Jean 19, 25
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Nous pouvons dire que dans la Bienheureuse Vierge Marie s’est réalisé ce sur quoi j’ai insisté auparavant, c’est-à-dire que le croyant est totalement engagé dans sa confession de foi. Marie est étroitement associée, par son lien avec Jésus, à ce que nous croyons. Dans la conception virginale de Marie, nous avons un signe clair de la filiation divine du Christ. L’origine éternelle du Christ est dans le Père, il est le Fils dans un sens total et unique ; et pour cela il naît dans le temps sans l’intervention d’un homme. Étant Fils, Jésus peut apporter au monde un nouveau commencement et une nouvelle lumière, la plénitude de l’amour fidèle de Dieu qui se livre aux hommes. D’autre part, la maternité véritable de Marie a assuré au Fils de Dieu une véritable histoire humaine, une véritable chair dans laquelle il mourra sur la croix et ressuscitera des morts. Marie l’accompagnera jusqu’à la croix (cf. Jn 19, 25), de là sa maternité s’étendra à tout disciple de son Fils (cf. Jn 19, 26-27). Elle sera également présente au cénacle, après la Résurrection et l’Ascension de Jésus, pour implorer avec les Apôtres le don de l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 14). Le mouvement d’amour entre le Père et le Fils dans l’Esprit a parcouru notre histoire ; le Christ nous attire à Lui pour pouvoir nous sauver (cf. Jn 12, 32). Au centre de la foi, se trouve la confession de Jésus, Fils de Dieu, né d’une femme qui nous introduit, par le don de l’Esprit Saint, dans la filiation adoptive (cf. Ga 4, 4-6).
Au terme de cette mission de l’Esprit, Marie devient la " Femme ", nouvelle Eve " mère des vivants ", Mère du " Christ total " (cf. Jn 19, 25-27). C’est comme telle qu’elle est présente avec les Douze, " d’un même cœur, assidus à la prière " (Ac 1, 14), à l’aube des " derniers temps " que l’Esprit va inaugurer le matin de la Pentecôte avec la manifestation de l’Église.
Cette bénédiction atteint la plénitude de son sens lorsque Marie se tient au pied de la Croix de son Fils (cf. Jn 19, 25). Le Concile déclare que cela se produisit «non sans un dessein divin»: «Souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d'un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l'immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour», Marie «garda fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la Croix» 38: l'union par la foi, par la foi même avec laquelle elle avait accueilli la révélation de l'ange au moment de l'Annonciation. Elle s'était alors entendu dire aussi: «Il sera grand... Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin» (Lc 1, 32-33).
Près de la croix de Jésus. D’après S. Marc, 15,
40, les saintes femmes « observaient de loin », tandis que S. Jean nous les montre debout au pied même de
la croix. Est-ce une antilogie réelle, ainsi que le prétendent les rationalistes ? Nous répondrons en citant
l’adage : « Distingue les temps, et l’Écriture concordera ». Les deux narrateurs ne décrivent donc pas ce qui
avait lieu en un seul et même instant : d’abord restés à quelque distance, les amis du Sauveur s’étaient
rapprochés de sa croix. - Se tenaient. Grand contraste : le groupe des amis est ainsi opposé à celui des
bourreaux (versets 23 et ss.). - Sa mère. Marie était là courageusement, souffrant toutes les angoisses
prédites par le vieillard Siméon (Luc. 2, 35), dans l’attitude et les sentiments si admirablement exposés par
l’auteur de la prose « Stabat Mater ». - Et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas. Une assez vive
discussion a été soulevée à propos de cette ligne. Faut-il regarder Marie, femme de Cléophas, et la sœur de la
Sainte Vierge comme deux personnes distinctes, ou doit-on les identifier ? Quelques antiques versions (la
Peschito, l’éthiopien, le persan) tranchent la question en insérant la conjonction « et » avant « Marie » ; mais
elles sont contredites par tous les autres documents. La tradition les contredit aussi pour ce qui regarde le fait
lui-même, car elle admet très communément l’identité. Les partisans, aujourd’hui assez nombreux, de
l’opinion contraire, objectent qu’alors il y aurait eu deux sœurs appelées Marie dans une même famille. On
leur répond que cela s’est vu plus d’une fois, et qu’il est aisé d’établir quelque différence à l’aide d’un
surnom ou d’une abréviation ; ou encore, mais avec moins de solidité, que la Sainte Vierge et Marie de
Cléophas pouvaient bien n’être que de simples belles-sœurs, ou des cousines germaines du côté paternel. La
seconde Marie était la femme, et non la mère (Ewald) ou la sœur (Patrizi), ou la fille (Calmet) de Cléophas.
Sur Cléophas lui-même, ou Alphée (en hébreu Chalpaï), voyez l’explication de Matth. 10, 3. Eusèbe, Hist.
Eccl. 3, 11, fait de lui un frère de S. Joseph. La parenté de Marie de Cléophas avec la Sainte Vierge explique
celle de son fils S. Jacques le Mineur avec N. S. Jésus-Christ. Cf. Gal. 1, 19. - Et Marie-Madeleine. La
pieuse pénitente ne pouvait manquer à cette scène d’amour et de généreuse compassion. Les synoptiques
parlent encore de Salomé, mère de S. Jacques le Majeur et de S. Jean, et de plusieurs autres saintes femmes.
Cf. Matth. 27, 56 ; Marc. 15, 40.
Marie, mère de Jésus se tenait debout au pied de la croix de son Fils, saint Jean est le seul qui nous apprenne cette circonstance. Les autres évangélistes ont décrit le monde ébranlé au moment où le Sauveur fut crucifié, le ciel couvert de ténèbres, le soleil refusant sa lumière, le ciel ouvert au bon larron pieusement repentant. Mais saint Jean nous apprend ce dont les autres n'ont point parlé, les paroles qu'il a, du haut de la croix, adressées à sa mère. Il a estimé qu'il était plus merveilleux que Jésus triomphant de ses douleurs ait donné à sa mère ce témoignage de tendresse, que d'avoir fait don du ciel au bon larron; car si la grâce qu'il accorde au bon larron est une preuve de sa miséricorde, cet hommage public d'affection extraordinaire que le Fils rend à sa mère témoigne une piété filiale bien plus grande et plus admirable. «Femme, lui dit-il, voilà votre Fils», et au disciple: «Voilà votre mère». Jésus-Christ testait du haut de la croix, et son affection se partageait entre sa mère et son disciple. Le Sauveur faisait alors non-seulement son testament pour tous les hommes, mais son testament particulier et domestique, et ce testament recevait la signature de Jean, digne témoin d'un si grand testateur. Testament qui avait pour objet, non une somme d'argent, mais la vie éternelle, qui n'était point écrit avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant ( 2Co 3,2-3 ): «Ma langue, disait le Psalmiste, est comme la plume de l'écrivain qui écrit très-vite» ( Ps 45,2 ). Il ne convenait pas non plus que Marie fût au-dessous de ce qu'exigeait la dignité de mère de Dieu; aussi tandis que les Apôtres ont pris la fuite, elle se tient debout au pied de la croix, elle jette des regards pieusement attendris sur les blessures de son Fils, parce qu'elle considère non la mort de ce Fils chéri, mais le salut du monde. Ou bien encore, comme elle savait que la mort de son Fils devait être la rédemption du monde, elle croyait en formant ainsi la cour de ce divin Fils ajouter par sa propre mort au sacrifice qu'il offrait pour tous les hommes: mais Jésus n'avait pas besoin qu'on vînt lui prêter secours pour la rédemption du monde, lui qui a sauvé tous les hommes sans le secours de personne; ce qui lui fait dire par la bouche du Roi-prophète: «J'ai été comme un homme sans aide, libre entre les morts» ( Ps 88,6 ). Il accepte le témoignage d'affection de sa mère, mais il n'implore le secours d'aucune créature. Mères pieuses, imitez cette Vierge sainte qui dans la mort de son Fils unique et bien-aimé vous donne un si grand exemple de vertu maternelle; car jamais vous n'avez eu des enfants plus chéris, et cette divine Vierge ne pouvait avoir, comme vous, l'espérance de donner le jour à un autre fils.
Pendant que les soldats s'occupaient de leurs misérables intérêts, Jésus étendait sa sollicitude sur sa sainte Mère: «Voilà ce que firent les soldats. Cependant, debout près de la croix de Jésus était sa mère», etc.
Remarquez ici que c'est le sexe le plus faible qui fit paraître le plus de courage; les femmes restent au pied de la croix pendant que les disciples se sont enfuis.