Jean 21, 24
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.
C'est ce disciple. Formule très emphatique. Le disciple
dont il a été question aux vv. 20-23, S. Jean par conséquent. - Qui rend témoignage : une des expressions
favorites de notre évangéliste. - Et qui les a écrites : le témoignage demeure comme un fait constant ; mais
déjà la composition de l'évangile appartenait au domaine du passé. « Ces choses » retombe en effet sur la
narration entière de S. Jean, et point seulement sur le chapitre 21. - Et nous savons. S. Jean Chrysostome
scinde à tort le verbe et traduit par « or je sais », pour enlever la difficulté signalée plus haut. - Son
témoignage est véridique... Cf. 19, 35 et le commentaire.
Comme le récit de saint Jean est appuyé sur les faits et les documents les plus certains, il n'hésite pas à produire son propre témoignage: «C'est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites». Nous avons pour habitude, lorsque nous rapportons des faits d'une véracité incontestable, de produire à l'appui notre propre témoignage; c'est ce que fait à plus forte raison celui qui écrivait sous l'inspiration du Saint-Esprit. Voilà pourquoi les autres Apôtres disaient eux-mêmes: «Nous sommes témoins de ces faits». Saint Jean ajoute: «Et qui les a écrites». Il est le seul qui parle de la sorte parce qu'il a écrit le dernier sur l'ordre qu'il en a reçu de Jésus-Christ. Voilà pourquoi il parle si fréquemment de l'amour de Jésus-Christ pour lui, faisant ainsi connaître indirectement la cause secrète qui le porte à écrire, et appuyant son récit sur le privilège particulier d'être l'ami de Jésus-Christ: «Et nous savons que son témoignage est vrai», car il avait été présent à tous les événements qu'il raconte; il était là lorsque Jésus-Christ fut crucifié; c'est à lui que le Sauveur daigne confier sa mère, preuve du grand amour que Jésus avait pour lui, et de la certitude de tous les faits qu'il raconte. Si quelques-uns restent incrédules, ce qu'il dit en terminant doit les amener à la foi: «Jésus fit encore beaucoup d'autres choses». Il est donc évident que je n'ai pas écrit dans le but unique d'être agréable à Jésus-Christ, puisque tant de faits qui existent, j'en ai raconté beaucoup moins que les autres évangélistes; j'en ai laissé un très-grand nombre, choisissant de préférence les injures et les outrages faits à sa personne. Or, celui qui écrit pour donner de la gloire à son héros, doit au contraire passer sous silence ce qui, dans sa vie, porte un caractère d'ignominie, et ne s'attacher qu'aux faits éclatants.