Jean 4, 28

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :
Louis-Claude Fillion
Comme au v. 3; voyez le commentaire. Ce détail, qui dénote évidemment un témoin oculaire, est tout à la fois pittoresque et significatif. Sa conversation avec Jésus étant ainsi interrompue, la Samaritaine s'éloigne ; mais elle est tellement émue, qu'elle oublie ce qu'elle était venue faire en ce lieu et laisse sa cruche auprès du puits. Elle possède maintenant au fond de son cœur une source d'eau vive (v. 14) ; que lui importe l'eau naturelle, même l'eau fournie par Jacob à son peuple (v. 12)? Voyez S. Jean Chrys., Hom. 15 in Joan. - S'en alla. On devine avec quelle joie et quel empressement. - Elle dit aux gens. - Le pronom de la Vulgate équivaut à un simple article dans le grec. C'est-à-dire, à tous les habitants de Sichar. Jésus lui avait dit (v. 16) : « Appelle ton mari », et voici qu'elle appelle toute a ville. Comme l'écrit très justement M. Schegg, t. 1, p. 251, l'arrivée soudaine des apôtres au moment le plus intéressant de l'entretien était une épreuve pour la Samaritaine : cette épreuve fut noblement surmontée. A quoi bon d'autres paroles? Jésus n'en avait-il pas dit assez pour démontrer ce qu'il attestait?
Origène
Nôtre-Seigneur se sert de cette femme comme d'un apôtre pour évangéliser ses concitoyens, il l'a tellement enflammée par ses paroles du feu sacré du zèle, qu'elle laisse là son urne pour retourner à la ville et raconter tout à ses concitoyens : « La femme alors, laissant là sa cruche, s'en alla dans la ville. » Elle oublie et les soins du corps, et la bassesse apparente de l'office qu'elle remplissait, elle ne voit que l'utilité du plus grand nombre. Ainsi devons-nous oublier et sacrifier nos intérêts corporels, pour nous efforcer de communiquer aux autres les biens que nous avons reçus.