Jean 1, 11

Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Pape Francois
34. Selon l’Évangile, Jésus est venu chez les siens (cf. Jn 1, 11). Il ne nous traite pas comme des étrangers, par conséquent nous sommes les siens. Il nous considère comme un bien propre sur lequel il veille avec soin, avec affection. Il nous traite comme les siens. Cela ne signifie pas que nous serions ses esclaves, et lui-même le dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs » (Jn 15, 15). Il nous propose l’appartenance réciproque des amis. Il est venu, Il a franchi toutes les distances, Il s’est fait proche de nous dans les choses les plus simples et les plus quotidiennes de l’existence. L’autre nom qu’il porte, “Emmanuel”, signifie en effet “Dieu avec nous”, Dieu proche de notre vie, vivant parmi nous. Le Fils de Dieu s’est incarné et s’est « anéanti lui-même, prenant la condition d’esclave » (Ph 2, 7).
Catéchisme de l'Église catholique
La fuite en Égypte et le massacre des innocents (cf. Mt 2, 13-18) manifestent l’opposition des ténèbres à la lumière : " Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu " (Jn 1, 11). Toute la vie du Christ sera sous le signe de la persécution. Les siens la partagent avec lui (cf. Jn 15, 20). Sa montée d’Égypte (cf. Mt 2, 15) rappelle l’Exode (cf. Os 11, 1) et présente Jésus comme le libérateur définitif.
Louis-Claude Fillion
Autre insuccès du Verbe, encore plus douloureux parce qu’il paraissait alors impossible. Les versets 9 à 11 forment comme trois cercles concentriques, qui vont se rapprochant progressivement de leur centre commun. Au verset 9, le Logos brille suspendu au firmament moral et illumine divinement tous les hommes ; au verset 10, le voilà en communications plus intimes avec le monde, mais le monde ne s’inquiète pas de lui ; au verset 11, nous le voyons rejeté même d’Israël, son peuple de prédilection. En effet, ce sont certainement les Juifs qui sont désignés par les expressions chez lui. Plusieurs passages de la Bible nous les montrent comme la nation choisie de Dieu, qui lui appartenait en propre ( en hébreu littéralement : le peuple de la propriété). La Palestine est la « terre d’Emmanuel ». Aussi, les relations du Logos avec Israël sont-elles marquées non par « était », mais par un verbe plus concret, vient. Il est venu dans la Terre-Sainte comme « chez lui », pour avoir avec « les siens » d’étroites et amicales communications. - Le résultat de sa venue est exprimé sur un ton plus profondément élégiaque et douloureux que jamais : et les siens ne l'ont pas reçu. Les ténèbres n’avaient pas saisi la lumière (verset 5), le monde n’avait pas connu le Verbe (verset 10) ; maintenant nous avons une expression plus forte, qui correspond à une culpabilité plus grande des Juifs : ils ont opiniâtrement et volontairement refusé de recevoir leur Maître, leur Messie-Roi. Voyez, dans le grec, le verbe composé qui est ici plein de solennité. Il signifie proprement « recevoir chez soi », et convient très bien pour décrire l’accueil que les Juifs auraient dû faire au Verbe comme nation. Et pourtant, quelle délicatesse dans cette énergie même ! car Israël fut loin de s’en tenir à une incrédulité négative envers N.-S. Jésus-Christ . Comparez Is. 53, 1-6, où les Hébreux confessent tristement leur conduite indigne.
Saint Jean Chrysostome
Ces paroles: «Le monde ne l'a point connu», doivent s'entendre des temps qui ont précédé l'incarnation. Celles qui suivent: «Il est venu dans son héritage», se rapportent aux temps de la prédication de l'Évangile.

Il est venu dans son héritage, non pas dans un motif d'intérêt personnel (car Dieu n'a besoin de personne), mais pour combler les siens de bienfaits. Mais d'où a pu venir celui qui remplit tout de son immensité, et qui est présent partout? C'est par un effet de sa grande condescendance qu'il est venu jusqu'à nous; il était au milieu du monde, sans que le monde pensât à sa présence, parce qu'il n'eu était pas connu; il a donc daigné se revêtir d'un corps sensible. C'est cette manifestation et cette condescendance, qu'il appelle sa présence ou son avènement (hom. 11) Or, Dieu, plein de bonté et de miséricorde, ne néglige rien de ce qui peut nous élever à une vertu éminente. Aussi ne veut-il s'attacher personne par force ou par nécessité, et ne veut nous attirer à lui que par la persuasion et par les bienfaits. De là vient que les uns le reçurent, et que les autres refusèrent de le recevoir; car il ne veut pas qu'on soit à son service malgré soi et comme par contrainte; celui qui le sert forcément et de mauvaise grâce, est à ses yeux comme celui qui refuse complètement de le servir: «Et les siens ne l'ont pas reçu». (hom. 9). L'Évangéliste appelle les Juifs les siens, comme étant son peuple privilégié, ou bien tous les hommes comme étant tous ses créatures. Dans l'étonnement où le jetait la conduite insensée du genre humain, il s'est écrié plus haut: «Le monde a été fait par lui, et le monde n'a point connu son Créateur»; ici l'ingratitude des Juifs le remplit d'indignation, et il lance contre eux cette accusation bien plus grave: «Et les siens ne l'ont pas reçu».