Jean 12, 13
Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël ! »
Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël ! »
Le lendemain
est un trait spécial. Nous avons dit plus haut (commentaire du v. 1) que ce jour était un dimanche. -Une foule
nombreuse : ο οχλος πολυς, avec l'article, d'après la leçon la plus autorisée ; ce qui dénote une foule plus
considérable. D'ailleurs, d'après le contexte (qui était venue pour la fête), il n'est pas seulement question des
habitants de Jérusalem, mais des pèlerins accourus de toutes les provinces palestiniennes pour la Pâque. -
Ayant appris (au pluriel, parce que le sujet est collectif) que Jésus venait ... Ceux qui étaient allés la veille à
Béthanie (v. 9) annoncèrent cette nouvelle, qui se propagea rapidement parmi une multitude si désireuse de
voir Jésus (11, 57). - Prit des branches de palmier : Détail propre à. S. Jean ; les synoptiques ne spécifient
pas la nature des arbres. Le double article, des - de, montre qu'il y avait alors entre Jérusalem et Béthanie de
nombreuses plantations de palmiers. C'est ainsi que, chez les Grecs et les Romains, on allait au devant des
rois vainqueurs (Cf. Tite-Live, 10, 47) ; c'est ainsi que, chez les Juifs eux mêmes, les palmes portées et
agitées joyeusement avaient orné des triomphes religieux (Cf. 1 Mach. 13, 51 ; 2 Mach. 10, 7). Voyez dans
notre Atlas archéologique de la Bible, Pl. 87, fig. 3, la représentation du loulab que les Israélites modernes
continuent de porter à la fête des Tabernacles ; et, dans l'Atlas d'histoire naturelle de la Bible, Pl. 6, fig. 4, et
Pl. 7, fig. 2, 5, le palmier-dattier et son feuillage. C'est des palmes mentionnées par S. Jean qu'est venu le
nom liturgique de « Dimanche des rameaux ». - Et alla au-devant de lui : de sorte qu'il se forma une double
procession, l'une venant de Jérusalem et allant au devant du Messie, l'autre partie de Béthanie et faisant escorte à N.-S. Jésus-Christ. - En criant. L'imparfait après deux prétérits : les acclamations enthousiastes se
prolongèrent tout le long de la route. La leçon εκραυγαζον des manuscrits א, D, L, Q, etc., qui exprime l'idée
avec tant d'énergie, est préférable à εκραζον de la Recepta (d'après A, X, Γ, Δ, etc.). Λεγοντες, « disant »,
qu'on lit à la suite du verbe principal dans א, A, D, K, Q, X, etc., est probablement authentique. - Hosanna.
En hébreu : אנ עישוה (hoschiah nâ), sauve donc! Voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 403. - Béni... La foule
signale d'abord, dans ce vivat, la mission divine du Christ (il vient au nom du Seigneur : c'est Jéhova
lui-même qui l'envoie) ; puis elle exprime l'œuvre nationale qu'il devait accomplir (roi d’Israël : il était le fils
et successeur de David). Comparez. le Ps. 117 (v. 26), auquel ces paroles sont partiellement empruntées. - Il
est intéressant de rapprocher les uns des autres, pour noter leurs ressemblances et leurs divergences, les récits
des quatre évangélistes à propos des cris de triomphe poussés par la foule. Chaque narrateur a ses
particularités. Il y a un grand cachet de véracité dans ces variantes, car, dans une aussi nombreuse multitude,
il est évident que les acclamations étaient diverses et mélangées, quoiqu'elles fussent identiques sur le fond.
Les Juifs le proclamaient roi d'Israël dans un sens conforme à leurs rêves sur la royauté temporelle de leur Messie. Ils espéraient, en effet, voir s'élever du milieu d'eux un roi dont la puissance surpasserait celle des rois de la terre, et qui les affranchirait de la domination des Romains.
Ce mot est composé d'une abréviation et d'un mot entier, osi veut dire sauvé, et anna est une interjection suppliante. Le mot osi est abrégé, anna est entier, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, » peut être entendu dans ce sens : « Béni soit celui qui vient an nom de Dieu le Père, » bien qu'on puisse aussi l'entendre de son propre nom, puisqu'il est aussi le Seigneur ; mais le sens le plus vraisemblable de ces paroles nous est indiqué par ces autres du Sauveur : « Je suis venu au nom de mon Père. » (Jn 10) Il ne perd pas sa divinité en nous enseignant l'humilité.
Un des plus puissants motifs qui porta la multitude à croire en Jésus-Christ, c'est qu'il n'était pas contraire à Dieu, et ce qui frappait le plus l'esprit du peuple, c'est qu'il disait qu'il venait du Père. De ces paroles nous tirons cette conclusion qu'il était Dieu. En effet, le mot hosanna signifie sauvé. Or, l'Ecriture n'attribue qu'à Dieu la puissance de sauver. Nous concluons encore qu'il était vrai Dieu, parce qu'il vient et qu'il n'est pas conduit par un autre ; car être conduit, indique qu'on est sous la dépendance de quelqu'un tandis que venir soi-même, n'appartient qu'au Maître. Ce qu'ils ajoutent : « Au nom du Seigneur, » exprime la même vérité ; car ils ne disent pas qu'il vient au nom du serviteur, mais « au nom du Seigneur. »