Jean 6, 11
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Après ces divers
préliminaires, nous arrivons au miracle proprement dit : la narration de S. Jean tient le milieu entre celles de
S. Marc et S. Luc. - Ayant rendu grâces, en tenant les pains dans ses mains divines. Cette circonstance a été
notée de concert par les quatre évangélistes ; le nôtre y reviendra plus bas encore (v. 23) d’une manière
emphatique, pour montrer que le prodige fut vraiment opéré durant cette prière adressée par Jésus à son père.
Comparez les récits de la seconde multiplication des pains (Matt. 15, 36 ; Marc. 8, 6), où l’on voit un trait
identique. De même, avant l’institution de la saint Eucharistie (Matt. 26, 26 ; Marc. 14, 22 ; Luc, 22, 17, 19 ;
1 Cor. 11, 24), qui a tant d’analogie avec la scène présente, comme nous le montrera bientôt le discours du
Sauveur. - Il les distribua à ceux qui étaient assis. Littéralement en grec « il donna à travers, de main en
main » ; cette expression est propre S. Jean. La recepta a ici une variante assez notable : « Il les distribua aux
disciples, puis les disciples à ceux qui étaient assis ». L’addition du « texte reçu » provient sans doute de
Matth. 14, 19. - De même des poissons. Trait commun à S. Marc et à S. Jean. Ce dernier est seul à ajouter
l’intéressant détail autant qu'ils en voulaient, qui rehausse beaucoup la grandeur du miracle. Deux petits
poissons partagés entre cinq mille hommes, et ceux-ci en recevant autant qu’ils en voulaient ! Sur la nature
de ce prodige, voyez l’Evang. selon S. Matthieu, p. 295. Dans le changement de l’eau en vin, Jésus avait agi
sur la substance ; il agit maintenant sur la quantité.
Ainsi sont confondus les Manichéens qui prétendent que les pains et tous les autres éléments crées viennent d'un principe mauvais, du Dieu du mal, puisque le Fils du Dieu bon, Jésus-Christ consent à multiplier ces pains, car si les créatures étaient mauvaises, Jésus, qui était bon, n'aurait pas voulu les multiplier.