Jean 16, 30
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Maintenant : avec emphase, ainsi qu'au verset précédent. - Nous savons que vous savez toutes choses.
Absolument toutes choses ; même ce qui se passe au fond des cœurs. Les mots suivants, et que vous n'avez
pas besoin que personne vous interroge, ne font que développer cette pensée, en l'appuyant sur un incident
récent. Cf. v. 19. - Voilà pourquoi. Pronom très accentué. A cause de cela précisément, parce qu'il connaissait toutes choses. - Nous croyons. Jésus avait parlé de leur foi au temps parfait (v. 27) ; eux, ils la mentionnent
comme une chose constamment présente et vraie. - Que vous êtes sorti de Dieu. Non que cette croyance fût
pour eux nouvelle et récente (Cf. Matth. 16, 16) ; mais les dernières paroles de leur Maître avaient encore
contribué à l'affermir. Le changement des prépositions dans le texte primitif est encore à noter : απο (venant
de) succédant à παρα (d’auprès de, v. 27) et à εκ (sorti de, v. 28). Celle qu'emploient les apôtres est la moins
expressive des trois.
Ici, l'attitude des disciples est l'attitude de la confession et de la foi. Et dans ce passage, ils confessent trois choses au sujet du Christ : la clarté de son enseignement [n° 2165], la certitude de sa science [n° 2166], et son origine divine [n° 2168].
2165. Les disciples confessent ainsi ce premier point. En effet, si l'on fait bien attention, on trouvera difficilement un lieu de l'Écriture sainte où l'origine du Christ soit exprimée comme ici quand il dit : Je vous parlerai ouvertement de mon Père et : Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde. Et c'est pourquoi, croyant que cette promesse : Je vous parlerai ouvertement de mon Père s'est accomplie pour eux de telle sorte qu'ils n'ont pas besoin d'une autre manifestation, les disciples disent : VOICI À PRÉSENT
QUE TU PARLES OUVERTEMENT. Mais, comme le dit Augustin, les disciples étaient encore ignorants, au point d'ignorer qu'ils ne comprenaient pas. Car le Seigneur ne leur avait pas promis de parler sans proverbes à cette heure-là, mais à l'heure de la Résurrection ou de la gloire. Cependant, en ce qui concerne les disciples, il leur a alors parlé plus clairement, même s'il fallait encore attendre une autre clarté de ses paroles - Moi j'ai parlé ouvertement au monde.
2166. Les disciples confessent à présent le deuxième point. Les paroles, prises extérieurement, sont la preuve évidente d'une science certaine et parfaite quand on manifeste ce qu'on dit : en effet, le signe que quelqu'un sait, c'est qu'il est tout à fait capable d'enseigner ; aussi le livre des Proverbes affirme-t-il que l'enseignement est facile pour les hommes prudents. Ce qui dépasse notre intelligence, en effet, nous ne l'expliquons pas clairement avec des mots. Mais cependant, c'est avec une autre intention que les Apôtres parlent ainsi, parce que le Seigneur sait tous les secrets de leur cœur et éclaire leurs doutes : il les console en promettant la joie de l'Esprit Saint, une nouvelle vision de lui et l'amour du Père. Aussi disent-ils : NOUS SAVONS MAINTENANT QUE TU SAIS TOUT, c'est-à-dire tous les secrets des cœurs - Toi, tu sais tout. -Avant d'être faites, toutes choses sont connues du Seigneur notre Dieu.
2167. Cela semble contredire ce qui précède. Ils disent en effet que le Seigneur sait tout ; or à celui qui sait, il appartient non pas d'interroger, mais d'être interrogé. Comment donc n'a-t-il pas besoin qu'on l'interroge ?
Mais il faut répondre que les disciples parlent ainsi pour indiquer qu'il sait même les secrets des cœurs, puisque précédemment, lorsqu'ils se disaient entre eux : Qu'est-ce qu'il dit : encore un peu ?, il leur avait donné satisfaction avant même leur interrogation. Néanmoins, le Christ interroge et est interrogé, non pas que lui en ait besoin, mais nous.
2168. Voilà le troisième point que confessent les disciples, et certes cela convient, car savoir toutes choses, même les secrets des cœurs, est propre à la divinité - Pervers est le cœur de l'homme et insondable. Qui peut le pénétrer ? Moi, le Seigneur, je scrute le cœur et je sonde les reins. Voilà pourquoi ils disent : TU ES SORTI DE DIEU, consubstantiel au Père, et vrai Dieu.
2165. Les disciples confessent ainsi ce premier point. En effet, si l'on fait bien attention, on trouvera difficilement un lieu de l'Écriture sainte où l'origine du Christ soit exprimée comme ici quand il dit : Je vous parlerai ouvertement de mon Père et : Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde. Et c'est pourquoi, croyant que cette promesse : Je vous parlerai ouvertement de mon Père s'est accomplie pour eux de telle sorte qu'ils n'ont pas besoin d'une autre manifestation, les disciples disent : VOICI À PRÉSENT
QUE TU PARLES OUVERTEMENT. Mais, comme le dit Augustin, les disciples étaient encore ignorants, au point d'ignorer qu'ils ne comprenaient pas. Car le Seigneur ne leur avait pas promis de parler sans proverbes à cette heure-là, mais à l'heure de la Résurrection ou de la gloire. Cependant, en ce qui concerne les disciples, il leur a alors parlé plus clairement, même s'il fallait encore attendre une autre clarté de ses paroles - Moi j'ai parlé ouvertement au monde.
2166. Les disciples confessent à présent le deuxième point. Les paroles, prises extérieurement, sont la preuve évidente d'une science certaine et parfaite quand on manifeste ce qu'on dit : en effet, le signe que quelqu'un sait, c'est qu'il est tout à fait capable d'enseigner ; aussi le livre des Proverbes affirme-t-il que l'enseignement est facile pour les hommes prudents. Ce qui dépasse notre intelligence, en effet, nous ne l'expliquons pas clairement avec des mots. Mais cependant, c'est avec une autre intention que les Apôtres parlent ainsi, parce que le Seigneur sait tous les secrets de leur cœur et éclaire leurs doutes : il les console en promettant la joie de l'Esprit Saint, une nouvelle vision de lui et l'amour du Père. Aussi disent-ils : NOUS SAVONS MAINTENANT QUE TU SAIS TOUT, c'est-à-dire tous les secrets des cœurs - Toi, tu sais tout. -Avant d'être faites, toutes choses sont connues du Seigneur notre Dieu.
2167. Cela semble contredire ce qui précède. Ils disent en effet que le Seigneur sait tout ; or à celui qui sait, il appartient non pas d'interroger, mais d'être interrogé. Comment donc n'a-t-il pas besoin qu'on l'interroge ?
Mais il faut répondre que les disciples parlent ainsi pour indiquer qu'il sait même les secrets des cœurs, puisque précédemment, lorsqu'ils se disaient entre eux : Qu'est-ce qu'il dit : encore un peu ?, il leur avait donné satisfaction avant même leur interrogation. Néanmoins, le Christ interroge et est interrogé, non pas que lui en ait besoin, mais nous.
2168. Voilà le troisième point que confessent les disciples, et certes cela convient, car savoir toutes choses, même les secrets des cœurs, est propre à la divinité - Pervers est le cœur de l'homme et insondable. Qui peut le pénétrer ? Moi, le Seigneur, je scrute le cœur et je sonde les reins. Voilà pourquoi ils disent : TU ES SORTI DE DIEU, consubstantiel au Père, et vrai Dieu.
Notre-Seigneur, dans les paroles qui précèdent, a répondu aux secrètes pensées de leur esprit, et c'est pour cela qu'ils lui disent: «Maintenant nous voyons que vous savez toutes choses». Voyez comme ils étaient encore imparfaits; après tant et de si grandes preuves qu'il leur avait données, ils lui disent: «C'est maintenant seulement que nous savons»; ils semblent lui en faire un mérite. «Et il n'est pas besoin que personne vous interroge,» c'est-à-dire, avant même que nous vous le disions, vous saviez ce qui était pour nous un sujet de trouble, et vous nous avez rassurés en nous disant que votre Père nous aimait.
Ils croient qu'il est sorti de Dieu, parce qu'il fait des oeuvre que Dieu seul peut faire. Le Sauveur leur avait déjà dit plusieurs fois: «Je suis sorti de Dieu, et je suis venu de mon Père en ce monde», et cette déclaration si souvent répétée, n'avait excité en eux aucun sentiment d'admiration; aussi ils n'ajoutent pas: Vous êtes venu de votre Père en ce monde; car ils savaient qu'il avait été envoyé de Dieu, mais ils ne savaient pas qu'il était sorti de Dieu, ils ne commencèrent à comprendre cette ineffable naissance du Fils de Dieu que grâce à ce s derniers enseignements du Sauveur, et c'est alors qu'ils reconnaissent qu'il ne leur parlait plus en paraboles. Ce n'est point en effet à la manière des enfantements humains, qu'un Dieu naît d'un Dieu, c'est plutôt une sortie qu'un enfantement, car il vient seul d'un principe unique, il n'en est pas une partie, un amoindrissement, une diminution, une dérivation, une extension, une affection, c'est la naissance d'un être vivant sortant d'un être vivant, il n'est point choisi pour recevoir le nom de Dieu, il n'est point sorti du néant pour arriver à l'existence, il est sorti d'un être immuable, et cette sortie doit s'appeler une naissance, mais non un commencement.