Jean 2, 19

Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Fulcran Vigouroux
Le Sauveur répond aux Juifs d’une manière énigmatique, parce qu’il connaît leur incrédulité et la malice de leur cœur. ― Voilà le signe que donne le Christ : sa victoire sur la mort (saint Chrysostome).
Louis-Claude Fillion
Réponse qui devint plus tard célèbre dans le procès de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cf. Matth. 26, 61 ; Marc. 16, 58 (Act. 6, 14). Ses ennemis en dénatureront le fond et la forme, pour la lui reprocher comme un blasphème insigne contre le temple. La mention qu’en fait S. Jean est très précieuse, parce qu’elle nous permet de contrôler exactement la calomnie des faux témoins ; elle montre en outre l’accord du quatrième évangile avec les trois premiers. - Détruisez ce temple ( le temple proprement dit, composé du Saint et du Saint des saints). L’expression grecque est très pittoresque : elle représente « une destruction qui provient d’une dissolution, de la rupture d’un lien qui unissait les parties d’un tout » (Westcott) ; elle convient donc fort bien au symbole que le Sauveur voulait notifier (v. 21). Calmet, Klofutar, etc., ont conjecturé sans raison que Notre-Seigneur, en prononçant le pronom « ce », se serait désigné lui-même du geste ; comment expliquer alors la méprise des Juifs ? Sur la forme simplement permissive de l’impératif (pour « si vous détruisez »), voyez Beelen, Grammatica graecitatis Novi Testamenti, p. 345. - Et en trois jours est une formule hébraïque équivalant à « le troisième jour » - Je le relèverai. Littéralement en grec : « je réveillerai » . Belle image, qui convient à merveille pour désigner le miracle de la résurrection. Comparez Matth. 12, 38-40 ; 16, 4, où Jésus renverra pareillement ses adversaires à ce signe grandiose ; il refusa toujours de leur en donner d’autres. Dès la première Pâque de sa vie publique, il prophétise donc ce qu’il accomplira pendant la dernière (Wordsworth), car il n’ignore rien de ce qui lui arrivera ; mais, en jouant sur le mot temple, il rend à dessein l’oracle énigmatique : la réalisation enlèvera toute obscurité.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ces paroles : «Détruisez ce temple» ne sont pas toutefois une provocation à l'homicide, mais une preuve que leurs desseins criminels ne lui sont pas inconnus. Or, que les ariens écoutent cette parole du Seigneur qui vient détruire l'empire de la mort : « Je le relèverai par ma propre puissance. »
Saint Jean Chrysostome
Etait-il donc besoin d'un miracle pour lui donner le droit de mettre fin à des actions coupables ? Le zèle ardent qu'il faisait paraître pour la maison de Dieu, n'était-il pas une preuve éclatante de sa puissance ? Ils se souvenaient bien de la prédiction du prophète, mais ils ne laissent pas de lui demander un miracle, parce qu'ils sont mécontents de le voir entraver le honteux trafic auquel ils se livraient dans le temple et qu'ils veulent l'empêcher d'exercer cette puissance. Ils ont la prétention de le déterminer ou à faire un miracle, ou à revenir sur la défense qu'il leur a faite. Aussi Nôtre-Seigneur ne leur accorde pas le miracle qu'il demande. Il leur répond comme il fera plus tard à ceux qui venaient lui demander un prodige dans le ciel : « Cette génération coupable et adultère demande un signe, et il ne lui sera donné d'autre signe que celui du prophète Jonas. » (Mt 12) C'est la même réponse de part et d'autre, mais dans cette dernière circonstance, le Sauveur s'exprime plus clairement, tandis qu'ici sa réponse a quelque chose de plus obscur. Sans nul doute il eut accédé à leur demande, lui qui multipliait les miracles avant même qu'on le lui demandât, s'il n'avait remarqué tout ce que leur âme renfermait de fourberie : « Il leur dit donc : Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours. »