Jean 8, 26

À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »

À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »
Louis-Claude Fillion
Après avoir ainsi nettement répondu à la question de ses adversaires, Notre-Seigneur Jésus-Christ revient sur son assertion du verset 24, afin de légitimer le droit qu’il avait d’adresser aux Juifs de sévères reproches. - J’ai beaucoup de choses… en avant et au pluriel. Ce n’est seulement pas pour une chose, mais pour des fautes multiples qu’il peut les blâmer. - À dire de vous et à juger en vous. Le second verbe explique le premier et en détermine le sens exact : parler d’eux, c’est les condamner aussitôt, tant leur conduite est manifestement coupable. - La particule adversative mais n’est pas sans quelque obscurité dans ce passage. D’après le sens le plus probable, Jésus opposerait vivement et fortement à l’incrédulité des Juifs le témoignage véridique de Celui qui l’a envoyé, par conséquent sa propre vérité. Même quand je parle contre vous je suis véridique, comme mon Père dont je consulte constamment la pensée . - Ce que j’ai appris de lui, je le dis. Le pronom grec correspondant à ce que est très emphatique. Ce que j’ai vu, et seulement cela ! - Je le dis dans le monde. Par cette dernière expression Notre-Seigneur relève de nouveau l’universalité de son enseignement ; il prêche pour le monde entier et pas seulement pour les Juifs. Cf. Matth. 28, 19-20. « Monde » n’est pas pris ici en mauvaise part, comme au verset 23.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou peut encore donner cette explication : « En leur disant : J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à condamner en vous, » il renvoyait, pour ainsi dire, l'exercice du jugement à l'autre vie, il ajoute donc : « Mais celui qui m'a envoyé est véridique, c'est-à-dire, si vous êtes infidèles, mon Père ne laisse pas d'être véridique, » et il a établi un jour on vous recevrez ce que vous méritez.
Alcuin d'York
Mais ils ne comprirent point de qui Jésus voulait parler en disant : « Celui qui m'a envoyé est véridique. » C'est ce qu'ajouté l’Evangéliste : « Et ils ne comprirent point, » qu'il disait que Dieu était son Père, car ils n'avaient pas encore ouvert ces yeux du cœur, qui auraient pu leur faire comprendre l'égalité du Père et du Fils.
Saint Jean Chrysostome
Ou bien encore : Si mon Père m'a envoyé, non pour juger le monde, mais pour sauver le monde, comme mon Père est véridique je ne dois juger personne, et mes paroles ont pour objet votre salut, et non votre jugement et votre condamnation : « Et ce que j'ai entendu de lui je le dis au monde. »