Jean 10, 14
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,
Je suis le bon berger. On dirait que Jésus veut faire oublier ce sombre et sinistre portrait
du pasteur mercenaire, en réitérant sa douce assertion du v. 11. - Et je connais mes brebis (τὰ ἐμά). Il
parle d'abord de la connaissance intime qu'il a de son troupeau ; en effet, il connaît ses brebis avant que
celles-ci ne le connaissent elles-mêmes. Mais cette harmonieuse réciprocité ne tarde pas à s'établir : et
mes brebis me connaissent (la Recepta porte, au passif : καὶ γινώσκομαι ὑπὸ τῶν ἐμῶν; toutefois la
vraie leçon paraît être : καὶ γινώσκουσι με τὰ ἐμά, d'après la Vulgate et les manuscrits א, B, D, L, etc.).
Le point qui se trouve dans nos éditions latines après « mes brebis » a été placé d'une façon très
malencontreuse ; il faudrait tout au plus une simple virgule, car les mots qui suivent se rattachent
étroitement aux verbes « connais » et « me connaissent » : Je connais les miennes, et les miennes me
connaissent, de même que mon père me connaît et que je connais mon Père. II y a une grande emphase sur
ce verbe quatre fois répété.
La marque distinctive des brebis du Christ, c'est leur aptitude à écouter, à obéir, tandis que les brebis étrangères se distinguent par leur indocilité. Nous comprenons le verbe "écouter" au sens d'acquiescer à ce qui a été dit. Et ceux-là qui l'écoutent sont "connus" de Dieu, car "être connu" signifie être uni. Il n'y a personne qui soit entièrement ignoré de Dieu. Donc, lorsque le Christ dit: Je connais mes brebis, il veut dire: "Je les accueillerai et je les unirai à moi d'une union mystique et permanente."
On peut dire qu'en se faisant homme, il s'est apparenté à tous les hommes par communauté de nature: nous sommes tous unis au Christ par une relation mystique en raison de son incarnation. Mais tous ceux qui ne gardent pas de ressemblance avec sa sainteté lui sont devenus étrangers.
Mes brebis me suivent, dit encore le Christ. En effet, les croyants, par la grâce divine, suivent les pas du Christ. Ils n'obéissent pas aux préceptes de la Loi, qui n'étaient que des figures, mais, en suivant par la grâce les préceptes du Christ, ils s'élèveront jusqu'à sa hauteur, conformément à leur vocation de fils de Dieu. Quand le Christ monte au ciel, ils le suivent jusque-là.
Le Christ promet à ceux qui le suivent de leur accorder le salaire et la récompense de la vie éternelle. Il leur promet aussi de les soustraire à la mort et à la corruption, ainsi qu'aux supplices que le juge réclame contre eux pour leurs transgressions. Le Christ, du fait qu'il donne la vie, montre qu'il est par nature la vie en personne, et qu'il la donne de lui-même, sans la recevoir d'un autre.
Par vie éternelle, nous ne comprenons pas cette succession interminable de jours, que tous, bons ou mauvais, posséderont après la résurrection, mais cette vie où l'on demeure dans la joie. On peut aussi comprendre "la vie" au sens de l'eucharistie. Par celle-ci, le Christ greffe en nous sa propre vie, en faisant participer les croyants à sa propre chair, selon sa parole: Celui qui mange m a chair et boit mon sang a la vie éternelle (Jn 6,54).
On peut dire qu'en se faisant homme, il s'est apparenté à tous les hommes par communauté de nature: nous sommes tous unis au Christ par une relation mystique en raison de son incarnation. Mais tous ceux qui ne gardent pas de ressemblance avec sa sainteté lui sont devenus étrangers.
Mes brebis me suivent, dit encore le Christ. En effet, les croyants, par la grâce divine, suivent les pas du Christ. Ils n'obéissent pas aux préceptes de la Loi, qui n'étaient que des figures, mais, en suivant par la grâce les préceptes du Christ, ils s'élèveront jusqu'à sa hauteur, conformément à leur vocation de fils de Dieu. Quand le Christ monte au ciel, ils le suivent jusque-là.
Le Christ promet à ceux qui le suivent de leur accorder le salaire et la récompense de la vie éternelle. Il leur promet aussi de les soustraire à la mort et à la corruption, ainsi qu'aux supplices que le juge réclame contre eux pour leurs transgressions. Le Christ, du fait qu'il donne la vie, montre qu'il est par nature la vie en personne, et qu'il la donne de lui-même, sans la recevoir d'un autre.
Par vie éternelle, nous ne comprenons pas cette succession interminable de jours, que tous, bons ou mauvais, posséderont après la résurrection, mais cette vie où l'on demeure dans la joie. On peut aussi comprendre "la vie" au sens de l'eucharistie. Par celle-ci, le Christ greffe en nous sa propre vie, en faisant participer les croyants à sa propre chair, selon sa parole: Celui qui mange m a chair et boit mon sang a la vie éternelle (Jn 6,54).
Nôtre-Seigneur a fait connaître dans ce qui précède l'existence de deux mauvais maîtres, l'un qui vole, égorge et pille, l'autre qui ne s'y oppose point ; par le premier il veut représenter les auteurs de sédition ; et par le second, confondre les docteurs des Juifs, qui ne veillaient point sur les brebis qui leur étaient confiées. Il se sépare nettement de ces deux maîtres, d'abord de ceux qui ne venaient que pour perdre en disant : « Je suis venu pour qu'elles aient la vie, » et ensuite de ceux qui voient avec indifférence les rapines des loups, en déclarant qu'il donne sa vie pour ses brebis, et comme conclusion de tout ce qui précède, il dit : « Je suis le bon pasteur. » Mais comme il venait de dire que les brebis entendent la voix du pasteur et le suivent, on pouvait lui objecter : « Que dites-vous donc de ceux qui ne croient point en vous ; » il ajoute donc : « Et je connais mes brebis, »etc. Vérité que saint Paul confirme, lorsqu'il dit : « Dieu n'a pas rejeté son peuple qu'il a connu dans sa prescience. »
Il semble dire ouvertement : J'aime mes brebis, et leur amour pour moi est le principe de leur obéissance, car celui qui n'aime pas la vérité n'en a pas la moindre intelligence.