Jean 7, 18
Si quelqu’un parle de sa propre initiative, il cherche sa gloire personnelle ; mais si quelqu’un cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai et il n’y a pas d’imposture en lui.
Si quelqu’un parle de sa propre initiative, il cherche sa gloire personnelle ; mais si quelqu’un cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai et il n’y a pas d’imposture en lui.
Il existe un
autre critère, celui-ci extérieur et objectif, pour juger une doctrine et voir si elle est réellement divine : c'est la
conduite personnelle du prédicateur et le but qu'il se propose en prêchant. Jésus emploie presque la forme
syllogistique pour exposer ce nouveau raisonnement. Il ne se met pas directement en scène, mais il est aisé
de comprendre qu'il parle de lui à la troisième personne. - Majeure de l'argument : celui qui parle de lui-même. Tout homme qui parle en son nom privé, qui prêche sans aucune mission supérieure un
enseignement provenant de son propre fond, celui-là cherche sa propre gloire. Le caractère de son
enseignement, c'est l'ambition ; non pas, sans doute, d'une manière nécessaire et absolue, mais d'après ce qui
arrive très souvent parmi les hommes, à cause de leur égoïsme et de leur orgueil. Elle est innombrable, la
multitude des faux prophètes, des faux philosophes, des faux réformateurs en religion, qui ont avant tout
parlé pour faire du bruit autour de leur nom, pour conquérir des suffrages, pour briller, comme l'on dit. Et
quand il arrive que ces beaux parleurs sont les ambassadeurs d'un autre, leur attitude est doublement odieuse,
puisqu'ils s'exaltent eux-mêmes aux dépens de celui dont ils tenaient leur mission. Reproche tacite à l'adresse
des docteurs juifs qui entouraient alors Notre-Seigneur. Cf. v. 44. - Celui qui cherche la gloire de celui qui
l’a envoyé. Mineure et conclusion. « Celui qui l'a envoyé » représente Dieu, d'après l'ensemble du contexte. -
Est véridique. Le pronom est fortement accentué. Quand un envoyé a pour unique souci la gloire de son
maître, il est infailliblement véridique, car il oublie ses propres intérêts et s'efface pour mettre en relief celui
qui l'accrédite : quel intérêt aurait-il à mentir ? - Et il n’y a pas d’injustice en lui. Répétition de l'idée sous
une forme négative. A première vue, on s'étonne de trouver ici le mot injustice, au lieu de « mensonge », que
semblerait exiger le parallélisme ; mais S. Jean emploie à dessein l'expression la plus étendue, qui est en
même temps la plus énergique et qui relève l'impure racine du mensonge. Cf. Rom. 1, 18 ; 2, 8 ; 1 Cor. 13, 6.
Ou bien encore, tel est le sens de ces paroles : Bannissez de vos cœurs la colère, l'envie, la haine que vous nourrissez injustement contre moi, et rien alors ne vous empêchera de connaître que mes paroles sont-les paroles mêmes de Dieu. Il apporte ensuite une autre preuve non moins forte qu'il puise pour notre instruction dans la conduite ordinaire des hommes : « Celui qui parle de soi-même cherche sa propre gloire, » c'est-à-dire, celui qui veut établir une doctrine qui lui est personnelle, n'a point d'autre but que d'acquérir de la gloire. Si donc je cherche la gloire de celui qui m'a envoyé, pour quelle raison voudrais-je vous enseigner une doctrine étrangère ? c'est le sens des paroles qui suivent : « Mais qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est digne de foi, et il n'y a point en lui d'imposture. »