Jean 8, 24
C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Je vous ai donc dit (Cf. verset 21) : à
cause de leur origine et de leur nature si mauvaises, ils ne pourront échapper au péché, et ils mourront
impénitents. - Que vous mourrez dans vos péchés. Plus haut nous lisions le singulier dans le péché, parce que
Jésus considérait le péché collectivement dans son affreux ensemble ; ici, le pluriel exprime les
manifestations diverses du crime, ses actes spéciaux individualisés dans chaque homme. - Car si vous ne …
Notre-Seigneur explique sa pensée. Il n’était que trop en droit de parler comme il venait de le faire, car il ne
restait à ses ennemis qu’une seule ressource pour obtenir le pardon de leurs péchés, et ils semblaient si peu
disposés à en profiter. - Vous ne croyez pas à ce que je suis. Cette unique ressource, c’était la foi à son
caractère messianique, à sa divinité. - Vous mourrez dans votre péché. Le grec a le pluriel comme au premier
hémistiche.
Il déclarait ainsi par avance qu'il devait ressusciter dans la gloire, et s'asseoir à la droite de Dieu.
L'enchaînement qui paraît exister ici dans le récit de l'Evangéliste, nous permet de supposer également que ces, paroles ont été dites dans le même lieu et dans le même temps que les précédentes, où qu'elles ont été dites dans un lieu et dans un temps tout différent, car il est aussi vraisemblable d'admettre qu'elles font suite immédiate au discours qui précède, que de supposer d'autres discours ou d'autres faits intermédiaires.
Remarquez que le mot péché est au singulier, et le pronom votre au pluriel, pour montrer que tous étaient coupables du même crime.
Comment pourrait-il être du monde, celui qui était avant le monde ? pour eux, ils étaient du monde, parce qu'ils ont été créés longtemps après la création du monde.
L'Evangéliste vient de nous dire que « personne ne se saisit de Jésus, parce que son heure n'était pas encore venue. » Nôtre-Seigneur prend cette occasion de parler aux Juifs de sa passion, qui dépendait non de la fatalité, mais de sa puissance : « Jésus leur dit encore : Je m'en vais. » En effet, pour Jésus-Christ, la mort fut comme un départ vers le lieu d'où il était venu vers nous, sans qu'il l'ait cependant quitté.
Vous me chercherez donc, leur dit-il, sous l'inspiration non d'un pieux désir, mais d'une haine mortelle. En effet, lorsqu'il se fut dérobé aux regards des hommes, ceux qui le haïssaient, comme ceux qui l'aimaient, le cherchèrent, les uns pour le persécuter, les autres pour jouir de sa présence. Or, ne croyez pas que vous me chercherez avec de bonnes dispositions, car « vous mourrez dans votre péché. » Mourir dans son péché, c'est donc chercher Jésus-Christ avec une intention coupable, c'est avoir de la haine pour l'unique auteur de notre salut, et c'est contre ceux qui cherchent ainsi Jésus, que le Sauveur prononce prophétiquement cette sentence : « Ils mourront dans leur péché. »
Il tient dans un autre endroit le même langage à ses disciples, toutefois il ne leur dit pas : Vous mourrez dans votre péché, mais : « Vous ne pouvez maintenant venir là où je vais, » il ne leur ôte pas l'espérance, il en retarde seulement l'accomplissement.
Ces paroles ne firent naître chez les Juifs que des pensées charnelles, et ils interrogent le Sauveur en conséquence : « Les Juifs disaient donc : Se tuera-t-il lui-même, puisqu'il dit : Là où je vais, vous ne pouvez venir ? » Quelles paroles insensées ! Quoi, ils ne pourraient venir là où il irait s'il se donnait la mort ? Est-ce donc qu'ils ne devaient pas eux-mêmes mourir. Lors donc qu'il leur dit : « Vous ne pouvez venir là où je vais, » il ne veut point parler du lieu où l'on va par la mort, mais de celui où il allait lui-même après la mort.
Quelles sont ces hauteurs d'où il descend ? De Dieu le l'ère lui-même, qui n'a rien au-dessus de lui. Vous, vous êtes de ce monde, mais pour moi je ne suis pas de ce monde, et comment, en effet, celui par qui le monde a été fait, pourrait-il être du monde ?
Le Seigneur explique le sens de ces paroles qu'il leur adresse : « Vous êtes de ce monde, » parce qu'ils étaient pécheurs ; or, nous sommes tous nés dans le péché, et tous nous avons ajouté à ce premier péché par une vie coupable. Tout le crime d'infidélité des Juifs consistait donc, non pas d'être coupables du péché, mais de mourir dans leur péché. C'est pourquoi Nôtre-Seigneur ajoute : « Je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. » Parmi cette multitude qui écoutait le Sauveur, il en était qui devaient croire en lui. Mais comme cette sentence sévère : « Vous mourrez dans votre péché, » semblait tomber sur tous, et ôter toute espérance à ceux qui devaient croire en lui, il fait renaître l'espérance dans leur cœur, en ajoutant : «Car si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans votre péché. » Donc si vous croyez que je suis, vous ne mourrez point dans votre péché.
Nôtre-Seigneur, en disant aux Juifs : « Si vous ne croyez pas que je suis, » sans rien ajouter, leur apprend une grande vérité ; c'est dans les mêmes termes que Dieu avait dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. » (Ex 3) Mais comment entendre ces paroles : « Je suis celui qui suis ; » et ces autres : « Si vous ne croyez pas que je suis, » comme si les autres êtres n'existaient pas ? C'est qu'en effet, quelles que soient l'excellence et la perfection d'un être, dès lors qu'il est soumis à la loi de la mutabilité, il n’existe vraiment pas. L'être véritable ne peut se trouver là où il y a alternative de l'être et du néant. Examinez la nature des êtres soumis à la loi des changements, vous y trouverez le passé et le futur ; reportez votre pensée sur Dieu, vous trouverez cette seule chose, il est, sans qu'il soit possible de trouver de temps passé : si donc vous voulez être véritablement, élevez-vous au-dessus du temps. Ces paroles : « Si vous ne croyez pas que je suis, » par lesquelles Nôtre-Seigneur nous exhorte à ne point mourir dans nos péchés, n'ont point d'autre signification que celle-ci : Si vous ne croyez que je suis Dieu. Rendons grâces à Dieu de ce que le Sauveur nous dit : « Si vous ne croyez pas, » et non : Si vous ne comprenez pas, car qui pourrait comprendre ces mystères ?
En effet, si Notre-Seigneur est venu sur la terre pour effacer les péchés du monde, et si le péché ne peut être effacé que par le baptême, celui qui ne croit pas est nécessairement encore revêtu du vieil homme. Car celui qui refuse de mourir et de s'ensevelir spirituellement par la foi, mourra avec le vieil homme, et ne sortira de cette vie que pour souffrir les peines ducs à ses crimes. Aussi Nôtre-Seigneur disait-il : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé, » non-seulement parce qu'il ne croit pas, mais parce qu'il sort de cette vie chargé des crimes dont il s'est rendu coupable.
Il est évident que celui qui meurt dans ses péchés, affirmerait-il qu'il croit en Jésus-Christ, n'y croit pas véritablement. En effet, celui qui croit à la justice, ne doit commettre aucune injustice ; celui qui croit à la sagesse, ne doit ni dire ni faire rien qui lui soit contraire. Parcourez ainsi les autres perfections de Jésus-Christ, et vous comprendrez comment celui qui ne croit point en lui, meurt dans ses péchés, et comment celui dont la conduite est en opposition avec les divins attributs de Jésus-Christ.