Jean 19, 7
Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Les Juifs lui répondirent... Ils avaient parfaitement compris
que le gouverneur ne leur accordait qu’un droit illusoire, et pourtant il leur fallait sa sanction positive pour
arriver à leurs fins : ils vont lancer une accusation nouvelle contre Jésus, dans l’espoir d’obtenir un décret de
mort. L’hésitation de Pilate les rend eux-mêmes plus hardis. - Nous avons une loi. « Nous » est emphatique.
Les hiérarques font allusion à Lev. 24, 16 et Deut. 18, 20 ; ils insinuent en même temps que Rome inspirait
d’ordinaire à ses représentants dans les provinces un grand respect pour les lois des peuples conquis. - Et
selon la loi il doit mourir. Derechef, quoique d’une autre manière (Cf. 18, 30), ils veulent faire de Pilate le
simple exécuteur de leur propre sentence. Ils déterminent par les mots suivants, parce qu’il s’est fait Fils de
Dieu, en quoi l’accusé a grièvement lésé la loi judaïque. Jésus s’étant proclamé Fils de Dieu, il est un
blasphémateur, un sacrilège, crime puni de mort chez les Juifs. Comme ces hiérarques sont cruellement
habiles, virant de bord selon les circonstances, passant d’une accusation religieuse (Matth. 26, 65 et ss. ) à
une accusation politique (Luc. 23, 2), pour revenir ensuite à un délit religieux (dans ce passage), et
finalement à une nouvelle incrimination politique (verset 12) ! L’expression « il s’est fait » est très
expressive. « Fils de Dieu » doit se prendre dans le sens strictement métaphysique, et pas comme synonyme
de Messie ; « Car ils (les Juifs) avaient auparavant accusé en vain Jésus de se dire Christ roi » (Corluy, h. l. ),
et il est évident qu’ici ils poussent leur pointe plus avant.
Pilate est effrayé, non point parce qu'il entend parler de la loi (puisqu'il était païen), mais parce qu'il craint de mettre à mort le Fils de Dieu.
Pilate, voyant l'inutilité de ses efforts, leur dit: «Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le». C'est le langage d'un homme qui manifeste son horreur pour une action, et qui semble engager à faire ce qu'il n'a pas voulu accorder; car les Juifs ne lui avaient amené Jésus que pour qu'il fût condamné par le jugement du gouverneur lui-même; or il arriva tout le contraire, c'est-à-dire qu'il est déclaré innocent au tribunal du gouverneur. C'est ce qu'il leur dit en propres termes: «Je ne trouve pas en lui de cause qui mérite la mort». C'est-à-dire qu'il ne cesse de le justifier de toutes les accusations portées contre lui. Il est donc évident que ce n'est que pour satisfaire leur fureur qu'il a livré Jésus à ces premiers et sanglants outrages. Mais rien de tout cela ne fut capable d'émouvoir et de fléchir les Juifs, semblables à des chiens affamés. «Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu».