeurer dans sa parole », y établir en quelque sorte un domicile perpétuel. L’expression est tout à fait
dans le style du quatrième évangile (Préface, § 6, 2). - Dans ma parole. ( avec emphase sur le pronom grec :
« la doctrine qui est mienne »). La parole de Jésus a été la base de leur foi naissante, il faut qu’elle le
demeure toujours. Voyez, 5, 38, une pensée analogue, avec un renversement des expressions : « vous n’avez
pas sa parole demeurant en vous ». - Cette condition étant remplie, vous serez vraiment mes disciples. Le mot
« vraiment » est visiblement le mot principal : en toute vérité, d’une façon sérieuse, et pas seulement en
apparence. Dans le grec, le verbe est au présent (de même dans quelques manuscrits de l’Itala) ; dès cet
instant vous êtes des disciples parfaits, si vous êtes décidés à prendre totalement pour guide ma parole
infaillible.
Notre-Seigneur voulait appuyer sur de solides fondements la foi de ceux qui avaient cru en lui, pour que cotte foi ne fut point purement superficielle. Jésus dit donc à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples. » Par ces paroles : « Si vous demeurez, » il révèle les dispositions intérieures de leur cœur; il savait bien, en effet, qu'ils avaient cru, mais il savait aussi que leur foi ne persévérerait pas, et pour les affermir dans la foi, il leur fait une magnifique promesse, c'est qu'ils deviendront ses disciples. Il blâme indirectement par là ceux qui s'étaient précédemment séparés de lui ; ils l'avaient entendu, ils avaient cru en lui, et ils le quittèrent, parce que leur foi ne fut point persévérante.