Jean 6, 3
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Ce dernier trait est propre à S. Jean. Avec l’article en grec (de
même au verset 15) peut se rapporter à une montagne spéciale, que les souvenirs de l’évangéliste lui
rendaient présente au moment où il écrivait ; mais ces mots pourraient bien convenir aussi à tout le district
montagneux du N. E. du lac, par opposition aux rives beaucoup plus basses. S. Matthieu se contente de dire
que Jésus s’était retiré en une lieu désert ; S. Luc précise la localité en la plaçant non loin de
Bethsaïda-Julias ; voyez notre commentaire et les cartes de MM Vigouroux, V. Guérin, R. Riess. - Et là il
s’assit avec ses disciples. Simple et touchant tableau, que l’imparfait met en relief. Le repos de Jésus ne sera
pas de longue durée. Cf. verset 5.
Remarquez cette circonstance du récit de l'Evangéliste : « Jésus ayant levé les yeux, pour nous apprendre qu'il ne promenait pas librement ses regards de tous côtés, mais qu'il les tenait modestement baissés en conversant avec ses disciples.
Il laisse la multitude au pied de la montagne, et monte plus haut avec ses disciples, pour nous apprendre qu'il faut imposer des préceptes moins difficiles aux âmes encore faibles, et réserver la doctrine plus relevée pour les âmes plus parfaites. C'est aux approches de la fête de Pâques qu'il nourrit cette multitude, et il nous enseigne par là que celui qui désire se nourrir du pain de la divine parole, et du corps et du sang du Seigneur, doit s'y préparer en célébrant la pâque spirituelle, c'est-à-dire en passant de l'habitude du vice à la pratique de la vertu, puisque le mot pâque signifie passage. les yeux du Seigneur sont les dons spirituels, et il lève les yeux, c'est-à-dire qu'il laisse tomber le regard de sa miséricorde sur les élus qui reçoivent de lui ses dons spirituels.
Ce n'est pas sans motif que Nôtre-Seigneur était assis avec ses disciples, il voulait les instruire plus librement et avec plus de soin, et se les attacher plus étroitement. Il lève ensuite les yeux et aperçoit la multitude qui venait à lui. Pourquoi donc fait-il cette question à Philippe ? Il connaissait ceux de ses disciples qui avaient besoin d'un enseignement plus étendu, et tel était l'apôtre Philippe qui dit au Sauveur dans la suite : « Montrez-nous votre Père, et cela suffît. » Nôtre-Seigneur commence donc par instruire son disciple, car s'il avait opéré le miracle de la multiplication des pains sans autre préparation, ce miracle n'eût point apparu dans tout son éclat. Jésus l'oblige donc de reconnaître son impuissance à suffire aux besoins de cette multitude pour qu'il demeure bien convaincu de la grandeur du miracle qui va se faire : « Il parlait ainsi pour le tenter, » dit l'Evangéliste.