Jean 2, 9

Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié

Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié
Louis-Claude Fillion
Le narrateur ne pouvait pas désigner plus clairement le miracle et son mode : « l’eau changée en vin ». - Il ne savait d’où il venait… L’ « architriclinus » n’avait pas remarqué les opérations décrites aux versets 7 et 8 ; or, comme il croyait qu’il n’y avait dans la maison que le vin mis à sa disposition, il fut naturellement fort surpris d’en trouver d’autre tout à coup. Aussi, pour avoir une explication, il appela l’époux. Celui-ci sans doute, dut-il penser, aura mis une provision en réserve pour égayer les convives au dernier moment
Alcuin d'York
Les serviteurs sont les docteurs du Nouveau Testament, chargés d'expliquer aux simples fidèles le sens spirituel des Ecritures. Le président du festin, c'est tout homme versé dans la science de la loi, comme Nicodème, Gamaliel, Saul. L'eau changée en vin que l'on présente au maître du festin, c'est la doctrine de l'Evangile qui leur est confiée et qui était comme cachée sous la lettre de la loi. Nous voyons à ce festin nuptial trois espèces différentes de convives, parce que l'Eglise se compose de trois ordres de fidèles ; les personnes mariées, les vierges et les docteurs. Nôtre-Seigneur Jésus-Christ a gardé le bon vin pour la fin, parce qu'il a réservé l'Evangile pour le sixième âge du monde.
Saint Hilaire de Poitiers
C'est de l'eau que l'on verse dans les urnes, et c'est du vin que l'on en retire avec les coupes ; ceux qui ont rempli ces urnes diffèrent de sentiment avec ceux qui viennent y puiser. Les premiers ne peuvent pas supposer qu'on puisse en retirer autre chose que de l'eau ; ceux au contraire qui puisent dans ces urnes croient qu'on les a remplies de vin : « Sitôt que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vin, ne sachant d'où il venait (mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il appela l'époux. » Ce ne fut pas un mélange, mais une création. L'eau pure disparut pour faire place à un vin généreux ; ce n'est point par le mélange d'une substance plus forte qu'on obtient une liqueur plus faible ; la première substance est complètement détruite, et fait place à une substance qui n'existait pas encore.