Jean 7, 22
Moïse vous a donné la circoncision – en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches –, et vous la pratiquez même le jour du sabbat.
Moïse vous a donné la circoncision – en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches –, et vous la pratiquez même le jour du sabbat.
Mais qu'ils ont
tort de se scandaliser ! Jésus le leur démontre en faisant une vigoureuse apologie de sa conduite, v. 22-23. -
Cependant (propterea, Διὰ τοῦτο) a été rattaché par quelques exégètes au verbe « être étonné » du v. 21,
dont on l'aurait, suivant eux, malhabilement séparé. Mais leur opinion est en contradiction avec la manière
accoutumée de notre évangéliste, qui emploie la formule non pour achever une phrase, mais au contraire
pour commencer une nouvelle période. Cf. 5, 16, 18 ; 6, 68 ; 8, 47 ; 10, 17 ; 12, 18, 39. En outre, ils ont
contre eux les versions syrienne, copte, italique, éthiopienne, et plusieurs des plus anciens commentateurs
grecs (notamment S. Jean Chrysostome et S. Cyrille), qui coupent la phrase de la même manière que la
Vulgate. Pour ces motifs, il a semblé préférable à divers auteurs de mettre « cependant » en corrélation avec
« quoiqu’elle... » : Si Moïse vous a donné la circoncision, ce n'est pas qu'elle vienne de lui à proprement
parler, car il l'a reçue de nos ancêtres ; et néanmoins vous pratiquez la circoncision même aux jours de
sabbat. Il est vrai que la parenthèse se trouve ainsi supprimée ; de plus, une pareille construction est bien peu
naturelle, attendu qu'elle fait porter l'idée principale sur une circonstance accessoire. Pour obvier à cette
difficulté on peut, avec quelques exégètes anciens et modernes, regarder les mots comme une ellipse, et les
compléter d'une manière ou de l'autre ; par exemple: « Cependant je vous le dis » ou bien: « Sachez-le
donc », etc. Maldonat avait raison de dire que ce propterea a fait souffrir tous les interprètes. - Moïse vous a
donné la circoncision. Cf. Lev. 12, 3. Ce fait va servir de base à l'argumentation du Sauveur. Le parfait a
donné exprime un don accordé une fois pour toutes, et qui demeure. - Quoiqu’elle ne vienne pas… ouvre une
parenthèse qui se termine après patriarches, et qui contient une restriction historique. Jésus venait de dire que
la circoncision avait été donnée aux Juifs par Moïse ; mais en réalité il n'en était pas le premier auteur, et elle
ne datait pas seulement de son temps : elle remontait jusqu'aux patriarches si chers à Israël, plus
spécialement à Abraham, qui l'avait reçue de Dieu même comme un signe d'alliance. Cf. Gen. 17, 20 ; Act. 7,
8 ; Rom. 4, 11. Ce trait relève singulièrement l'importance de la circoncision. - Et vous pratiquez… Avec
emphase : même aux jours de sabbat. D'après la loi, on devait circoncire tout enfant mâle huit jours après sa
naissance, et il arrivait souvent que le huitième jour coïncidait avec le sabbat : dans ce cas ; malgré la rigueur
avec laquelle ils observaient le repos sabbatique (voyez l’Évangile selon S. Matth., p. 236-237), les Juifs
avaient très justement pensé que ce signe sacré de leur alliance avec Dieu devait passer avant tout le reste.
« La circoncision chasse le Sabbat », dit un adage rabbinique. Cf. A. Wünsche, Beitraege, p. 525. Les
disciples d'Hillel ajoutaient que « la loi relative au sabbat était négative, tandis que le précepte qui concernait
la circoncision était positif : or, le positif détruit le négatif ».
« Vous êtes surpris, étonnés, » c'est-à-dire, vous êtes en proie au trouble, à l'agitation. Voyez avec quelle prudence il raisonne contre eux en s'appuyant sur la loi même. Il veut leur prouver qu'en guérissant cet homme, il n'a point transgressé la loi, car il est beaucoup d'autres points plus importants que le précepte du sabbat, et dont l'observation accomplit la loi, loin de la violer. Il ajoute donc : « Cependant Moïse vous a donné la circoncision (bien qu'elle soit non de Moïse, mais des patriarches), et vous la pratiquez le jour du sabbat. »
Est-ce que tout homme, bien qu'il ait reçu de Dieu une naissance qu'on peut appeler charnelle, ne vient pas de Dieu, selon l'opinion commune ? Comment donc le Sauveur peut-il nier que les Juifs sachent ce qu'il est, ou bien d'où il vient, s'il n'a ici dans l'esprit l'auteur même de sa nature ? Il fait voir la nature d'où il provient, en affirmant qu'ils ignorent d'où il vient. On ne peut ignorer, en effet, d'où vient ce qui est tiré du néant, car par là même qu'où sait que cette chose a été tirée du néant, on n'ignore pas le principe de son existence. Mais pour le Sauveur, ils ignorent ce qu'il est, parce qu'ils ignorent d'où il vient. Ce n'est point reconnaître le Fils, que de nier sa naissance éternelle, et on ne reconnaît point sa naissance quand on croit qu'il a été tiré du néant.