Jean 18, 15
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Simon-Pierre suivait Jésus. Imparfait très pittoresque, qu’on retrouve dans toutes les narrations, à part
celle de S. Marc. « à distance », ajoutent les synoptiques. - Avec un autre disciple. Quel était ce disciple
dont nul apôtre évangéliste ne fait ici mention ? D’après l’opinion traditionnelle, qui est la plus
communément admise, S. Jean se désigne lui-même par cette locution modeste. Cf. S. Jean Chrysost.
Hom. 83, 2 sur Jean. Nous ne croyons pas le doute possible, car telle est bien la réserve accoutumée de S.
Jean quand il parle de sa propre personne. Cf. 1, 40 ; 13, 23-25 ; 19, 26 ; 20, 2-8 ; 21, 20-24. Nous le
trouvons d’ailleurs assez fréquemment associé à S. Pierre. Cf. Luc 22, 8 ; Act. 3, 1 ; 4, 13 ; 8, 14. De plus,
il est seul à mentionner le nom de Malchus, ce qui est en parfaite harmonie avec les lignes qui vont suivre.
Aussi bien, est-ce « un singulier caprice que de vouloir substituer ici à Jean un autre disciple, par exemple
son frère Jacques ». Les onze apôtres avaient pris simultanément la fuite quand ils virent leur Maître
arrêté ; S. Pierre et S. Jean, plus courageux et plus aimants, revinrent bientôt sur leurs pas, et suivirent le
cortège jusqu’à la maison du grand-prêtre. - Ce disciple était connu… Tous ces détails encore et ceux du v.
16 sont propres au quatrième évangile. - Du grand prêtre. On ne saurait baser sur cette parenté prétendue
de S. Jean et S. Jacques avec la famille pontificale, la coutume qu’ils auraient eue, au dire de plusieurs
anciens auteurs de porter la plaque attachée à la mitre des grands prêtres juifs. Cf. Polycr. ap. Euseb. Hist
eccl. 5, 24 ; S. Epiph., Haer. 78, 14. Quand à la nature exacte des relations de S. Jean avec Caïphe, il est
actuellement impossible de la déterminer. Du reste, chez les Juifs ancien, les différentes classes de la
nation ne vivaient pas aussi à l’écart les unes des autres qu’elles le font dans notre société moderne.
Notons aussi que, d’après 19, 27, S. Jean possédait peut-être une maison à Jérusalem. - Il entra avec Jésus.
Connu du pontife, il l’était évidemment de ses serviteurs, qui le laissèrent entrer sans difficulté. - Dans la
cour. Voyez notre Atlas archéolog. de la Bible, pl. 10, fig 8 et pl. 11, fig. 1, un modèle de ces cours
intérieures, qui manquaient rarement dans les riches maisons ; voyez aussi l’Evang. selon S. Matthieu,
commentaire de 26, 3.
Il cache ici son nom par un sentiment d'humilité. L'action qu'il raconte est des plus glorieuses, puisqu'il est le seul qui suive Jésus, et que tous les autres ont pris la fuite. Cependant il donne à Pierre la première place dans son récit, et il semble céder à la nécessité en parlant de lui-même. Il vous apprend en même temps toute la valeur de son récit sur les faits qui se sont passés dans la cour du grand-prêtre, et dont il a été le témoin oculaire. Mais il se dérobe aux éloges qu'il méritait en ajoutant: «Or, ce disciple était connu du grand-prêtre». Il ne cherche donc point à se prévaloir comme d'un acte héroïque d'avoir suivi Jésus seul jusque chez le grand-prêtre, et il en donne la raison pour ne pas laisser supposer qu'il a fait preuve en cela de courage et d'élévation de caractère. Quant à Pierre, l'amour le conduisit jusque-là, mais la crainte le retint à la porte: «Mais Pierre se tenait dehors à la porte».