Jean 8, 29
Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
C’est dans le Christ, et par sa volonté humaine, que la Volonté du Père a été parfaitement et une fois pour toutes accomplie. Jésus a dit en entrant dans ce monde : " Voici, je viens faire, ô Dieu, ta volonté " (He 10, 7 ; Ps 40, 7). Jésus seul peut dire : " Je fais toujours ce qui Lui plaît " (Jn 8, 29). Dans la prière de son agonie, il consent totalement à cette Volonté : " Que ne se soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ! " (Lc 22, 42 ; cf. Jn 4, 34 ; 5, 30 ; 6, 38). Voilà pourquoi Jésus " s’est livré pour nos péchés selon la volonté de Dieu " (Ga 1, 4). " C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du Corps de Jésus Christ " (He 10, 10).
Le Christ Jésus a toujours fait ce qui plaisait au Père (cf. Jn 8, 29). Il a toujours vécu en parfaite communion avec Lui. De même ses disciples sont-ils invités à vivre sous le regard du Père " qui voit dans le secret " (cf. Mt 6) pour devenir " parfaits comme le Père céleste est parfait " (Mt 5, 47).
Jésus, " tout Fils qu’il était, apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance " (He 5, 8). A combien plus forte raison, nous, créatures et pécheurs, devenus en lui enfants d’adoption. Nous demandons à notre Père d’unir notre volonté à celle de son Fils pour accomplir sa Volonté, son Dessein de salut pour la vie du monde. Nous en sommes radicalement impuissants, mais unis à Jésus et avec la puissance de son Esprit Saint, nous pouvons lui remettre notre volonté et décider de choisir ce que son Fils a toujours choisi : faire ce qui plaît au Père (cf. Jn 8, 29) :
Quelques commentateurs rattachent encore ce verset au verbe
connaîtrez (verset 28) ; il est plus simple de commencer ici une nouvelle phrase. - Celui qui m’a envoyé… Le
premier hémistiche (jusque après seul) concerne, d’après la majorité des anciens exégètes, l’union toute
divine qui ne cessa d’exister entre le Père et le Verbe incarné. Même après les humiliations de ma naissance
humaine, est avec moi, s’écrie le Logos en parlant de son divin Père : rien n’est changé dans nos relations
intimes. - Il ne m’a pas laissé seul : la séparation que l’Incarnation semble avoir établie entre Dieu et son
Fils n’est en effet qu’apparente. - Parce que introduit la démonstration d’un autre genre d’union, l’union que
Jésus en tant qu’homme a perpétuellement avec Dieu. - Je fais toujours ce qui lui lui est agréable.
Notre-Seigneur dut appuyer sur tous les mots ; car ils ont tous ici une grande énergie, surtout fais toujours à
la fin de la phrase. Quand on fait toujours ce qui plaît à quelqu’un, qu’on accomplit sa volonté dans les plus
petits détails, cela ne prouve-t-il pas la plus parfaite harmonie ? Lebrun, dans son suave tableau de l’intérieur
de Notre Seigneur Jésus-Christ, composé sous la direction de M. Olier, a traduit admirablement cette pensée de jésus.
Nôtre-Seigneur ramène de nouveau son discours à des proportions plus humbles : « Et celui qui m'a envoyé est avec moi. » Mais dans la crainte que ces paroles : « Il m'a envoyé, » ne paraissent à leurs yeux un signe d'infériorité, il ajoute : « Il est avec moi. » L'une de ces deux choses entrait dans l'économie de l'incarnation, l'autre est une preuve de divinité.
Ou bien encore Nôtre-Seigneur répond ici à l'objection qu'ils lui faisaient de ne pas venir de Dieu et de ne pas observer la loi du sabbat, en leur disant : « Je fais toujours ce qui lui plaît, » et il leur démontre ainsi qu'il était agréable à Dieu qu'il transgressât la loi du sabbat, car il s'applique en toute circonstance à prouver qu'il ne fait rien de contraire à Dieu son Père. Ces paroles, ce langage moins élevé, en déterminèrent un certain nombre à croire en lui : « Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui. » L'Evangéliste semble dire : Ne soyez pas surpris d'entendre sortir de la bouche du Sauveur une doctrine moins relevée, puisque vous voyez que ceux que la sublimité de ses enseignements n'avaient pu persuader, sont amenés à croire en lui par des paroles en disproportion ce semble avec sa grandeur. Ils crurent donc en lui, mais non pas comme ils le devaient ; ils se contentèrent de se reposer avec joie dans les paroles plus humbles qu'ils venaient d'entendre. La suite prouvera bientôt, en effet, toute l'imperfection de leur foi, puisque nous les verrons se laisser aller à de nouveaux outrages contre le Sauveur.