Jean 19, 38

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Louis-Claude Fillion
Après cela sert de transition. Dans le texte latin, cela au pluriel désigne toute la série des événements qui précèdent. Nous avions au contraire le singulier au verset 28. - Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus. Dans le grec, avec deux articles, pour marquer le personnage déjà si connu par les narrations synoptiques : Joseph, un homme riche, influent, membre du Sanhédrin. Cf. 12, 42, où il est positivement affirmé que plusieurs des Sanhédristes croyaient en Jésus. Sur la situation d’Arimathie, voyez l’Evang. selon S. Matth. P. 557-558. - Qui était disciple de Jésus… Motif pour lequel il fit cette démarche auprès du gouverneur. Les mots mais en secret contiennent une sorte de restriction rétrospective. Jusqu’alors Joseph, plus encore que Nicodème son collègue, avait tenu cachés ses sentiments à l’égard de Jésus. Un certain respect humain l’arrêtait (par crainte des Juifs). Mais voici que la mort du divin Maître a raffermi son courage au lieu de l’ébranler : « ayant osé » dit S. Marc, il vint demander à Pilate l’autorisation de prendre le corps de Jésus pour ensevelir ensuite ce corps sacré. - Et Pilate le permit. Cicéron raconte (In Verr. 5, 45, 51) que parfois cette permission coûtait des sommes énormes ; Pilate se montra généreux, « il permit à Joseph de prendre le corps », ainsi que le raconte S. Marc. 15, 45. - Il vint donc. Il se hâta d’aller au Calvaire, et soit en personne, soit en dirigeant cette délicate opération, il prit le corps de Jésus (répétition qui est d’un douloureux effet). La croix était abaissée (Act. Pilati), puis étendue à terre (Quintil. Declam. 6, 9) ; on arrachait alors commodément les clous (c. Tryph. 108 ; « déclouer des croix », Sénèque, Vit. Beata, 19 ; etc.).
Saint Thomas d'Aquin
2464. OR, APRÈS CELA, c'est-à-dire après la Passion et la mort du Christ, JOSEPH D'ARIMATHIE, ce qui est la même chose que Ramatha, QUI ÉTAIT DISCIPLE DE JÉSUS - non pas l'un des Douze, mais l'un des nombreux autres croyants, parce que tous ceux qui ont cru dès le début sont appelés disciples -, DEMANDA À PILATE DE PRENDRE LE CORPS DE JÉSUS. Or il était DISCIPLE (...) MAIS EN SECRET, PAR CRAINTE DES JUIFS, comme aussi beaucoup d'autres, mais cela avant la Passion - Toutefois, il est vrai, beaucoup parmi les notables crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils ne se déclaraient pas pour ne pas être exclus de la synagogue. C'est pourquoi il est évident que là où les disciples perdirent confiance après la Passion en se cachant, celui-ci reprit confiance en posant publiquement un acte d'obéissance.

Celui-ci, dis-je, DEMANDA À PILATE DE PRENDRE LE CORPS DE JÉSUS, c'est-à-dire [de le descendre] de la croix et de l'ensevelir, parce que, selon les lois humaines, les corps des condamnés ne devaient pas être ensevelis sans permission. ET PILATE LE PERMIT, parce que Joseph était noble et qu'il lui était familier, c'est pourquoi il est dit qu'il était un noble décurion.
Saint Bède le Vénérable
Arimathie n'est autre que Ramatha, patrie d'Helcana et de Samuel. C'est par une providence toute particulière que Dieu avait veillé à ce que Joseph fut juste pour être digne de recevoir le corps du Seigneur. C'est ce que nous indique l'Évangéliste par ces paroles: «Qui était disciple de Jésus», etc.

Leur fureur était apaisée en partie par la joie qu'ils éprouvaient de l'avoir emporté contre Jésus-Christ; Joseph ne craint donc plus de venir demander le corps de Jésus-Christ, démarche qu'il paraissait faire non comme disciple, mais pour remplir à son égard un acte de religion en lui rendant ces derniers devoirs qu'on n'accorde pas seulement aux bons, mais qu'on ne refuse même pas aux méchants. Nicodème vient se joindre à lui: «Nicodème qui était venu trouver Jésus la première fois», etc.

C'est de là qu'est venue la coutume de l'Eglise de consacrer le corps de Jésus-Christ non sur des étoffes de soie ou d'or, mais sur une toile de lin d'une éclatante blancheur.
Saint Jean Chrysostome
Joseph pensant que la mort de Jésus avait suffi pour calmer la fureur des Juifs, se présente avec confiance pour rendre au Sauveur les honneurs de la sépulture: «Après cela Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus», etc.

Il ne faisait point partie des douze Apôtres, mais des soixante-douze disciples. Et comment se fait-il que nous ne voyions ici aucun des douze? Dira-t-on que la crainte des Juifs les retenait, mais Joseph avait les mêmes raisons de craindre, c'est pour cela que l'Évangéliste ajoute: «Mais en secret, parce qu'il craignait les Juifs». Toutefois comme il jouissait d'une grande réputation et qu'il était connu de Pilate, il obtint de lui ce qu'il demandait: «Et Pilate lui permit d'enlever le corps de Jésus», qu'il ensevelit non pas comme le corps d'un condamné, mais comme celui d'un personnage des plus célèbres et des plus éminents: «Il vint donc et prit le corps de Jésus».