Jean 2, 14
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Le temple juif se composait de divers édifices dont le sanctuaire était le centre.
Voyez notre Atlas d’archéologie biblique, p. 48 du texte, et pl. 84, fig. 1 et 2. Il s’agit ici plus spécialement
de ce qu’on nommait la cour des gentils. - Des marchands de bœufs, de brebis et de colombes. Sur cet
étrange bazar qui déshonorait la maison de Dieu, voyez l’Évangile selon S. Matth., p. 405. Le Talmud en
parle à différentes reprises. Il était installé à demeure dans le temple, et pas seulement d’une manière
transitoire ; mais, naturellement, l’époque des fêtes était celle des plus bruyants marchés. S. Jean mentionne
les trois espèces d’animaux qu’on offrait le plus souvent en sacrifice, les bœufs les brebis et les colombes. -
Et des changeurs assis. Trait pittoresque. D’ailleurs, le récit tout entier est un vivant tableau. Les
« numularii », qui se tenaient sans doute sous les magnifiques arcades formées d’une quadruple rangée de
colonnes (Cf. Jos. Ant. 15, 11, 5), changeant en monnaie juive les pièces grecques, romaines, etc., que leurs
emblèmes païens rendaient inacceptables pour le trésor sacré. Ils prélevaient un droit considérable (au moins
5 pour 100 ; selon quelques auteurs, de 10 à 12 pour 100 : voyez Geikie, The Life of Jesus, t. 1, ch. 30, note
c). Leurs successeurs à Jérusalem exigent jusqu’à 15 pour 100 ! Car on voit encore dans la ville sainte des
changeurs juifs « assis auprès de leurs petits casiers de verre, dans lesquels sont des sébiles de cuivre
remplies de monnaie d’argent et d’or, de toutes dimensions et de toute valeur ». L. Abbott, h. l.
Aussitôt son arrivée à Jérusalem, Nôtre-Seigneur se rend immédiatement au temple pour prier, et nous donne ainsi l'exemple, quelque part que nous allions, de nous rendre aussitôt dans la maison du Seigneur pour lui offrir nos prières : « Et il trouva, dit l'Evangéliste, des hommes qui vendaient des bœufs, des brebis et des colombes.»
Mais comme ceux qui venaient de loin ne pouvaient porter avec eux les victimes qu'ils devaient immoler, ils en apportaient le prix. C'est ce qui donna lieu à l'usage établi par les scribes et les pharisiens de vendre les animaux destinés aux sacrifices ; les pèlerins achetaient ces animaux et les offraient à Dieu, et les scribes et les pharisiens les revendaient à d'autres après qu'ils avaient été offerts, et augmentaient ainsi leurs bénéfices. Des changeurs se tenaient à leurs comptoirs pour faciliter les transactions entre les acheteurs et les vendeurs, c'est pour cela que l'Evangéliste ajoute : « Et les changeurs assis à leurs tables. » Le Seigneur ne veut pas souffrir dans sa maison le moindre trafic terrestre, n'eut-il rien que de légitime, et il chasse dehors, sans distinction, tous les trafiquants.