Jean 21, 7
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Alors... (par suite de ce grand prodige). C'est la troisième et dernière parole que le disciple
bien-aimé prononce dans son propre évangile. Cf. 1, 38 ; 13, 25. Il est si juste qu'il ait été, lui entre tous les
autres, le premier à reconnaître Celui auquel il rendait amour pour amour ! L'affection donne aux regards tant
de clarté ! Il fut le plus prompt aussi à établir un rapprochement entre ce fait et celui auquel il avait pris part
quand il eut le bonheur d'être définitivement attaché à la personne de Jésus. Cf. Luc. 5, 1-11. - C’est le
Seigneur. S. Jean ne donne ce nom que deux fois à Notre-Seigneur avant sa résurrection (4, 1 ; 6, 2 ) ; il le lui
applique assez souvent depuis (20, 18, 20, 25, 28, et dans ce chapitre). - Dès que Simon-Pierre eut entendu...
La description devient aussi vivante et rapide que possible ; S. Jean nous rend vraiment témoins de la scène.
- Il se ceignit de la tunique. Le substantif grec correspondant, employé en ce seul endroit du N. Test., ne
désigne pas proprement la tunique, mais, d'après l’étymologie même (Cf. 2 Cor. 5, 1), un vêtement supérieur,
qui consistait, pour les pêcheurs, au dire de Nonnus et de Théophylacte, en un long tablier ou blouse de lin,
qu'ils portaient par dessus la tunique intérieure. Les Rabbins usent de ce même terme sous la forme
,Il se ceignit (expression propre à S. Jean. Cf. 13, 4, 5). Après s'être revêtu à la hâte de la tunique - .אפונדתא
S. Pierre la retroussa dans sa ceinture, afin que la jupe flottante ne gênât pas ses mouvements. Voyez notre
Atlas archéologique de la Bible, pl. 1, fig. 6 et 7. - Car il était nu. Note rétrospective, qu'il ne faut pas
interpréter à la lettre d'une manière absolue ; car « nu » chez les Latins est loin de désigner toujours une
nudité complète. Ce qualificatif n'exclut pas un vêtement léger, tel qu’une courte tunique. Voyez encore
l'Atlas archéologique de la Bible, Pl. 32, fig. 5-9. S. Pierre était donc légèrement vêtu comme les pêcheurs ;
mais il aurait craint de manquer de respect à son Maître en paraissant ainsi devant lui. - Et se jeta à la mer...
Il se jette dans le lac pour arriver plus promptement auprès de Jésus en gagnant le rivage à la nage. Que c'est
bien lui l'homme de l'action, de même que S. Jean est l'homme de la contemplation. « Pierre était plus
bouillant, Jean avait l'esprit plus élevé : celui-là était plus prompt, celui-ci plus éclairé ». S. Jean Chrysost.,
Homélie 87, 2.
Pierre vient à la rencontre de Jésus avec la même ardeur qu'il faisait éclater dans toutes ses actions: «Et il se jeta à la mer; les autres disciples vinrent avec la barque». Il n'est point cependant nécessaire d'entendre que Pierre ait marché sur les flots, il vint trouver Jésus, soit en nageant, soit en marchant dans l'eau, car on était près de la terre. «Car, remarque saint Jean, ils n'étaient pas éloignés de la terre».
Pierre avait plus d'ardeur, et il met plus d'empressement à venir à Jésus-Christ: «Simon-Pierre ayant entendu que c'était le Seigneur, se ceignit de sa tunique (car il était nu) », etc.
Saint Jean dit: «Après cela», parce que Notre-Seigneur ne restait pas continuellement avec ses disciples comme auparavant. Il se sert de cette expression: «Il se manifesta», parce que ses disciples n'auraient pu le voir, s'il n'avait consenti à se rendre visible par un effet de sa bonté, puisque son corps était incorruptible. Il fait mention expresse de l'endroit où il leur apparut, pour nous montrer que le Sauveur avait diminué de beaucoup leurs craintes, puisqu'ils s'éloignent à une assez grande distance de leur demeure. En effet, ils ne restaient plus renfermés, mais ils allaient dans la Galilée, pour éviter tout danger de la part des Juifs.