Jean 3, 19

Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Louis-Claude Fillion
Quoique le but de l’Incarnation soit le rachat du monde (verset 17), il y aura des méchants qui seront jugés et condamnés (verset 18) : Jésus va commenter le motif de leur condamnation. - Or voici quel est le jugement. Cette tournure revient plusieurs fois dans le quatrième évangile ; comp. 15, 12 ; 17, 3). Voici en quoi consiste le jugement, quelle est sa nature ; ou, selon d’autres : Voici la raison d’être du jugement. La première traduction est plus grammaticale et plus conforme au contexte, puisque, d’après le verset 18, les hommes sont directement jugés par leur conduite individuelle. - La lumière ( et plus bas les ténèbres) voyez 1, 4, 5 et ss.) est venue dans le monde. Cette lumière par excellence, nous avons vu que c’est le Verbe incarné ; elle s’est manifestée au monde aussi brillante que le soleil en plein midi. Mais, hélas ! Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Cf. 1, 10, 11. Douloureux phénomène dont Jésus avait déjà fait l’expérience (2, 23-25), et qu’il constate avec un accent de vive tristesse. « Les hommes » sont envisagés ici comme classe ; au reste, ce que dit Notre-Seigneur en cet endroit convient à un grand nombre, peut-être même au plus grand nombre d’entre eux. Préférer les ténèbres à la lumière, et surtout à une telle lumière, indique une affreuse perversion d’esprit et de cœur, que le style du divin Maître met admirablement en relief. - Ont mieux aimé…que : cette comparaison exprime un choix délibéré. « La beauté de la lumière les a étonnés ; mais ils étaient attachés à l'amour des ténèbres », Bengel, Gnomon, h.l. Par « ne croit pas » du verset 18 il ne faut donc pas entendre seulement l’absence de foi, mais le rejet direct et actif de la foi. - Parce que leurs actions étaient mauvaises. Raison d’un choix aussi indigne. C’est une pensée profonde et constamment vraie : l’immoralité produit l’incrédulité. L’imparfait « étaient » est ici à noter, car il marque la permanence du fait ; remarquez aussi la construction renversée grecque qui produit une gradation saisissante.
Alcuin d'York
Nôtre-Seigneur fait connaître à la fois la cause de l'incrédulité des hommes et celle de leur condamnation : « Or, la cause de cette condamnation est que la lumière est venue dans le monde, » etc.
Saint Bède le Vénérable
Dans le sens moral, ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière, sont ceux qui poursuivent de leur haine et de leurs calomnies, les prédicateurs qui leur enseignent la saine doctrine.
Saint Jean Chrysostome
Cette haine de la lumière devait paraître  une chose incroyable pour plusieurs (car il n'est personne qui préfère les ténèbres à la clarté), il fait donc connaître la cause de cet aveuglement : « Car leurs œuvres, ajoute-t-il, étaient mauvaises. » S'il était venu pour juger les hommes, cette haine de la lumière aurait eu quelque raison, car celui qui a conscience de ses crimes, cherche à fuir le juge qui doit le condamner, mais les coupables se présentent sans crainte devant celui qui n'a pour eux que des paroles de pardon. Quoi de plus naturel donc pour les hommes dont la conscience était chargée de si grands crimes, d'aller au-devant du Sauveur, qui leur apportait le pardon ? C'est ce que plusieurs ont fait, et nous voyons les publicains et les pécheur; venir s'asseoir à la même table que Jésus. Mais il en est dont la mollesse est si grande, que leurs mains tombent de langueur devant les travaux de la vertu, et qu'ils persévèrent dans le mal jusqu'à la fin de leur vie ; Nôtre-Seigneur flétrit ouvertement celte lâcheté: « Quiconque fait le mal, hait la lumière, » ce qui est vrai de ceux qui veulent obstinément persévérer dans le mal.