Jean 6, 37

Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.

Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.
Louis-Claude Fillion
Le défaut de liaison que l’on remarque entre ce verset et le 36e indique une pause douloureuse après la constatation d’un phénomène si étrange. Toutefois, détournant son regard de la multitude infidèle, Jésus le repose avec joie sur tous ceux qui venaient à lui, qui croyaient en lui, et sur les faveurs dont il se proposait de les combler, versets 37-40. - Tout ce que… Ce changement de genre, le neutre au lieu du masculin (Cf. versets 36 et 40), est significatif. Le genre humain est donné pour ainsi dire en bloc à N.-S. Jésus-Christ par son père, comme une totalité impersonnelle ; au contraire, quiconque vient à lui le fait volontairement, librement, sous l’impulsion d’une foi personnelle. - Viendra à moi, et celui qui vient… Deux verbes différents, et aux nuances intéressantes, sont employés dans le texte original. Le premier signifie atteindre un but, et dénote l’arrivée ; le second ne désigne que la marche, l’action de s’acheminer vers le terme proposé. - Je ne le rejetterai pas dehors : hors du temple messianique, hors de l’Église. Belle et consolante litote du Sauveur ; car non seulement il ne rejettera pas quiconque se dirige vers lui, mais il l'introduira dans « son sanctuaire inviolable, sa douce retraite », S. Augustin, Traité 25 sur S. Jean. Il le comblera de bonheur et de bénédiction. Cf. 10, 28, et la paraphrase de Nonnus.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il ne dit point : Je suis le pain qui sert d'aliment, mais : « Je suis le pain de vie.» Tout était devenu la proie de la mort, et c'est par lui-même que Jésus-Christ nous a rendu la vie ; et la vie que ce pain soutient et alimente n'est pas cette vie naturelle et passagère, mais la vie sur laquelle la mort n'a aucun empire. C'est pour cela qu'il ajoute : « Celui qui vient à moi, c'est-à-dire, celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » Ces paroles : « Il n'aura jamais faim, » doivent être entendues dans le même sens que ces autres : « II n'aura jamais soif, » elles expriment ce rassasiement éternel qui ne laisse place à aucun besoin, à aucun désir.
Alcuin d'York
Celui donc que le Père attire à la foi qui le fait croire en moi, viendra à moi par la foi pour entrer en union avec moi, et je ne rejetterai pas dehors celui que les pas de la foi et des bonnes œuvres conduiront jusqu'à moi, c'est-à-dire, qu'il demeurera avec moi dans le secret d'une conscience pure, et je finirai par le recevoir dans l'éternelle béatitude.