Jean 1, 12

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
Catéchisme de l'Église catholique
Le Symbole de la foi a professé la grandeur des dons de Dieu à l’homme dans l’œuvre de sa création, et plus encore par la rédemption et la sanctification. Ce que la foi confesse, les sacrements le communiquent : par " les sacrements qui les ont fait renaître ", les chrétiens sont devenus " enfants de Dieu " (Jn 1, 12 ; 1 Jn 3, 1), " participants de la nature divine " (2 P 1, 4). En reconnaissant dans la foi leur dignité nouvelle, les chrétiens sont appelés à mener désormais une " vie digne de l’Evangile du Christ " (Ph 1, 27). Par les sacrements et la prière, ils reçoivent la grâce du Christ et les dons de son Esprit qui les en rendent capables.

Notre justification vient de la grâce de Dieu. La grâce est la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel : devenir enfants de Dieu (cf. Jn 1, 12-18), fils adoptifs (cf. Rm 8, 14-17), participants de la divine nature (cf. 2 P 1, 3-4), de la vie éternelle (cf. Jn 17, 3).
Pape Saint Jean-Paul II
L'Eglise est au service du Royaume effectivement et concrètement. Elle l'est, avant tout, par l'appel à la conversion: c'est le service premier et fondamental rendu à la venue du Royaume dans les personnes et dans la société humaine. Le salut eschatologique commence dès maintenant par la vie nouvelle dans le Christ: «A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom» (Jn 1, 12).
Louis-Claude Fillion
Mais à tous ceux… Toutefois, l’insuccès du Logos ne fut pas absolu. Il trouva soit chez les Juifs, soit dans le monde païen, des partisans fidèles qui adhérèrent à lui. La particule grecque établit un contraste entre ces croyants et les incrédules des versets 10 et 11. « à tous ceux » relève le caractère individuel, isolé des conversions. Le monde et Israël, en tant que masses, rejetèrent le Christ ; ce furent de simples particuliers qui le reçurent. On ne fit nulle part à Jésus-Christ de réception officielle, pour ainsi dire. - Il a donné : A ses amis, le Logos sut offrir la plus magnifique récompense en échange de leur dévouement : le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Le terme grec ne désigne pas seulement une possibilité mais un vrai droit, un pouvoir réel. Et quel droit ! Le glorieux et ineffable privilège de la filiation divine, dont S. Paul exposera tout au long les avantages. Remarquez pourtant la différence qui existe : le Fils unique de Dieu possède ce titre de toute éternité ; il ne « devient » pas fils comme nous. - A ceux qui croient : L’évangéliste ajoute une explication, pour dire à quelle condition les hommes pourront devenir enfants de Dieu, ou, en d’autres termes, ce que c’est que recevoir le Verbe. L’une et l’autre de ces choses se résume dans la foi, ce mot si important de l’évangile et du christianisme. - En son nom : Hébraïsme d’un usage très commun dans les deux Testaments. Le nom est considéré comme une révélation de celui qui le porte, comme l’expression adéquate de sa nature : croire au nom du verbe c’est donc croire à sa divinité. S. Jean construit le Verbe « croire », tantôt avec la préposition « en » et l’accusatif (trente-cinq fois dans son évangile), tantôt simplement avec le datif : la première formule, employée dans ce passage, est beaucoup plus énergique, comme nous le redirons de temps à autre.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou bien encore, il veut parler ici de cette filiation parfaite, dont la résurrection doit nous mettre en possession, d'après ces paroles de l'Apôtre: "Attendant l'effet de l'adoption divine, la rédemption de notre corps". (Rm 8,23) Il nous a donc donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, c'est-à-dire d'obtenir cette grâce dans la vie future.
Saint Jean Chrysostome
Esclaves ou hommes libres, grecs ou barbares, savants ou illettrés, hommes ou femmes, enfants ou vieillards, tous ont été rendus dignes du même honneur: «Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu».

Il ne dit pas qu'il les fit enfants de Dieu, mais qu'il leur à donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, nous apprenant ainsi que ce n'est qu'au prix de grands efforts que nous pouvons conserver sans tache ce caractère de l'adoption qui a été imprimé et gravé dans notre âme par le baptême. Il nous enseigne encore que personne ne peut nous ôter ce pouvoir, si nous-mêmes ne consentons à nous en dépouiller. Ceux à qui les hommes délèguent une partie de leur puissance ou de leur autorité, la possèdent presque à l'égal de ceux qui la leur ont donnée; à plus forte raison en sera-t-il ainsi de nous qui avons reçu cet honneur de Dieu même. Il veut encore nous apprendre que cette grâce n'est donnée qu'à ceux qui la veulent et qui la recherchent; car c'est le concours du libre arbitre et de l'opération de la grâce, qui nous fait enfants de Dieu.

Comme dans la distribution de ces biens ineffables, il appartient à Dieu de donner la grâce, de même qu'il appartient à l'homme de faire acte de foi, saint Jean ajoute: "A ceux qui croient en son nom". Pourquoi ne nous dites-vous pas, saint Évangéliste, quel sera le supplice de ceux qui n'ont pas voulu le recevoir? Mais quel supplice plus grand pour ceux qui ont reçu le pouvoir de devenir enfants de Dieu, que de refuser de le devenir, et de se priver volontairement d'un si grand honneur? Toutefois ce ne sera pas leur seul supplice, ils seront condamnés à un feu qui ne s'éteindra jamais, comme l'Évangéliste le déclarera plus ouvertement dans la suite (Jn 3).

Ou bien encore: après avoir dit que ceux qui l'ont reçu ont reçu de Dieu une nouvelle naissance, il fait connaître la cause d'un si grand honneur, c'est que le Verbe s'est fait chair, car le propre Fils de Dieu est devenu le Fils de l'homme, afin de rendre les hommes enfants de Dieu. Lorsque vous entendez dire que le Verbe s'est fait chair, ne vous laissez pas troubler par ces paroles. Il n'a point changé en chair la nature divine (interprétation qui serait une impiété), mais il a pris la forme d'esclave en demeurant ce qu'il est. C'est pour confondre les blasphèmes de ceux qui prétendent que tout ce qui a rapport à l'incarnation était fantastique et imaginaire que l'Évangéliste s'est servi de cette expression: «A été fait», expression qui ne signifie pas un changement de substance, mais l'union du Fils de Dieu à une chair véritable. S'ils viennent nous dire que Dieu étant tout-puissant, a bien pu changer en chair sa nature divine, nous répondrons que Dieu peut tout ce qui n'atteint pas directement son être divin. Or, toute idée de changement est directement opposée à cette nature immuable.