Jean 11, 54
C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.
C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.
Ephrem, ville dont la situation n’est pas bien connue. Elle était dans le voisinage de Béthel, d’après Josèphe, et par conséquent au nord de Jérusalem.
Après la conduite des témoins immédiats du miracle et celle des autorités juives,
nous voyons celle de Jésus, versets 54-56. - C’est pourquoi Jésus ne se montrait plus ouvertement... Cf. 7, 1,
10, 13, sur ces expressions pittoresque. Le divin Maître se retire de devant ses ennemis, suivant son habitude
en pareil cas ; jamais il ne s’est exposé au danger sans nécessité, ni avant le temps marqué par Dieu. - Dans
une région voisine du désert (encore l’article dans le grec : la région). Pour déterminer cette contrée et ce
désert, il faudrait connaître la ville nommée Ephrem ; or, il règne beaucoup d’incertitude à son sujet. Eusèbe
et S. Jérôme, dans leur Onomasticon, l’identifient à Ephron (Cf. 2 Par. 13, 19 ; 1 Mach. 5, 46 ; 2 Mach. 12,
27, sans s’accorder néanmoins sur l’emplacement de cette localité, qu’ils placent l’un à 8 milles, l’autre à 20
milles au N. de Jérusalem. Suivant l’opinion la plus probable, elle ne différerait pas d’Ophrah, dont il est
question Jos. 18, 23 ; Jud. 6, 15 ; 1 Reg. 16, 13-18, non plus que d’Ephron (Ephraïn dans l’hébreu des
Paralipomènes), ni enfin de l’Ephrem mentionnée par Josèphe, Bell. Jud. 4, 9, 9, à l’occasion de la guerre
romaine, et située, dit-il, dans les montagnes de la Judée, du côté de Béthel, au lieu nommé aujourd’hui
Thayibeh. « Le désert » par antonomase des environs de Jérusalem étant le désert de Judée, ces différentes
notions s’harmoniseraient assez bien. Voyez Patrizi, De Evangel., lib. 3, dissert. 48, n° 29 ; Raumer,
Palaestina, p. 189 et la 4è édit. ; Robinson, Palaestina und die angrenzenden Laender, t. 2, p. 333 et ss. ; V.
Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. 3, p. 45 et ss. - Il demeurait là. Dans cette petite cité paisible et
retirée, parfaitement appropriée à son dessein de retraite, Jésus « demeurait » ; il y resta donc un certain
temps, non pas seul toutefois, mais avec ses disciples.
Remarquez qu'ils ignoraient où il était ; car, nous avons dit qu'il avait quitté la ville de Jérusalem. Vous irez ajouter qu'en cherchant à tendre des pièges à Jésus, ils ne auvent où il est, et qu'ils donnent des commandements bien différents des commandements divins, en enseignant des maximes et des ordonnances tout humaines.
Jésus ayant appris la résolution que les prêtres et les pharisiens avaient prise dans leur conseil de le mettre à mort, s'environna de plus de précautions, et ne se montra plus avec autant de confiance au milieu des Juifs. Il choisit pour retraite non une cité populeuse, mais une petite ville éloignée et située près du désert : « C'est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs, » etc.
Il est beau et louable pour confesser le nom de Jésus, de ne point rougir d’affronter le combat qui se présente, et de ne point refuser de souffrir la mort pour la défense de la vérité ; mais il n'est pas moins louable de ne point donner occasion à une si grande épreuve, non-seulement parce que nous ne pouvons pas prévoir l'issue d'un si grand combat, mais parce que nous devons éviter de donner aux impies et aux méchants les moyens augmenter leur impiété et leurs crimes ; car si celui qui devient pour un autre une occasion de péché, portera nécessairement la peine de ce péché, celui qui ne fuit point la persécution, lorsqu'il le peut, ne sera-t-il pas aussi responsable du crime de son persécuteur ? Et non-seulement le Seigneur se rendit dans cet endroit écarté, mais pour ôter tout motif à ses ennemis de le chercher, il y conduisit avec lui ses disciples : « Et il y demeurait avec ses disciples. »
Dans le sens anagogique, on peut dire que Jésus demeurait avec confiance au milieu des Juifs, alors que le Verbe divin habitait avec eux dans la personne des prophètes ; mais il s'en est retiré, et le Verbe de Dieu n'est plus avec les Juifs. Il se rendit dans une petite ville qui était près du désert et dont le prophète a dit : « Les enfants de la femme abandonnée (ou déserte) sont plus nombreux que les enfante de l'épouse. » Cette ville s'appelait Ephrem, qui veut dire fertilité ; or, Ephraïm fut le frère de Manassé, c'est-à-dire, du peuple ancien livré à l'oubli, car c'est après que ce peuple eut été livré à l'oubli et abandonné, que l'abondance sortit du milieu des nations. Nôtre-Seigneur quitte donc la Judée et vient dans la terre de tout l'univers, auprès de l'Eglise déserte et abandonnée, et dont le nom veut dire cité féconde, et il y demeure avec ses disciples.