Jean 19, 17

Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.

Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
Louis-Claude Fillion
Et portant sa croix. Les variantes sont multiples dans le grec. Sa croix, mis en avant d’après la leçon la plus probable, est plein d’emphase, et la formule entière met admirablement en relief le courage avec lequel N. S. Jésus-Christ saisit la croix de la main des soldats et la plaça sur ses épaules. « Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice », Hebr. 12, 2. C’est un nouvel Isaac portant le bois de son sacrifice (Gen. 22, 6) ; et, coïncidence frappante, Jésus se chargea de la croix à l’endroit même où le fils unique d’Abraham déposa le bois de l’holocauste, au mont Moriah. Voyez, sur cette opinion antique, S. Méliton ap. Routh, Reliq. Sacrae, t. 1, p. 122 ; Haneberg-Schegg, h.l., t. 2, p. 456. Sur la forme de la croix et la coutume barbare de faire porter au condamné l’instrument de son supplice, voyez l’Evang. selon S. Matthieu, p. 544, 546 et ss., et notre Atlas archéolog. de la Bible, pl. 55, fig. 12. - Il vint. Au verset 16, « emmenèrent » se rapportait à la sortie du prétoire ; « il vint » désigne le moment où le cortège funèbre traversa la porte de la ville, car Jésus « a souffert sa Passion à l’extérieur des portes de la ville » (Hebr. 13, 12), conformément aux coutumes juives et romaines. S. Jean omet les incidents relatifs à Simon de Cyrène et aux femmes de Jérusalem. Nous avons brièvement décrit dans l’Évangile selon S. Marc, p. 214-215, la « via crucis » traditionnelle. - Au lieu appelé Calvaire (Cf. Luc. 23, 33). Ce n’était alors qu’une élévation de terrain, qui devait son nom à la ressemblance générale qu’on lui avait trouvée avec le crâne humain. Voyez l’Evang. selon S. Matth. p. 545. - En hébreu Golgotha. Cf. Matth. 27, 22 et le commentaire. Nous avons dit un mot, au même endroit, de la discussion qui s’est élevée de nos jours touchant l’emplacement du Golgotha.
Saint Jean Chrysostome
Mais comme aux yeux des Juifs le bois de la croix était un bois souillé qu'ils évitaient avec soin et qu'ils n'auraient jamais consenti à toucher, ils en chargèrent Jésus lui-même comme un criminel condamné à mort: «Et portant sa croix», etc. C'est ce qui déjà avait eu lieu dans celui qui était la figure du Sauveur, Isaac, qui avait porté lui-même le bois de son sacrifice: mais alors le sacrifice figuratif ne s'accomplit que dans la volonté du père, tandis qu'il dut s'accomplir ici en réalité, parce que c'était la vérité.