Jean 19, 42
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
" Par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il a goûté la mort " (He 2, 9). Dans son dessein de salut, Dieu a disposé que son Fils non seulement " mourrait pour nos péchés " (1 Co 15, 3) mais aussi qu’il " goûterait la mort ", c’est-à-dire connaîtrait l’état de mort, l’état de séparation entre son âme et son corps, durant le temps compris entre le moment où il a expiré sur la croix et le moment où il est ressuscité. Cet état du Christ mort est le mystère du sépulcre et de la descente aux enfers. C’est le mystère du Samedi Saint où le Christ déposé au tombeau (cf. Jn 19, 42) manifeste le grand repos sabbatique de Dieu (cf. He 4, 7-9) après l’accomplissement (cf. Jn 19, 30) du salut des hommes qui met en paix l’univers entier (cf. Col 1, 18-20).
Ce fut donc là. Avec emphase : dans ce sépulcre neuf et inoccupé.
- À cause de la préparation des Juifs. C’est-à-dire, à cause de la grande hâte qu’occasionnait la prochaine
arrivée du repos sabbatique. Voyez le verset 31 et la note correspondante. - Parce que le tombeau était
proche. On n’avait que quelques pas à faire, et ce tombeau convenait de toutes manières. - Ils déposèrent
Jésus. Les trois autres évangélistes terminent par une formule analogue leur récit de la sépulture du Christ.
2469. Puis est exposée la sépulture. C'EST DONC LÀ, c'est-à-dire dans le tombeau neuf, À CAUSE DE LA PRÉPARATION DES JUIFS, parce que déjà le soir approchait où, à cause du sabbat, il n'était pas permis de faire quelque chose, qu'ILS DÉPOSÈRENT JÉSUS. Car c'est environ à la neuvième heure qu'il expira, et à cause des soins de la sépulture et des choses qui étaient nécessaires, la journée était déjà presque arrivée au soir. ET PARCE QUE LE TOMBEAU ÉTAIT PROCHE, C'EST DONC LÀ - là où il avait été crucifié - QU'ILS DÉPOSÈRENT JÉSUS.
C'était un sépulcre nouveau, et cette circonstance nous apprend que nous sommes renouvelés par la sépulture de Jésus-Christ qui détruit le règne de la mort et de la corruption. Voyez encore à quel excès de pauvreté Jésus s'est réduit pour notre amour, il n'avait point de demeure pendant sa vie; après sa mort, il est enseveli dans un tombeau d'emprunt, et il faut que Joseph vienne couvrir la nudité de son corps dépouillé de tous ses vêtements.
Il faut remarquer que c'était un parfum simple, parce qu'il ne leur était point permis d'en faire un qui fût composé de divers aromates.
Dans le sens mystique le nom de Joseph veut dire qui est augmenté par l'accroissement des bonnes oeuvres, et c'est pour nous un avertissement de nous rendre dignes de recevoir le corps du Seigneur.
En rendant à Jésus les derniers devoirs, il n'est point arrêté par la pensée des Juifs, bien qu'il prit soin de se mettre à l'abri de leur jalousie haineuse lorsqu'il écoutait les enseignements du Sauveur.
L'Évangéliste nous apprend ici quedans les derniers devoirs que l'on rend aux morts, il faut se conformer aux usages particuliers à chaque nation. Or, les Juifs avaient coutume d'embaumer les corps avec divers parfums, afin de les préserver plus longtemps de la corruption.
L'expression primum, la première fois, ne doit pas se joindre à ces paroles: «Portant cent livres d'une composition de myrrhe», mais au membre de phrase qui précède, car Nicodème était venu trouver Jésus pour la première fois la nuit, comme saint Jean le raconte dans les premiers chapitres de son Évangile. Ce ne fut donc pas la seule fois mais la première fois que Nicodème vint alors trouver Jésus, car il vint plusieurs fois dans la suite pour écouter ses divins enseignements et devenir son disciple.
Saint Jean n'est point ici en contradiction avec les autres évangélistes, ils ne parlent point il est vrai de Nicodème, mais ils n'affirment pas pour cela que Joseph seul ait enseveli le corps du Sauveur, bien qu'ils ne fassent mention que de lui seul. Ils disent encore, que Joseph l'ensevelit dans un linceul, nous défendent-ils pour cela d'admettre que Nicodème ait pu apporter d'autres linges et de justifier ainsi la vérité du récit de saint Jean d'après lequel le corps de Jésus fut enseveli non dans un seul mais dans plusieurs linceuls. D'ailleurs le suaire dont sa tête fut enveloppée et les bandelettes dont son corps fut entouré, et qui étaient de lin aussi bien que le suaire, permettent de dire en toute vérité: Ils l'enveloppèrent dans des linges, quand même il n'y aurait eu qu'un linceul, car on appelle linges généralement tout ce qui est fait de lin.
De même que ni avant ni après lui, nul autre ne fut conçu dans le sein de la Vierge, ainsi, aucun autre corps ni avant ni après le sien, ne fut déposé dans ce tombeau.
L'Évangéliste veut nous faire entendre qu'ils se hâtèrent de l'ensevelir, pour ne pas être surpris par la nuit, car alors, le temps de la préparation parasceve, que les Juifs appellent en latin le temps des pains sans levain ne leur eût pas permis de remplir cet office.
Ils apportent avec eux des aromates qui ont la vertu de conserver très longtemps les corps et de les préserver de la corruption, car ils ne considéraient encore le Sauveur que comme un homme, mais ils faisaient preuve d'un amour extraordinaire pour lui.
Ils choisirent ce tombeau qui était proche, afin que les disciples pussent y venir plus facilement et observer attentivement ce qui s'y passerait. Ce sépulcre fut encore choisi afin que les ennemis du Sauveur qui en étaient gardiens fussent eux-mêmes témoins qu'il avait été enseveli, et pour convaincre de mensonge le bruit qu'ils devaient faire courir que son corps avait été enlevé.