Jean 4, 21
Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.
Loin d’avoir été hostile au Temple (cf. Mt 8, 4 ; 23, 21 ; Lc 17, 14 ; Jn 4, 22) où il a donné l’essentiel de son enseignement (cf. Jn 18, 20), Jésus a voulu payer l’impôt du Temple en s’associant Pierre (cf. Mt 17, 24-27) qu’il venait de poser comme fondement pour son Église à venir (cf. Mt 16, 18). Plus encore, il s’est identifié au Temple en se présentant comme la demeure définitive de Dieu parmi les hommes (cf. Jn 2, 21 ; Mt 12, 6). C’est pourquoi sa mise à mort corporelle (cf. Jn 2, 18-22) annonce la destruction du Temple qui manifestera l’entrée dans un nouvel âge de l’histoire du salut : " L’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père " (Jn 4, 21 ; cf. Jn 4, 23-24 ; Mt 27, 51 ; He 9, 11 ; Ap 21, 22).
Précédemment, il avait pris garde de se laisser
entraîner dans aucune digression ; il suit maintenant l'humble femme sur le terrain choisi par elle, ce terrain
se prêtant à merveille aux graves révélations qu'il voulait faire : mais à quelles hauteurs sublimes il porte
aussitôt la question ! - Il y a, dans le mot femme, quelque chose de pathétique et de sérieux tout ensemble. La
petite introduction crois-moi fait un pressant appel à la foi de la Samaritaine ; Jésus relève par là sa propre
autorité : Tu dis que je suis un prophète, crois donc à ma parole, sans hésiter, quelle que soit la décision. -
L'heure vient. Le temps messianique, alors si impatiemment attendu (Cf. v. 25). S. Jean emploie volontiers ce
mot 2, 4; 5. 25, 28, 35; 8, 20, etc. (Jésus dut faire à son tour le même geste que la Samaritaine, v. 20), ni sur
cette montagne... Bientôt donc tout particularisme religieux aura cessé, parce qu'il régnera un culte supérieur,
universel, qui sera l'abrogation de celui des Juifs et de celui des Samaritains. Comme l'avait prédit Malachie,
1, 11 : « En tout lieu, on brûle de l’encens pour mon nom et on présente une offrande pure ». La prophétie ne
tarda pas à s'accomplir : peu d'années après ce dialogue, le temple juif subissait le même sort que le
sanctuaire samaritain et devenait un monceau de ruines. - Vous adorerez. Jésus aurait pu dire d'une manière
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générale ; mais il était plus naturel qu'il appliquât directement sa prédiction au peuple dont faisait partie son
interlocutrice. Voyez aux v. 39-42 et Act. 8, 1-26, les rapides succès du christianisme en Samarie.- Le Père.
Ici une expression significative (au lieu de l'abstrait Dieu), qui indique à elle seule le caractère de la religion
nouvelle. Ce n'est guère à la façon d'un Père que Dieu avait été honoré jusque-là ; mais voici que la religion
de Jésus créera entre le Seigneur et les hommes les relations les plus intimes, les plus douces. Ce nom de
Père est souvent donné à Dieu dans le quatrième évangile, rarement dans les autres écrits du Nouveau
Testament. - Ainsi, d'après cette première partie de la réponse du Sauveur, le vrai culte ne sera désormais ni
dans le judaïsme schismatique de Samarie, ni dans le judaïsme orthodoxe de Jérusalem : ces limites étroites
vont tomber.
Jésus ne résout pas aussitôt la question qui lui est proposée, mais il élève cette femme à de plus hautes considérations, ce qu'il ne fait cependant que lorsqu'elle eut reconnu qu'il était prophète, afin qu'elle ajoutât une foi entière à ce qu'il allait lui révéler : « Jésus lui dit : Femme, croyez-moi, » etc. Il lui dit : « Croyez-moi, » parce qu'en toute circonstance la foi nous est nécessaire comme la mère de tous les biens, comme l'unique moyen d'arriver au salut, et sans lequel nous ne pouvons avoir la connaissance des grandes vérités du salut. Ceux qui ne s'appuient que sur leurs propres raisonnements, sont semblables à ceux qui essaieraient de traverser la mer sans navire, ils pourront peut-être nager un instant, mais à peine se seront-ils avancés en pleine mer qu'ils seront submergés dans les flots.